Alors que les regards se tournent vers la Coupe du monde 2026, l’Olympique lyonnais (OL) brille à travers ses jeunes formés au club et aujourd’hui alignés sous les couleurs de l’équipe de France. Selon RMC Sport, Rayan Cherki, Bradley Barcola et Malo Gusto participent à la compétition mondiale avec les Bleus, tandis que d’anciens pensionnaires de l’Académie lyonnaise représentent d’autres nations comme le Sénégal, l’Algérie ou la République démocratique du Congo.
Ce qu'il faut retenir
- Trois Bleus en équipe de France : Rayan Cherki, Bradley Barcola et Malo Gusto, issus de l’Académie lyonnaise, sont sélectionnés pour la Coupe du monde 2026.
- Des transferts records : Les départs de Malo Gusto (40 M€ en janvier 2023), Bradley Barcola (50 M€ en août 2023) et Rayan Cherki (42,5 M€ en juin 2025) ont rapporté plus de 132 millions d’euros à l’OL.
- Une stratégie de formation axée sur la compétition : L’Académie lyonnaise mise sur des joueurs capables de prendre des décisions rapides et d’évoluer à très haut niveau, selon Amaury Barlet, ancien formateur de l’OL.
- Des profils complémentaires : Cherki, Barcola et Gusto incarnent des qualités distinctes – vision du jeu, élégance technique et capacité athlétique – qui en font des atouts pour la sélection française.
- Un héritage sportif : Leur parcours illustre l’évolution de l’OL, passé d’une génération de six Bleus en 2006 à une influence plus discrète mais tout aussi déterminante en 2026.
L’Académie lyonnaise, une pépinière de talents pour le football mondial
Si l’OL a connu des heures de gloire avec six joueurs sélectionnés en équipe de France lors de la Coupe du monde 2006 – dont Fabien Barthez, Florent Malouda, Sidney Govou ou encore Thierry Henry, formé au club –, la génération actuelle de jeunes lyonnais s’impose par une voie différente. Selon RMC Sport, l’institution rhodanienne mise désormais sur une « académie » plutôt que sur des joueurs évoluant encore au club. Rayan Cherki (2003), Bradley Barcola (2002) et Malo Gusto (2003) sont ainsi alignés avec les Bleus, tandis que d’autres, comme Houssem Aouar (Algérie) ou Samuel Moutoussamy (RDC), défendent les couleurs d’autres nations.
Cette transition marque un changement de paradigme : moins visible que par le passé, l’influence de l’OL se mesure désormais à l’aune des joueurs qu’elle a formés, bien au-delà de ses frontières. « C’est moins visible, mais n’est-ce pas plus fort ? » souligne Amaury Barlet, ancien formateur à l’OL de 2011 à 2025 et aujourd’hui directeur sportif du CASCOL Oullins, dans l’agglomération lyonnaise.
Rayan Cherki, le génie technique au service du collectif
Parmi les trois Bleus lyonnais, Rayan Cherki incarne une génération de joueurs au profil atypique, capable de bousculer les codes du football moderne. « On connaît leurs qualités, on connaît leurs points forts », explique Amaury Barlet, qui a suivi son évolution depuis les catégories jeunes. Formé dès l’enfance avec un ballon au pied, Cherki a développé une capacité à lire le jeu et à créer de l’incertitude, deux atouts majeurs à très haut niveau.
Son parcours est marqué par une exigence constante. « Il descendait toujours le premier du bus pour rejoindre le vestiaire, où il s’entraînait seul au dribble et au jonglage pendant plus de dix minutes », se souvient Barlet. Ces rituels, répétés quotidiennement, ont forgé un joueur capable de jouer avec les deux pieds et de surprendre les défenses adverses. « Il crée une incertitude : on ne sait jamais s’il va centrer du gauche, du droit, ou lever le ballon », précise-t-il. Meilleur passeur de la Ligue Europa lors de la saison précédente, Cherki est désormais une pièce maîtresse du jeu offensif français.
« C’est un garçon qui a beaucoup évolué en côtoyant des joueurs plus athlétiques que lui. Cela a développé sa capacité à prendre des décisions très rapidement. Si on n’est pas capable de voir le jeu, on n’existe pas. »
Amaury Barlet, ancien formateur de l’OL
Bradley Barcola, l’athlète complet et polyvalent
Bradley Barcola, sélectionné parmi les tout meilleurs espoirs français, a dû adapter son jeu pour atteindre le plus haut niveau. Arrivé à l’OL en provenance de Bourgoin-Jallieu, il a d’abord évolué comme attaquant de pointe, puis a reculé au poste de latéral droit, où il a su s’imposer grâce à ses qualités athlétiques et sa capacité à répéter les efforts. « Il est capable d’éliminer une ligne de joueurs entière, ce qui est bien plus important que de dribbler un seul adversaire », souligne Barlet.
Son parcours illustre une évolution tactique moderne : un joueur offensif doit être capable de s’adapter à plusieurs postes. Barcola a su développer cette polyvalence, tout en conservant une hygiène de vie rigoureuse – « il revenait d’une blessure cinq semaines en seulement quatre », précise son ancien formateur. Aujourd’hui, il est référencé comme un latéral droit moderne, capable de proposer des solutions offensives et de défendre avec intensité.
Malo Gusto, le latéral droit modèle du football actuel
Malo Gusto, parti pour 40 millions d’euros en janvier 2023, représente l’archétype du latéral droit moderne : rapide, technique et endurant. Son transfert a marqué un tournant financier pour l’OL, alors sous la direction de John Textor. « On a envie qu’ils soient décisifs sur leurs postes », confie Barlet. Gusto, formé tardivement à ce poste, a dû rattraper un retard technique, mais a su tirer parti de ses qualités athlétiques exceptionnelles.
Son profil répond aux exigences du football actuel : volume de jeu élevé, capacité à répéter les efforts et une volonté de récupérer les ballons. « Il s’est déjà montré influent en équipe de France lors de matchs amicaux », rappelle Barlet, qui voit en lui un joueur capable de s’exprimer rapidement sous le maillot bleu.
Un modèle économique et sportif pour l’OL
Les transferts de ces trois joueurs ont rapporté plus de 132 millions d’euros à l’OL, un apport financier significatif pour un club en pleine reconstruction. « C’est sûr qu’on a envie qu’ils soient décisifs par rapport aux postes sur lesquels ils évoluent », reconnaît Barlet. Leur succès en équipe de France valide la stratégie de l’Académie lyonnaise, qui mise sur la formation de profils capables de s’adapter aux exigences du football contemporain.
Alors que l’OL ne compte plus de joueurs stars sous son maillot, son influence sur la scène internationale se mesure désormais à travers ses anciens pensionnaires. Une évolution qui interroge sur l’avenir du club : pourra-t-il conserver son statut de formateur d’exception, tout en reconstruisant une équipe compétitive en Ligue 1 ?
En élargissant le regard, leur parcours illustre une tendance du football moderne : la formation prime désormais sur les transferts massifs de stars. L’OL, à travers eux, écrit une nouvelle page de son histoire, où le talent pur et la technique priment sur les noms médiatiques.
L’OL a connu des années fastes avec des joueurs stars sous son maillot, comme en 2006 où six Bleus évoluaient encore à Lyon. Aujourd’hui, le club privilégie une stratégie de formation pour des profils capables de s’exporter et de rapporter des plus-values financières, tout en maintenant une influence sur le football mondial via ses anciens pensionnaires. Cette approche permet de financer la reconstruction sportive du club tout en restant compétitif en Ligue 1.