Plus de 3 500 morts et des dizaines de milliers de disparus. Deux semaines après les séismes dévastateurs qui ont frappé le Venezuela, le bilan humain reste dramatique, selon les dernières estimations communiquées par les autorités locales. Des publications virales, relayées massivement sur les réseaux sociaux, avancent une hypothèse aussi spectaculaire qu’infondée : ces catastrophes naturelles auraient été « déclenchées » par des « faisceaux lasers » américains liés au programme scientifique HAARP. Comme le rapporte France 24, cette théorie du complot est totalement infondée. Les images avancées comme preuves relèvent, quant à elles, de simples montages numériques.
Ce qu'il faut retenir
- Un bilan humain lourd : plus de 3 500 morts et des dizaines de milliers de disparus après les deux séismes survenus au Venezuela.
- Une théorie du complot infondée : des publications virales accusent le programme HAARP d’avoir « déclenché » les séismes via des faisceaux lasers.
- Des images truquées : les visuels présentés comme preuves sont des montages numériques, d’après les vérifications menées.
- HAARP officiellement dédouané : le programme américain, souvent pointé dans ce type de théories, est ici totalement étranger aux événements.
Un séisme meurtrier et des rumeurs tenaces
Les deux tremblements de terre qui ont frappé le Venezuela il y a deux semaines ont laissé un paysage de désolation. Selon les derniers chiffres, le bilan s’alourdit chaque jour : plus de 3 500 morts et des dizaines de milliers de personnes portées disparues. Face à l’ampleur de la tragédie, les réseaux sociaux se sont rapidement emparés de l’événement, générant une vague de désinformation. Parmi les fausses informations les plus répandues, celle d’un lien entre les séismes et le programme HAARP, un projet scientifique américain controversé.
D’après France 24, ces allégations reposent sur des publications virales qui assurent que des « faisceaux lasers » américains auraient « provoqué » les tremblements de terre. Pourtant, cette hypothèse est dépourvue de tout fondement scientifique. Les spécialistes s’accordent à rappeler que les séismes sont des phénomènes naturels, liés à l’activité tectonique des plaques, et non à des manipulations humaines.
Des images truquées comme « preuves »
Pour étayer leurs affirmations, les partisans de cette théorie du complot ont diffusé des images présentées comme des « preuves » des faisceaux lasers en action. Or, ces visuels, rapidement devenus viraux, sont en réalité des montages numériques ou des images détournées, comme l’ont confirmé plusieurs experts en vérification d’images. France 24 souligne que ces falsifications n’ont aucune base réelle et participent à la désinformation autour de cette catastrophe.
Les autorités vénézuéliennes, de leur côté, n’ont à aucun moment évoqué une origine artificielle aux séismes. Les enquêtes menées sur place par des sismologues internationaux confirment également la nature naturelle des tremblements de terre. Les mécanismes en jeu, comme le rappelle le Centre sismologique euro-méditerranéen, correspondent à des mouvements de plaques tectoniques bien documentés.
Le programme HAARP, bouc émissaire habituel
Le programme HAARP (High Frequency Active Auroral Research Program), basé en Alaska, est régulièrement pointé du doigt dans ce type de théories. Ce projet, initialement conçu pour étudier l’ionosphère, a souvent été accusé — à tort — de pouvoir influencer le climat ou déclencher des catastrophes naturelles. Pourtant, France 24 rappelle que les scientifiques associés à HAARP ont toujours démenti ces allégations, qualifiant ces accusations de « pure spéculation ».
Dans le cas des séismes vénézuéliens, aucune preuve ne permet de lier le programme à l’événement. Les experts rappellent que les ondes électromagnétiques générées par HAARP sont bien trop faibles pour avoir un impact sur les mouvements tectoniques. Les séismes restent des phénomènes naturels, impossibles à « déclencher » à distance par quelque technologie que ce soit.
La désinformation, en temps de crise, aggrave souvent le chaos. Dans ce contexte, la rigueur des vérifications et la transparence des autorités restent essentielles pour rétablir la confiance et permettre une réponse efficace à la catastrophe.
Le programme HAARP (High Frequency Active Auroral Research Program) est un projet scientifique américain basé en Alaska. Il vise à étudier les propriétés de l’ionosphère, une couche de l’atmosphère, à l’aide d’émetteurs radio à haute fréquence. Initialement développé par l’US Air Force, la US Navy et la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA), il est aujourd’hui géré par l’Université de l’Alaska. Les théories du complot l’accusent à tort de pouvoir influencer le climat ou déclencher des catastrophes naturelles.