Pavel Durov, le fondateur de la messagerie Telegram, a annoncé le retour du token Gram pour succéder au Toncoin sur la blockchain TON, marquant ainsi un « retour aux sources » selon ses propres termes. Cette décision s’inscrit dans le cadre d’une campagne intitulée « Make TON Great Again » (MTONGA), lancée officiellement le 9 avril 2026 et visant à redynamiser l’écosystème de la plateforme, comme le rapporte Cryptoast.
Ce projet, initialement évoqué en 2017, avait été abandonné sous la pression des régulateurs américains, notamment la SEC, qui avait contraint Telegram à renoncer à son émission de tokens. Pourtant, Durov n’a pas abandonné l’idée, et le retour du Gram s’accompagne d’une refonte complète de la gestion de la blockchain TON, avec pour objectif de redonner à Telegram un rôle central dans son fonctionnement et son développement.
Ce qu'il faut retenir
- Pavel Durov annonce le remplacement du Toncoin par le Gram, le nom historique du token initialement prévu pour la blockchain TON.
- La transition s’inscrit dans le cadre d’une campagne en sept étapes, dont trois ont déjà été mises en œuvre depuis avril 2026.
- La blockchain TON a été optimisée pour être dix fois plus rapide et les frais de transaction ont été réduits de 6.
- La gestion de l’écosystème TON a été transférée de la Fondation TON à Telegram, qui en devient le principal validateur.
- Le cours du Toncoin a progressé de plus de 70 % depuis le 9 avril, atteignant un sommet local de 2,75 dollars le 7 mai 2026.
- La communauté est invitée à voter pour valider cette transition avant la fin de la quatrième étape, prévue d’ici trois semaines.
Un retour aux origines pour la blockchain TON
Le token Gram n’est pas une nouveauté : il figurait déjà dans le livre blanc original de la blockchain TON en 2017. À l’époque, Telegram avait tenté de lancer une offre initiale de tokens (ICO) pour financer le projet, mais celle-ci avait été bloquée par la SEC en 2019. Quatre ans plus tard, le fondateur de la messagerie décide donc de relancer l’initiative, en s’appuyant sur une version remaniée du code source du projet initial.
Pour officialiser cette transition, la blockchain TON a ouvert un vote communautaire permettant aux utilisateurs de valider le changement de nom du Toncoin vers le Gram. Cette consultation, dont les résultats devraient être connus d’ici trois semaines, marque la quatrième étape du programme MTONGA, selon les déclarations de Durov. Les trois premières étapes consistaient en une mise à niveau technique majeure, une réduction des frais de transaction et un transfert de la gouvernance vers Telegram.
Une campagne de relance aux accents politiques
Le nom de la campagne, « Make TON Great Again » (MTONGA), n’est pas anodin : il s’agit d’un clin d’œil direct à la formule « Make America Great Again » (MAGA) popularisée par Donald Trump. Pavel Durov a confirmé cette inspiration, soulignant que cette stratégie visait à redonner à la blockchain TON la place qu’elle méritait sur le marché des cryptomonnaies. Depuis son lancement en avril, le projet a déjà enregistré des résultats encourageants, avec une hausse de 70 % du cours du Toncoin en deux mois seulement.
Cette performance contraste avec la morosité générale du marché des cryptomonnaies en 2026, où peu d’actifs numériques affichent une telle dynamique. Le Toncoin a même atteint un pic de 2,75 dollars le 7 mai, un niveau qui n’avait pas été observé depuis plusieurs années. Une remontée spectaculaire, alors que l’écosystème TON peine depuis des années à s’imposer face à des concurrents comme Ethereum ou Solana.
Un écosystème en pleine mutation
Au-delà du changement de nom, cette relance s’accompagne de modifications structurelles importantes pour la blockchain TON. Telegram a pris le contrôle total de la gestion de l’écosystème, remplaçant la Fondation TON qui en assurait previously la gouvernance. Cette centralisation autour de la messagerie vise à simplifier les prises de décision et à accélérer les mises à jour techniques.
Parmi les améliorations apportées, on note une optimisation de la vitesse de traitement, désormais dix fois supérieure à celle d’avant le lancement du programme MTONGA. Les frais de transaction ont également été divisés par six, une mesure qui devrait attirer davantage d’utilisateurs et de développeurs sur la plateforme. Ces changements interviennent alors que l’écosystème TON peine à se différencier dans un marché concurrentiel où les solutions de paiement et les applications décentralisées se multiplient.
« Ce retour aux sources n’est pas un simple changement de nom, mais une refonte complète de notre approche pour faire de TON une blockchain incontournable. »
Un pari risqué dans un marché volatile
Malgré les résultats encourageants enregistrés depuis avril, ce projet n’est pas sans risques. Les régulateurs, en particulier aux États-Unis, pourraient à nouveau s’opposer à la relance du Gram, en raison de son historique mouvementé. Par ailleurs, la concurrence dans le secteur des blockchains de couche 1 (comme Solana ou Avalanche) reste féroce, et une simple campagne de communication ne suffira peut-être pas à attirer les utilisateurs.
Enfin, la dépendance accrue de TON vis-à-vis de Telegram pourrait soulever des questions sur la décentralisation réelle du réseau. Jusqu’à présent, la fondation avait tenté de garder une certaine neutralité, mais avec le géant de la messagerie aux commandes, certains observateurs s’interrogent sur l’indépendance de la blockchain. Ces défis n’ont pas échappé à Pavel Durov, qui a promis de publier prochainement des détails sur les trois dernières étapes du programme MTONGA, sans pour autant dévoiler de calendrier précis.
Une stratégie qui divise les acteurs du secteur
Si certains analystes saluent cette initiative comme une opportunité de revitaliser un écosystème sous-exploité, d’autres y voient un pari dangereux, compte tenu des échecs passés de Telegram dans le domaine des cryptomonnaies. Le secteur reste en effet marqué par les déboires du projet Libra (devenu Diem), abandonné par Facebook après des années de lutte contre les régulateurs. Pourtant, Durov semble déterminé à ne pas reproduire les mêmes erreurs, en insistant sur la nécessité de respecter scrupuleusement les règles en vigueur.
Pour l’heure, la communauté crypto observe avec attention cette transition, qui pourrait servir de test pour l’adoption massive des blockchains par les géants de la tech. Si le Gram parvient à s’imposer, il pourrait inspirer d’autres projets similaires, tandis qu’un nouvel échec risquerait de renforcer les critiques contre les initiatives centralisées dans l’écosystème crypto.
À suivre donc, d’ici la fin du mois de juin, l’issue du vote communautaire et les prochaines annonces de Pavel Durov sur les étapes restantes de sa campagne de relance.
Selon les explications de Durov, le choix du nom Gram s’inscrit dans une volonté de revenir aux origines du projet, tel qu’il avait été conçu dans le livre blanc initial de 2017. Le code source du token original n’ayant jamais été supprimé, il a été jugé plus simple de réactiver cette identité plutôt que de lancer un nouveau projet, comme le précise Cryptoast.
Le principal risque concerne la réaction des autorités américaines, notamment la SEC, qui avait déjà bloqué le projet initial en 2019. Telegram a indiqué que la nouvelle version du Gram respecterait scrupuleusement les régulations en vigueur, mais rien ne garantit que cette stratégie suffira à éviter un nouveau conflit avec les régulateurs, comme le souligne Cryptoast.