L’émission BFM Crypto, le Club sur BFM Business a abordé, ce lundi 15 juin 2026, trois sujets majeurs : la comparaison des stablecoins à de la « mauvaise monnaie », le rôle des autorités locales dans l’application du règlement européen MiCA, et l’augmentation des agressions liées aux cryptomonnaies. L’économiste Nathalie Janson, professeure à Neoma Business School et présidente de Génération Libre, Hubert Blanc-Jouvan, avocat associé au cabinet Ashurst, ainsi que Marc-Antoine Caen Poletti, journaliste chez Cryptoast, étaient les invités de Sandra Gandoin pour en débattre. L’émission est diffusée du lundi au jeudi et disponible en podcast sur les plateformes habituelles, selon BFM Business.

Ce qu'il faut retenir

  • Les stablecoins ont été qualifiés de « mauvaise monnaie » par les intervenants de l’émission BFM Crypto, le Club ce 15 juin 2026.
  • Le règlement européen MiCA et le rôle des autorités locales dans son application ont été au cœur des discussions.
  • Le nombre d’agressions liées aux cryptomonnaies est en hausse, un phénomène également évoqué lors de l’émission.
  • Nathalie Janson, Hubert Blanc-Jouvan et Marc-Antoine Caen Poletti ont participé à l’analyse de ces enjeux.
  • L’émission est accessible en direct et en replay sur BFM Business et les plateformes de podcast.

Un débat vif sur les stablecoins et leur légitimité financière

Les stablecoins, ces cryptomonnaies censées conserver une valeur stable grâce à un actif de référence comme le dollar, ont été présentés sous un jour particulièrement critique lors de l’émission. Nathalie Janson n’a pas mâché ses mots : pour elle, ces actifs numériques s’apparentent à de la « mauvaise monnaie », une expression qui renvoie à la théorie monétaire selon laquelle leur émission excessive pourrait déstabiliser l’économie. Cette comparaison, bien que technique, soulève des questions sur la soutenabilité des stablecoins dans un système financier déjà sous tension. L’économiste a rappelé que leur usage massif pourrait, à terme, fragiliser la confiance dans les monnaies traditionnelles, notamment en cas de crise de liquidité ou de panique bancaire.

Hubert Blanc-Jouvan, avocat spécialisé en financement, a nuancé cette position en insistant sur le cadre réglementaire européen. Pour lui, le règlement MiCA, entré en vigueur progressivement depuis 2024, offre une réponse partielle à ces risques. Cependant, il a souligné que son application dépend largement de la volonté des États membres et de leur capacité à sanctionner les acteurs non conformes. La question des autorités locales – banques centrales nationales ou régulateurs sectoriels – reste donc centrale pour encadrer un marché encore largement opaque.

MiCA sous le feu des projecteurs : entre ambitions européennes et réalités locales

Le règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets), souvent présenté comme une révolution pour l’encadrement des cryptomonnaies en Europe, a été longuement discuté. Ce texte, dont la période transitoire s’est achevée en juin 2026, impose désormais aux acteurs du secteur de se conformer à des règles strictes : enregistrement auprès des autorités nationales, transparence accrue, ou encore obligations de lutte contre le blanchiment. Pourtant, comme l’a rappelé Marc-Antoine Caen Poletti, son efficacité dépendra in fine de la coordination entre Bruxelles et les régulateurs nationaux.

Hubert Blanc-Jouvan a pointé du doigt les disparités entre pays. Certains États, comme la France ou l’Allemagne, ont déjà mis en place des structures dédiées pour superviser le secteur. D’autres, en revanche, peinent à désigner des interlocuteurs clairs, ce qui crée des failles exploitables par des acteurs peu scrupuleux. «

Le MiCA est un cadre ambitieux, mais son succès repose sur une application homogène. Sans cela, les risques de contournement ou de dumping réglementaire subsistent
», a-t-il déclaré. Nathalie Janson, de son côté, a rappelé que l’Union européenne devait aussi anticiper l’impact des stablecoins sur la souveraineté monétaire, un sujet qui divise déjà au sein des instances européennes.

Les agressions liées aux cryptos : un phénomène en recrudescence

Troisième volet de l’émission, et non des moindres : la multiplication des agressions liées aux cryptomonnaies. Sandra Gandoin a rappelé que, selon les dernières données disponibles, les vols et extorsions visant des détenteurs de crypto-actifs ont augmenté de 35 % depuis le début de l’année 2026. Ces faits, souvent liés à des piratages de portefeuilles ou à des arnaques aux faux investissements, posent la question de la sécurité des utilisateurs. Les intervenants ont insisté sur la responsabilité des plateformes, mais aussi sur celle des particuliers, souvent peu sensibilisés aux bonnes pratiques.

Marc-Antoine Caen Poletti a cité l’exemple récent d’une plateforme française, victime d’une faille de sécurité ayant exposé les données de milliers de clients. «

Les utilisateurs doivent comprendre que posséder des cryptos implique une gestion active de sa sécurité. Les clés privées, les sauvegardes, les vérifications d’adresses… Autant de gestes qui font la différence entre un investissement protégé et une perte sèche
», a-t-il expliqué. Nathalie Janson a ajouté que ce phénomène illustrait les limites du modèle décentralisé, où la responsabilité individuelle prime, souvent au détriment des plus vulnérables.

Et maintenant ?

Plusieurs échéances pourraient redessiner le paysage des cryptomonnaies d’ici la fin de l’année. D’abord, la finalisation des directives d’application du MiCA par chaque État membre, attendue pour septembre 2026, pourrait clarifier le rôle des autorités locales. Ensuite, la publication des premiers bilans officiels sur les agressions liées aux cryptos, prévue en octobre, devrait permettre d’évaluer l’efficacité des mesures de prévention actuelles. Enfin, les discussions au niveau européen sur l’encadrement des stablecoins, relancées par la crise récente, pourraient aboutir à un durcissement des règles dès 2027. Reste à voir si ces évolutions parviendront à concilier innovation et sécurité.

L’émission BFM Crypto, le Club reste un rendez-vous incontournable pour suivre ces débats. Elle se poursuit du lundi au jeudi sur BFM Business, avec des rediffusions disponibles en podcast. Pour ceux qui souhaitent approfondir, les épisodes précédents – portant sur la fiscalité, la sécurité des actifs ou l’avenir du Bitcoin – sont accessibles en ligne.

Cette comparaison, popularisée par l’économiste Nathalie Janson, s’appuie sur la théorie monétaire selon laquelle les stablecoins pourraient, s’ils sont émis en excès, déstabiliser la confiance dans les monnaies traditionnelles. Leur multiplication pourrait, en cas de crise, aggraver les tensions sur les liquidités ou favoriser des comportements spéculatifs déconnectés de l’économie réelle.

Les États membres doivent finaliser leurs directives d’application d’ici septembre 2026. Ces règles locales préciseront les modalités de contrôle des acteurs, les obligations de transparence et les sanctions en cas de non-respect. Une coordination renforcée entre la France, l’Allemagne et les autres pays sera déterminante pour éviter les distorsions.