Ce lundi 8 juin, l’émission BFM Bourse, présentée par Guillaume Sommerer, a été marquée par plusieurs analyses et annonces concernant les marchés financiers. Selon BFM Business, les invités ont notamment évoqué l’intégration réussie d’Iberdrola dans le portefeuille BFM-Responsable, l’impact de la probable hausse des taux de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi, ainsi que les réactions des valeurs des télécommunications après l’annonce du rachat de SFR. Une journée riche en actualités économiques, où les experts ont aussi partagé leurs perspectives sur les introductions en Bourse à venir, comme celle de SpaceX.
Ce qu'il faut retenir
- Iberdrola intègre le portefeuille BFM-Responsable dès sa première semaine de sélection, selon Guillaume Chaloin, directeur des gestions actions chez Delubac AM.
- La BCE devrait relever ses taux jeudi 12 juin, une décision attendue avec attention par les marchés, comme l’a indiqué Claire Dissaux, responsable des études macroéconomiques du Groupe AXA.
- Les valeurs des télécommunications, notamment Orange et Bouygues, réagissent au rachat de SFR, un dossier analysé par Bertrand Lamielle, directeur général de Portzamparc Gestion.
- SpaceX pourrait être introduite en Bourse à un cours de 135 dollars par action, selon les projections d’Elon Musk rapportées par John Plassard, associé chez Cité Gestion.
- La concentration des actions à Wall Street suscite des interrogations, avec des cours dépassant parfois dix fois les chiffres d’affaires des entreprises.
- La résilience du marché de l’emploi américain s’est confirmée en mai avec la création de 172 000 postes, un chiffre souligné par Claire Dissaux.
Iberdrola fait son entrée dans le portefeuille BFM-Responsable
Guillaume Chaloin, directeur des gestions actions chez Delubac AM, a analysé ce lundi la performance du portefeuille BFM-Responsable à l’antenne de BFM Bourse. Selon lui, l’intégration d’Iberdrola, géant espagnol des énergies renouvelables, s’est déroulée sans encombre lors de sa première semaine dans la sélection. Ce portefeuille, dédié aux investissements responsables, continue ainsi d’évoluer en intégrant des valeurs alignées sur les critères ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance). « Iberdrola a su s’imposer comme un acteur clé dans le secteur de l’énergie durable », a précisé Chaloin, soulignant la stabilité de son cours depuis son inclusion.
La BCE en passe de relever ses taux jeudi : quels impacts sur les marchés ?
Claire Dissaux, responsable des études macroéconomiques du Groupe AXA, a rappelé que la Banque centrale européenne (BCE) devrait annoncer une hausse de ses taux directeurs ce jeudi 12 juin. Une décision largement anticipée par les analystes, dans un contexte de lutte contre l’inflation persistante en zone euro. « Les marchés ont déjà intégré cette probabilité à plus de 80 %, ce qui limite les risques de surprise », a-t-elle indiqué. Les investisseurs guetteront également les déclarations de Christine Lagarde, présidente de la BCE, pour déceler d’éventuels signaux sur la trajectoire future des taux. D’après les projections, une hausse de 25 points de base est la plus probable, même si certains économistes n’excluent pas un mouvement plus agressif de 50 points.
Les télécommunications en ébullition après l’annonce du rachat de SFR
Bertrand Lamielle, directeur général de Portzamparc Gestion, a décrypté les réactions des valeurs du secteur des télécommunications en Bourse, consécutives à l’annonce du rachat de SFR. « Orange et Bouygues ont vu leurs cours réagir positivement dès l’officialisation de l’opération, reflétant la confiance des investisseurs dans la consolidation du marché », a-t-il expliqué. Ce mouvement s’inscrit dans une tendance plus large de restructuration du secteur, alors que les opérateurs cherchent à renforcer leur position face à la concurrence accrue des acteurs internationaux. Par ailleurs, Lamielle a évoqué l’OPA d’Intesa Sanpaolo sur Monte dei Paschi, une opération qui pourrait inspirer d’autres mouvements dans le secteur bancaire européen.
SpaceX et Meta : deux introductions en Bourse sous les projecteurs
Dans sa chronique USA Today, John Plassard, associé et responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion, a détaillé les enjeux autour de l’introduction en Bourse de SpaceX. Selon ses projections, l’entreprise d’Elon Musk pourrait être valorisée à 135 dollars par action, une fourchette qui place l’opération parmi les plus attendues de l’année. « Les investisseurs semblent confiants dans le potentiel de croissance de SpaceX, notamment grâce à ses activités spatiales et ses projets de connectivité via satellite », a-t-il souligné. Parallèlement, Meta (ex-Facebook) étudierait une levée de fonds importante, une initiative qui pourrait renforcer sa position sur le marché de la publicité en ligne, face à la concurrence de TikTok.
Plassard a également pointé du doigt la concentration croissante à Wall Street, où certaines actions affichent des valorisations jugées « excessives ». « Des entreprises dont les cours dépassent dix fois leur chiffre d’affaires attirent des capitaux, mais leur durabilité à long terme reste un sujet de débat », a-t-il analysé. Une tendance qui rappelle les excès observés avant la crise financière de 2008, même si les mécanismes de régulation ont depuis été renforcés.
L’emploi américain résiste, mais les incertitudes persistent
Claire Dissaux a également commenté la publication des chiffres de l’emploi américain pour le mois de mai, avec la création de 172 000 postes. Un résultat supérieur aux attentes, qui confirme la résilience du marché du travail outre-Atlantique. « Malgré les tensions sur les chaînes d’approvisionnement et les pressions inflationnistes, les entreprises continuent de recruter », a-t-elle noté. Cependant, la gérante a tempéré cet optimisme en rappelant que le taux de chômage reste à 4,0 %, un niveau qui pourrait inciter la Réserve fédérale (Fed) à maintenir une politique monétaire restrictive.
Alors que les marchés naviguent entre espoirs de croissance et craintes inflationnistes, les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer si la volatilité actuelle est conjoncturelle ou annonciatrice d’un retournement plus profond. Les investisseurs devront composer avec un environnement où les risques géopolitiques, comme la situation au Moyen-Orient, pourraient à tout moment perturber les équilibres établis.
La BCE pourrait relever ses taux en raison de la persistance de l’inflation en zone euro, qui reste supérieure à son objectif de 2 %. Une hausse des taux permettrait de freiner la demande et de limiter la pression sur les prix, selon les économistes. La décision, attendue pour jeudi 12 juin, est largement anticipée par les marchés, qui l’ont déjà partiellement intégrée dans leurs évaluations.
La concentration des actions à Wall Street, où certaines valorisations dépassent dix fois les chiffres d’affaires, expose les investisseurs à un risque de correction brutale. Si les profits des entreprises ne suivent pas ces valorisations, un retournement de marché pourrait survenir, comme cela a été observé lors de précédentes bulles spéculatives. Les régulateurs surveillent ces tendances, mais leur capacité à les prévenir reste limitée.