Le directeur du logiciel de Rivian, Wassym Bensaid, a réaffirmé le 28 mai 2026 le refus catégorique de la marque américaine d’intégrer Apple CarPlay dans ses véhicules. À la place, Rivian mise sur des commandes vocales et des agents d’intelligence artificielle pour repenser l’interaction à bord, comme le rapporte Numerama.
Cette position s’inscrit dans une vision radicalement futuriste de l’automobile, où l’habitacle devient un écosystème intégré, géré de bout en bout par un logiciel unique. Une approche qui tranche avec les habitudes des constructeurs traditionnels, encore attachés aux solutions comme Apple CarPlay ou Android Auto. Mais selon Bensaid, ces solutions sont déjà dépassées.
Ce qu'il faut retenir
- Rivian exclut définitivement Apple CarPlay et Android Auto de ses véhicules, privilégiant une interface vocale et IA native.
- L’argument principal repose sur la rupture d’expérience : CarPlay s’approprie les pixels des écrans, perturbant l’écosystème logiciel intégré de Rivian.
- Plus de 70 % des clients exigeaient CarPlay lors du lancement de Rivian il y a cinq ans, mais ce chiffre serait tombé à moins de 25 % en 2026.
- Wassym Bensaid évoque un passage de l’ère du véhicule « défini par le logiciel » à celle du véhicule « défini par l’IA », où les assistants vocaux deviennent centraux.
- Volkswagen, partenaire de Rivian via la coentreprise RV Tech, maintiendra CarPlay dans ses modèles en raison de publics différents.
- L’IA générative permet désormais des commandes vocales naturelles, rendant les boutons physiques obsolètes, selon Bensaid.
Un choix audacieux face au conservatisme automobile
Le débat entre innovation et tradition divise l’industrie automobile depuis l’arrivée de Tesla et de ses interfaces 100 % tactiles. Rivian, marque jeune et résolument high-tech, incarne cette fracture générationnelle. « Nous sommes à l’aube d’une véritable révolution », a déclaré Wassym Bensaid lors de son intervention dans le podcast Decoder. Pour lui, la voiture doit être pilotée avant tout par la voix, car conduire exige une attention constante sur la route.
Cette vision s’oppose frontalement aux solutions comme Apple CarPlay, qui duplique simplement l’écran du smartphone dans l’habitacle. Un choix critiqué par Bensaid pour deux raisons principales. D’abord, l’argument physique : ces solutions monopolisent la totalité des pixels des écrans, limitant les fonctionnalités natives du véhicule. Ensuite, l’argument de l’expérience globale : Rivian conçoit ses voitures comme des plateformes unifiées, où le logiciel gère non seulement l’infodivertissement, mais aussi la dynamique du véhicule, la gestion thermique ou encore la planification d’itinéraire en fonction de l’état de la batterie.
De l’écran tactile aux commandes vocales : une évolution inéluctable ?
Le rejet de CarPlay par Rivian n’est pas isolé. Tesla, pionnier des interfaces tactiles, a longtemps été la seule marque à supprimer les boutons physiques. Aujourd’hui, d’autres constructeurs comme Volkswagen font marche arrière sur certains modèles, réintroduisant des commandes manuelles après des retours clients négatifs. Pourtant, Bensaid estime que l’IA générative a changé la donne. Les assistants vocaux, autrefois frustrants, deviennent enfin fiables et naturels.
« Quand on y réfléchit, on est dans une voiture, on conduit, on est concentré sur la route », a-t-il souligné. « Donc, en théorie, le principal moyen par lequel on devrait interagir avec la voiture, c’est en fait la voix. » Selon lui, cette approche permet de remplacer la quasi-totalité des boutons, transformant l’habitacle en un espace épuré et intuitif. Rivian mise ainsi sur des assistants IA centralisés, capables de se connecter aux API des applications mobiles (calendrier, messagerie, etc.) pour afficher des informations de manière contextuelle, sans copier l’écran du téléphone.
Volkswagen, partenaire de Rivian, prend un chemin différent
Si Rivian tourne résolument le dos à CarPlay, son partenaire Volkswagen adopte une stratégie plus nuancée. Via la coentreprise RV Tech, les deux groupes collaborent pour développer une architecture logicielle commune, mais avec des publics cibles distincts. Bensaid l’a confirmé : les véhicules du groupe Volkswagen (Volkswagen, Audi, Porsche, Skoda) intégreront CarPlay, car leurs clients ont des attentes différentes.
Cette divergence illustre les tensions au sein même de l’alliance. Rivian, avec sa clientèle jeune et technophile, peut se permettre de révolutionner l’expérience utilisateur. Volkswagen, en revanche, doit concilier innovation et attentes plus traditionnelles. « Les voitures Volkswagen pourront avoir CarPlay », a précisé Bensaid, sans pour autant remettre en cause la vision de Rivian. Une cohabitation qui pose la question : l’IA et la voix remplaceront-elles un jour CarPlay chez le géant allemand ?
Une chose est sûre : le choc entre tradition et futurisme ne fait que commencer. Avec des constructeurs comme Rivian poussant vers des interfaces 100 % IA et voix, et d’autres comme Volkswagen cherchant à concilier les deux mondes, l’industrie automobile s’apprête à vivre une décennie de mutations profondes.
Selon Wassym Bensaid, CarPlay crée une rupture dans l’expérience utilisateur en monopolisant les écrans et en perturbant l’écosystème logiciel intégré de Rivian. Le constructeur préfère une interface vocale et IA native pour une expérience fluide et contextuelle.
Non. Volkswagen maintiendra CarPlay dans ses véhicules, car son public a des attentes différentes. Bensaid a confirmé que les modèles du groupe (Volkswagen, Audi, Porsche, Skoda) continueront d’intégrer la solution d’Apple.