Selon Numerama, Tesla a récemment déposé la marque « Megapod » auprès de l’USPTO, l’office américain des brevets et des marques, le 18 juin 2026. Ce dépôt, enregistré sous le numéro de série 99893717, révèle un projet ambitieux : un système matériel modulaire de datacenter conçu pour le calcul lié à l’intelligence artificielle. Tesla n’a pas encore officiellement annoncé ce produit, mais les détails fournis dans la demande de dépôt laissent entrevoir une offre clé en main pour entraîner et faire tourner des modèles d’IA.

Ce qu'il faut retenir

  • Megapod est un système modulaire de datacenter pour l’IA, composé de serveurs, d’équipements réseau, d’unités de distribution électrique et de systèmes de refroidissement, le tout piloté par un logiciel de supervision.
  • Tesla a déposé la marque « Megapod » le 18 juin 2026 auprès de l’USPTO, avec une description précise du projet.
  • Contrairement à ses ambitions passées, Tesla ne semble pas vouloir développer ses propres puces pour ce projet, privilégiant une approche basée sur l’intégration de solutions existantes.
  • Le projet pourrait s’appuyer sur les infrastructures énergétiques de Tesla, comme les batteries Megapack et les réseaux de Superchargeurs, qui offrent une puissance électrique considérable.
  • SpaceX, et non Tesla, est actuellement le leader d’Elon Musk dans le domaine des datacenters, avec des accords majeurs signés en 2026.

D’après Electrek, cité par Numerama, le projet Megapod s’inspire du modèle des Superchargeurs Tesla, mais adapté à l’entraînement de modèles d’IA. Tesla pourrait ainsi proposer une solution plug-and-play, prête à l’emploi, pour des entreprises souhaitant déployer des infrastructures de calcul intensif sans avoir à construire leurs propres datacenters. Le dépôt de la marque suggère une annonce prochaine, bien que Tesla n’ait pas encore confirmé ses intentions.

La description technique de Megapod, fournie dans la demande de dépôt, évoque un système composé de plusieurs éléments : des serveurs, des équipements réseau, des unités de distribution électrique et des systèmes de refroidissement. L’ensemble serait piloté par un logiciel de supervision, permettant une gestion centralisée et optimisée. Autant dire qu’il s’agirait d’une solution complète, destinée à faciliter le déploiement de centres de données pour l’IA, sans nécessiter d’expertise technique approfondie.

Un projet qui s’appuie sur l’écosystème Tesla

Tesla ne fabrique pas ses propres puces pour l’IA et ne dispose pas, à ce jour, de matériel capable de rivaliser avec celui de Nvidia. Comme le rappelle Numerama, l’entreprise a abandonné son superordinateur Dojo en août 2025, qualifiant cette initiative d’« impasse évolutive ». Par ailleurs, la production des puces AI6, initialement prévue pour être internalisée, a été confiée à Samsung, avec une production de masse attendue pour fin 2027. Tesla reste donc dépendant de partenaires externes pour ses besoins en calcul intensif.

Aujourd’hui, Tesla utilise les GPU de Nvidia dans son cluster d’entraînement Cortex, installé à la gigafactory du Texas. L’entreprise compte des dizaines de milliers de GPU Nvidia pour ses opérations. Il serait donc peu probable que Tesla développe une offre concurrente à celle de son partenaire historique, d’autant plus que les relations entre Elon Musk et Jensen Huang, PDG de Nvidia, sont généralement présentées comme positives. Tesla pourrait ainsi intégrer les GPU Nvidia dans ses Megapod, tout en apportant sa propre valeur ajoutée : l’infrastructure physique et énergétique.

Une approche centrée sur l’énergie et l’infrastructure

Certains spécialistes, comme ceux cités par Numerama sur Twitter, soulignent que Tesla possède une carte majeure à jouer : l’énergie. Ses batteries Megapack et son nouveau bloc Megablock sont déjà commercialisés auprès des datacenters pour stabiliser leur alimentation électrique. Megapod pourrait ainsi se positionner comme une solution clé en main, combinant matériel, refroidissement et gestion énergétique, tout en s’appuyant sur les infrastructures électriques surdimensionnées de Tesla.

Elon Musk a récemment indiqué que Tesla dispose d’environ 7 gigawatts de puissance disponible, une capacité qui intéresse fortement les acteurs du secteur de l’IA. Les Superchargeurs, par exemple, pourraient être utilisés pour alimenter des datacenters lorsque leur utilisation est faible. Une telle approche permettrait à Tesla de monétiser ses infrastructures existantes, tout en offrant une solution compétitive sur le marché des datacenters pour l’IA.

Pourquoi Tesla et pas SpaceX ?

Alors que SpaceX, cotée en bourse depuis peu, est devenue la nouvelle entreprise phare d’Elon Musk après l’absorption de xAI en février 2026, Tesla semble jouer un rôle plus modeste dans ce domaine. SpaceX a transformé son superordinateur Colossus, situé à Memphis, en une source de revenus majeure. En juin 2026, l’entreprise a signé des accords avec Anthropic (1,25 milliard de dollars par mois pour l’accès exclusif à 220 000 GPU et 300 MW de puissance) et Google (920 millions de dollars par mois pour environ 110 000 GPU). Ces contrats font de SpaceX un acteur incontournable dans le secteur des datacenters pour l’IA.

Dans ce contexte, la question se pose : quel rôle jouera Tesla avec Megapod ? S’agira-t-il d’un produit dédié uniquement à son écosystème, ou d’une solution ouverte à toutes les entreprises ? Numerama souligne que SpaceX est désormais le spécialiste des datacenters au sein du groupe Musk, laissant peu de place à Tesla pour se positionner comme un acteur majeur dans ce domaine. Megapod pourrait donc être une initiative complémentaire, axée sur l’intégration et la gestion énergétique, plutôt que sur le développement de puces ou de matériel de calcul.

Et maintenant ?

Reste à voir si Tesla confirmera officiellement le projet Megapod et dévoilera ses premières spécifications techniques. Si le produit voit le jour, il pourrait s’adresser aux entreprises cherchant à déployer rapidement des infrastructures d’IA sans investir dans des datacenters sur mesure. Cependant, Tesla devra composer avec la concurrence de SpaceX, qui domine déjà le marché des datacenters haut de gamme. Une annonce officielle est attendue dans les prochains mois, notamment si Tesla souhaite capitaliser sur l’engouement actuel pour l’IA et les infrastructures de calcul.

En conclusion, Megapod s’inscrit dans la stratégie d’Elon Musk pour diversifier les activités de Tesla, en capitalisant sur ses infrastructures énergétiques et logistiques. Si le projet se concrétise, il pourrait offrir une alternative aux solutions traditionnelles des géants du cloud et des fabricants de puces, tout en renforçant l’écosystème intégré de Tesla.

Selon les informations disponibles, Tesla ne développe pas ses propres puces pour Megapod. Le projet s’appuiera très probablement sur des GPU Nvidia, comme c’est déjà le cas pour le cluster Cortex de Tesla. L’entreprise mise plutôt sur son expertise en infrastructure énergétique et physique pour se différencier.