À moins de 48 heures du coup d’envoi de la Coupe du monde de football 2026, seules quelques villes françaises ont choisi d’installer des fan-zones pour permettre aux supporters de suivre les matchs de l’équipe de France, selon Franceinfo - Sport. Paris, Lyon et Marseille, pourtant habituées à organiser ce type d’événements, font figure d’exceptions en raison de craintes sécuritaires ou logistiques.

Ce qu'il faut retenir

  • Seules deux villes — Mulhouse et Amiens — ont prévu des fan-zones dès le début de la compétition, avec des capacités d’accueil respectives de 3 000 et plusieurs centaines de places.
  • À Paris, la préfecture de police a bloqué toute autorisation après les incidents du 30 mai 2026, limitant les espaces à des initiatives privées comme une péniche Coca-Cola ou un club Lego.
  • Clermont-Ferrand a adopté une approche radicale en interdisant les télévisions sur les terrasses de bars et en instaurant un couvre-feu pour les mineurs.
  • La Fédération française de football (FFF) compensera l’absence de fan-zones en organisant des diffusions dans des cinémas à travers le pays.

Des grandes villes en retrait, des petites en avance

La réticence des grandes métropoles françaises tranche avec l’engouement affiché par des villes de taille moyenne. À Lyon, la mairie a finalement renoncé à toute fan-zone, sauf peut-être pour la finale, dans un lieu fermé avec des agents de sécurité. Paris, qui avait accueilli des centaines de milliers de supporters lors des précédents Mondiaux, reste très prudent. « La préfecture de police a été refroidie par les incidents du 30 mai, soir de la victoire du Paris Saint-Germain en Ligue des champions », rappelle Franceinfo - Sport. Une prudence qui s’étend à Marseille, où aucune solution n’est encore officialisée.

En revanche, des initiatives locales émergent. À Clermont-Ferrand, la mairie, dirigée par le maire Les Républicains Julien Bony, a pris les devants en interdisant carrément les télévisions sur les terrasses de bars pour éviter les attroupements. Un couvre-feu de 23 heures à 7 heures pour les mineurs de moins de 16 ans est également instauré dans le centre-ville pendant toute la compétition, sous peine d’une amende de 150 euros. « La décision fait suite à deux épisodes de violences urbaines, dont le premier a eu lieu le 30 mai et le second le 5 juin, après un appel sur les réseaux sociaux », précise Julien Bony.

Des espaces privés pour combler le vide

Face à l’absence de fan-zones municipales, les sponsors de la compétition se positionnent. À Paris, une péniche Coca-Cola amarrée sur la Seine et un club Lego installé au parc de la Villette offriront des espaces de visionnage. Ces deux sites, fléchés pour les familles, seront 100 % sans alcool et pourront accueillir jusqu’à 1 400 personnes simultanément. Une solution bien en deçà des attentes des supporters, mais qui rappelle la situation de 2022 lors du Mondial au Qatar, où la France avait également fait l’impasse sur les fan-zones dans sa capitale.

La Fédération française de football (FFF) tente de pallier ce manque en organisant des diffusions des matchs des Bleus dans plusieurs cinémas répartis dans l’Hexagone. Une alternative qui devrait permettre à certains fans de suivre les rencontres dans un cadre plus encadré, même si l’ambiance collective des fan-zones reste difficile à reproduire.

Mulhouse et Amiens misent sur l’accueil des supporters

Deux villes se distinguent par leur engagement : Mulhouse et Amiens. Dans l’Alsace, la fan-zone sera installée au stade de l’Ill, avec une capacité totale de 3 000 places — dont 2 250 assises et 500 debout. L’entrée sera gratuite, mais une réservation en ligne sera obligatoire sur le site de la ville. Une formule qui mise sur la gratuité pour attirer un public large, tout en garantissant une organisation sécurisée.

À Amiens, les supporters seront accueillis au stade de la Licorne. Les trois premiers matchs des Bleus seront retransmis à La Bodega, une salle proche du stade. Si la France accède aux huitièmes de finale, les rencontres seront visibles directement dans l’enceinte sportive. L’accès restera gratuit, mais les contrôles d’alcoolémie et les fouilles seront renforcés pour éviter tout débordement. Une approche pragmatique, qui combine accessibilité et sécurité.

Et maintenant ?

La situation pourrait évoluer d’ici le début des matchs de l’équipe de France, prévu le 11 juin 2026. Plusieurs villes, comme Lyon ou Marseille, pourraient encore revoir leur position, notamment si les autorités sécuritaires assouplissent leurs exigences. Dans le même temps, les organisateurs des espaces privés (Coca-Cola, Lego) devront évaluer l’affluence et la satisfaction des supporters pour ajuster leur offre. Une chose est sûre : la FFF ne compte pas abandonner son plan B des diffusions en salles de cinéma, qui pourrait bien devenir la norme pour les prochains grands événements sportifs.

Reste à savoir si cette absence de fan-zones reflète une tendance de fond ou une simple prudence passagère. Les organisateurs de la Coupe du monde 2026 devront analyser ces choix pour adapter leur stratégie lors des prochaines éditions, où l’expérience collective des supporters restera un enjeu majeur.

Les préfectures et mairies invoquent des raisons sécuritaires, notamment après les incidents survenus lors de la victoire du PSG en Ligue des champions le 30 mai 2026. À Paris, la préfecture de police a préféré ne pas prendre de risque, limitant les autorisations à des espaces privés ou clos. À Lyon, seule une éventuelle fan-zone pour la finale est envisagée, dans un lieu sécurisé.

La Fédération française de football (FFF) organise des diffusions dans des cinémas répartis dans toute la France. Par ailleurs, des sponsors comme Coca-Cola ou Lego proposent des espaces privés, comme une péniche sur la Seine ou un club au parc de la Villette à Paris, avec une capacité totale de 1 400 places.