Arte diffuse ce mardi 7 juillet à 20h40 le documentaire « Iran, la guerre intérieure », réalisé par Mortaza Behboudi et Anne-Charlotte Gourraud à partir de six mois de vidéos tournées par des activistes locaux. Selon RFI, ce film de 52 minutes met en lumière l’étouffement progressif de la modernité iranienne sous le poids d’un régime vieillissant, mais toujours dominant, renforcé par les frappes américaines et israéliennes.
Les réalisateurs ont compilé des images tournées entre janvier et mars 2026, puis étendues sur six mois, pour offrir un regard brut sur une société iranienne sous tension. Le documentaire, diffusé à une date symbolique, coïncide avec une période où Téhéran cherche à consolider son pouvoir face à une opposition de plus en plus organisée et à des pressions internationales accrues.
Ce qu'il faut retenir
- Le documentaire « Iran, la guerre intérieure », diffusé sur Arte le 7 juillet 2026, s’appuie sur six mois de vidéos tournées par des activistes iraniens.
- Réalisé par Mortaza Behboudi et Anne-Charlotte Gourraud, le film révèle l’étouffement de la modernité iranienne sous un régime autoritaire.
- Les frappes américaines et israéliennes ont « apporté un second souffle » inespéré au pouvoir iranien, selon les réalisateurs.
- Les images, tournées entre janvier et mars 2026, ont été étendues sur six mois pour refléter la réalité du terrain.
Un régime vieillissant face à une société en quête de changement
Le documentaire s’ouvre sur un constat : l’Iran moderne, avec ses aspirations démocratiques et ses élites urbaines, est écrasé par un système politique figé dans l’autoritarisme. D’après les images compilées, les manifestations, bien que réprimées dans le sang, continuent de s’organiser malgré la surveillance étroite des forces de sécurité. Mortaza Behboudi, co-réalisateur, a indiqué que ces vidéos « montrent une société qui résiste malgré tout, mais à quel prix ? »
Les réalisateurs soulignent que la répression n’a pas faibli ces dernières années, malgré les promesses de réformes. Les arrestations massives, les condamnations à mort pour des motifs politiques et la surveillance numérique généralisée restent des outils quotidiens du régime pour maintenir son emprise. Autant dire que la lutte pour les libertés fondamentales en Iran s’apparente à une guerre silencieuse, mais sans merci.
Les frappes étrangères : un effet paradoxal sur le pouvoir iranien
L’un des angles les plus marquants du documentaire réside dans l’analyse de l’impact des frappes américaines et israéliennes sur la stabilité du régime iranien. D’après Anne-Charlotte Gourraud, ces attaques ont « paradoxalement renforcé la légitimité du pouvoir en place ». En ciblant les infrastructures militaires et les sites stratégiques, Washington et Tel-Aviv ont contribué à unifier temporairement la population autour du gouvernement, au moins dans un réflexe de défense nationale.
Les réalisateurs précisent que cette dynamique a été exploitée par les autorités pour justifier une nouvelle vague de répression. « Les frappes ont servi de prétexte pour durcir la surveillance et museler toute voix dissidente », a expliqué Gourraud. Dans ce contexte, les activistes iraniens, qui filment malgré les risques, jouent un rôle clé pour documenter ces abus et les faire connaître à l’international.
La société civile iranienne : entre résistance et danger permanent
Les images tournées par les activistes révèlent une société civile iranienne résiliente, mais extrêmement vulnérable. Les journalistes citoyens, les militants des droits humains et les simples citoyens qui osent filmer les exactions du régime s’exposent à des risques considérables : arrestations arbitraires, tortures, ou disparition forcée. Behboudi a rappelé que « chaque minute de vidéo publiée peut représenter une condamnation à mort pour ceux qui l’ont tournée ».
Malgré ces dangers, les réseaux de solidarité restent actifs, notamment à travers des plateformes sécurisées pour transmettre les images hors d’Iran. Ces initiatives, bien que limitées, permettent de contourner la censure et d’informer la communauté internationale sur la réalité du terrain. Le documentaire met en lumière ces acteurs invisibles, souvent oubliés dans les grands récits géopolitiques.
Une projection spéciale est prévue à Paris le 8 juillet, suivie d’un débat avec les réalisateurs et des représentants d’ONG. L’occasion, peut-être, de rappeler que derrière les images de répression et de guerre se cachent des destins humains dont les histoires méritent d’être entendues.