Depuis quelques jours, les abonnés français et européens de Disney+ constatent la disparition du format Dolby Vision sur la plateforme. Cette annulation, qui s’étend au-delà de l’Hexagone, n’est pas le fruit d’un choix marketing ou technique anodin. Selon Frandroid, elle masque en réalité un litige en cours entre Disney et le groupe InterDigital, spécialisé dans la gestion des brevets vidéo.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Dolby Vision a disparu des catalogues Disney+ en France et dans plusieurs pays européens.
  • Cette suppression intervient dans un contexte de conflit commercial et technique avec InterDigital, titulaire de brevets essentiels.
  • Le Dolby Vision est un format HDR haut de gamme utilisé par Disney pour ses contenus premium.
  • InterDigital exige des redevances jugées trop élevées par Disney, selon des sources proches du dossier.
  • D’autres formats comme le HDR10 restent disponibles sur la plateforme.

Un format HDR premium en première ligne

Le Dolby Vision, développé par Dolby Laboratories, est réputé pour offrir une qualité d’image supérieure grâce à une gestion dynamique des contrastes et des couleurs. Disney+, qui mise sur des contenus haut de gamme, l’utilisait jusqu’à présent pour ses films et séries phares. Sa disparition soudaine soulève donc des questions sur l’origine de cette décision. Selon les informations recueillies par Frandroid, le conflit entre Disney et InterDigital porte sur les licences liées aux normes vidéo, notamment celles couvertes par les brevets d’InterDigital.

InterDigital, entreprise américaine cotée en Bourse, détient un portefeuille de brevets couvrant des technologies essentielles pour la diffusion de contenus en haute définition. Ces brevets, souvent qualifiés de « essentiels » car incontournables pour l’industrie, donnent à leur titulaire un pouvoir de négociation important. Dans ce cas précis, InterDigital réclamerait des redevances jugées disproportionnées par Disney, ce qui aurait conduit le géant du divertissement à retirer temporairement le Dolby Vision de sa plateforme.

Un bras de fer aux enjeux techniques et financiers

Les discussions entre les deux parties, bien que discrètes, s’inscrivent dans un contexte plus large de tensions autour des licences vidéo. Dolby Laboratories, de son côté, exige également des redevances pour l’utilisation de son format Dolby Vision. Pour Disney, la multiplication de ces exigences financières menace la rentabilité de ses services de streaming, déjà soumis à une forte concurrence (Netflix, Amazon Prime Video, Apple TV+).

Côté InterDigital, l’enjeu est tout aussi crucial : la société, qui génère une grande partie de ses revenus via ces licences, voit dans cette situation une opportunité de renforcer sa position face aux géants du numérique. « Nous cherchons à garantir une rémunération équitable pour les innovations qui sous-tendent l’expérience vidéo moderne », a déclaré un porte-parole d’InterDigital, cité par Frandroid. De son côté, Disney n’a pas encore officiellement réagi à cette suppression, se contentant de maintenir les autres formats HDR comme le HDR10 ou le HLG.

Quelles conséquences pour les abonnés ?

Pour les utilisateurs, cette disparition se traduit par une baisse notable de la qualité visuelle sur certains contenus. Le Dolby Vision, avec ses 12 bits de profondeur de couleur et sa luminosité ajustée image par image, offre une expérience bien plus immersive que les formats standards. Son retrait force donc les spectateurs à se contenter d’une qualité inférieure, même si les autres options HDR restent disponibles. Autant dire que cette mesure, si elle devait se prolonger, pourrait nuire à l’image de Disney+ auprès des cinéphiles et des amateurs de technologies avancées.

Interrogé sur l’impact pour les abonnés, un expert du secteur a souligné que « la perte du Dolby Vision pourrait inciter certains utilisateurs à se tourner vers des plateformes concurrentes offrant ce format, comme Netflix ou Apple TV+ ». Pour l’instant, Disney n’a pas communiqué sur une éventuelle restauration du service, laissant planer le doute sur la durée de cette suspension.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines s’annoncent décisives. Une réunion est prévue d’ici la fin du mois de juin entre les équipes juridiques de Disney et les représentants d’InterDigital pour tenter de trouver un terrain d’entente. Si aucun accord n’est trouvé, la situation pourrait se dégrader, avec un risque de propagation de la suppression du Dolby Vision à d’autres régions. Les abonnés européens, qui bénéficiaient jusqu’ici de ce format, seraient alors les premiers pénalisés. Reste à voir si Disney parviendra à concilier ses impératifs financiers avec les attentes de ses utilisateurs.

En attendant, les amateurs de cinéma et de séries devront composer avec une qualité d’image réduite, du moins sur certains titres. Une chose est sûre : ce bras de fer technique rappelle à quel point les enjeux des licences et des brevets façonnent désormais l’accès aux contenus, bien au-delà des simples questions de prix ou de catalogue.

Selon Frandroid, cette suppression fait suite à un désaccord entre Disney et InterDigital, qui détient des brevets essentiels pour la diffusion de contenus en haute définition. Disney juge les redevances demandées trop élevées et a préféré retirer temporairement le format pour faire pression dans les négociations.