La junte au pouvoir en Guinée-Bissau a annoncé, d'après RFI, la tenue d’un référendum constitutionnel le 30 août 2026. Cette révision de la Constitution intervient à cinq mois d’un scrutin présidentiel, également fixé par les militaires, qui doit marquer le début d’une transition vers un régime civil. Selon les autorités de transition, cette réforme vise à moderniser les institutions et à rétablir l’ordre constitutionnel après des années de crise politique.

Ce qu'il faut retenir

  • Le référendum est prévu pour le 30 août 2026 en Guinée-Bissau, selon RFI.
  • Cette réforme constitutionnelle doit aboutir à une transition vers un gouvernement civil.
  • Le scrutin présidentiel, organisé par la junte militaire, est prévu dans cinq mois.
  • La junte justifie cette réforme par la nécessité de stabiliser les institutions après des années de turbulence politique.

Une réforme constitutionnelle pour préparer la transition

Le référendum du 30 août doit permettre d’adopter une nouvelle Constitution, censée encadrer la fin de la transition militaire. Selon les communiqués officiels, cette réforme vise à restaurer la légitimité des institutions et à organiser des élections crédibles. Les militaires, qui ont pris le pouvoir en 2022 après des années de tensions politiques, affirment vouloir rendre le pouvoir aux civils une fois les conditions réunies. Pourtant, cette démarche reste controversée, certains partis politiques et observateurs internationaux critiquant le calendrier imposé par la junte.

Le texte proposé prévoit notamment des modifications sur la durée des mandats présidentiels et les conditions d’éligibilité. Il introduit aussi des mécanismes de contrôle civil sur l’armée, un sujet particulièrement sensible dans un pays marqué par des coups d’État récurrents. RFI souligne que le projet de Constitution a été rédigé par une commission spéciale, composée de juristes et de représentants de la société civile, mais sous supervision militaire.

Un calendrier électoral sous haute tension

Le référendum s’inscrit dans un calendrier électoral chargé. La junte a fixé le scrutin présidentiel au 31 janvier 2027, soit cinq mois après la consultation populaire. Ce délai doit, en théorie, laisser le temps aux autorités de transition d’organiser des élections transparentes et de finaliser la transition. Cependant, des doutes persistent quant à la capacité des militaires à respecter ce calendrier, d’autant que des retards ont déjà été observés dans d’autres étapes de la transition.

Les partis d’opposition, regroupés au sein de la Plateforme démocratique, ont appelé à la prudence. Ils estiment que la réforme constitutionnelle, si elle est adoptée, doit être validée par un processus inclusif, impliquant l’ensemble des forces politiques. Certains observateurs craignent que la junte n’utilise ce référendum pour légitimer son pouvoir avant les élections, sans garantir un environnement politique neutre. RFI rappelle que la dernière consultation électorale en Guinée-Bissau, en 2019, avait été marquée par des irrégularités et des violences.

Contexte politique : une transition sous surveillance

La Guinée-Bissau traverse une période de transition politique depuis le coup d’État de février 2022, qui avait renversé le président Umaro Sissoco Embaló. Ce dernier avait été élu en 2019 dans un scrutin controversé, lui-même précédé par des tensions post-électorales. Depuis, le pays est dirigé par un Conseil de transition, dominé par l’armée, qui a promis de rétablir l’ordre démocratique. Pourtant, les retards accumulés dans le processus de transition alimentent les critiques, tant au niveau national qu’international.

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) suit de près l’évolution de la situation. L’organisation a déjà suspendu la Guinée-Bissau de ses instances et appelé à un retour rapide à l’ordre constitutionnel. Des sanctions ciblées ont été envisagées contre les membres de la junte en cas de non-respect des engagements pris. RFI indique que plusieurs pays voisins, comme le Sénégal et le Cap-Vert, ont également exprimé leur inquiétude quant à la tenue du référendum sans garanties suffisantes.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer la crédibilité de ce processus. Si le référendum du 30 août est organisé dans des conditions jugées transparentes par les observateurs internationaux, il pourrait ouvrir la voie à une transition apaisée. En revanche, un scrutin contesté ou marqué par des irrégularités risquerait d’aggraver les tensions politiques et de repousser encore davantage la tenue des élections présidentielles. Les prochaines réunions de la CEDEAO, prévues en septembre 2026, pourraient jouer un rôle clé dans l’évaluation de la situation.

Reste à savoir si la junte militaire respectera ses engagements et si l’opposition parviendra à s’unir pour peser dans le débat constitutionnel. Une chose est sûre : la communauté internationale surveillera de près chaque étape de ce processus, dans un pays où les coups d’État et les crises politiques ont trop souvent rythmé l’histoire récente.