Ce jeudi 4 juin, l’émission BFM Bourse, présentée par Guillaume Sommerer sur BFM Business, a consacré une partie de son programme à l’influence croissante de l’intelligence artificielle (IA) sur les stratégies financières des entreprises. Parmi les intervenants, Olivier de Royère, gérant actions chez Montpensier Arbevel, a souligné un phénomène marquant : l’IA serait en train de réduire significativement l’attractivité des rachats d’actions, une pratique autrefois privilégiée par les grands groupes pour redistribuer leurs bénéfices aux actionnaires. Selon lui, cette tendance s’inscrit dans un contexte plus large de sous-performance des géants technologiques américains, à l’exception de Nvidia et Alphabet, et pourrait redéfinir les priorités des investisseurs.

Ce qu'il faut retenir

  • L’IA est désormais perçue comme un frein aux rachats d’actions, une stratégie autrefois plébiscitée pour récompenser les actionnaires.
  • Cinq des sept « Magnifiques » du S&P 500 sous-performent depuis le début 2025, à l’exception de Nvidia et Alphabet.
  • LVMH a célébré son 39ème anniversaire en 2026, marquant une étape symbolique pour le groupe français.
  • L’émission BFM Bourse a également abordé d’autres sujets, comme la santé du titre Boeing malgré ses récents accidents.

L’IA, un nouveau paradigme pour les rachats d’actions

Lors de son intervention, Olivier de Royère a expliqué que l’essor de l’intelligence artificielle pousse les entreprises à réévaluer leurs priorités financières. « L’IA est en train d’avoir la peau des rachats d’action ! », a-t-il déclaré, précisant que les investissements dans l’innovation et l’automatisation prennent désormais le pas sur les distributions de dividendes ou les rachats d’actions. Ce basculement reflète une logique de croissance à long terme plutôt que des retours rapides aux actionnaires. Selon lui, cette évolution pourrait s’accélérer dans les mois à venir, alors que les entreprises cherchent à rester compétitives face à la concurrence mondiale.

Cette analyse s’inscrit dans un environnement où les géants technologiques, autrefois moteurs de la croissance boursière, voient leurs performances se fragiliser. « Cinq des sept « Magnifiques » du S&P 500 – ces valeurs emblématiques comme Meta, Tesla ou Apple – sous-performent depuis le début 2025 », a rappelé de Royère. Seul Nvidia et Alphabet tirent leur épingle du jeu, grâce à des positions dominantes dans l’IA et les services numériques. Pour l’investisseur, ce constat souligne l’importance de diversifier les stratégies plutôt que de s’en tenir à des modèles traditionnels.

LVMH : un géant français à l’honneur

L’émission a également mis en lumière le parcours de LVMH, qui fêtait le 4 juin son 39ème anniversaire. Un anniversaire symbolique pour le groupe, qui confirme sa place de leader mondial du luxe. Cette date a permis d’évoquer la résilience du groupe face aux fluctuations économiques, ainsi que ses perspectives de croissance dans un secteur en pleine mutation. Les intervenants ont souligné que, malgré les défis géopolitiques et les tensions commerciales, LVMH continue de bénéficier d’une demande forte, notamment en Asie et aux États-Unis. « Le luxe reste un refuge pour les investisseurs en période d’incertitude », a commenté un analyste présent dans le studio.

Ce focus sur LVMH s’inscrit dans la continuité des débats sur la performance des grandes entreprises françaises, souvent comparées à leurs homologues américaines. Alors que les marchés financiers restent volatils, les valeurs comme LVMH ou L’Oréal sont perçues comme des valeurs refuges, moins exposées aux aléas technologiques que les géants du numérique.

Boeing : entre résilience et controverses

Dans le cadre de la chronique Culture Bourse, Thomas Barge, conseiller en investissement chez Norman K, a analysé la situation du titre Boeing. Malgré une série d’accidents récents ayant entaché sa réputation, l’action ne semble pas avoir subi de correction majeure. Barge a expliqué cette résilience par plusieurs facteurs : d’abord, la demande persistante pour les avions commerciaux, tirée par la croissance du trafic aérien en Asie et en Amérique latine ; ensuite, les commandes fermes de la part des compagnies aériennes, qui maintiennent leur confiance dans le constructeur malgré les incidents techniques. « Boeing reste un acteur incontournable du secteur, et les marchés anticipent un rebond », a-t-il indiqué.

Cependant, l’analyste a nuancé son propos en rappelant que les risques réglementaires et juridiques pesant sur Boeing pourraient peser sur sa valorisation à moyen terme. « Les coûts liés aux rappels d’avions et aux enquêtes pourraient grever les marges du groupe », a-t-il précisé. Une vigilance accrue reste donc de mise pour les investisseurs exposés au secteur aéronautique.

Broadcom dans le collimateur des marchés

Dans sa chronique USA Today, John Plassard, associé et responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion, a pointé du doigt la sanction récente du marché sur l’action Broadcom. Malgré des résultats financiers exceptionnels, le titre a été pénalisé par le maintien de ses objectifs à long terme, jugés trop ambitieux par les investisseurs. Plassard a également évoqué d’autres signaux d’alerte aux États-Unis, comme la hausse des inscriptions au chômage ou la chute du Bitcoin sous la barre des 65 000 dollars. « Le marché semble hésiter entre optimisme et prudence », a-t-il analysé.

Le retard de la Chine dans le domaine de l’IA a également été souligné comme un facteur de risque pour les entreprises occidentales, tandis que la promotion de l’IPO de SpaceX par Jamie Dimon a suscité des débats sur l’impact potentiel de cette introduction en Bourse sur les indices technologiques. « SpaceX pourrait devenir un acteur clé du Nasdaq, mais son entrée en Bourse reste conditionnée à plusieurs incertitudes », a conclu Plassard.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient être déterminantes pour les marchés, alors que les entreprises publient leurs résultats trimestriels et que les banques centrales précisent leur politique monétaire. Les investisseurs devront surveiller de près l’évolution de l’IA, dont l’impact sur les stratégies financières pourrait s’amplifier. Par ailleurs, les tensions commerciales et les risques géopolitiques continueront de peser sur les marchés, notamment en Asie et en Europe. Une correction estivale reste une hypothèse plausible, mais elle dépendra largement de la capacité des entreprises à maintenir leur croissance dans un environnement incertain.

Alors que l’émission BFM Bourse a offert une analyse détaillée des enjeux actuels, les spectateurs et auditeurs peuvent désormais s’appuyer sur ces éléments pour affiner leurs stratégies d’investissement. L’intelligence artificielle, les performances sectorielles et les décisions des banques centrales figurent parmi les principaux leviers à surveiller dans les mois à venir.

Selon Olivier de Royère, l’IA pousse les entreprises à réallouer leurs ressources vers des investissements technologiques plutôt que vers des rachats d’actions. Ces derniers, autrefois perçus comme un moyen de redistribuer les bénéfices, sont désormais considérés comme moins prioritaires face à la nécessité d’innover pour rester compétitif.