La verrerie Duralex, célèbre pour ses verres incassables et dont l’usine est située à La Chapelle-Saint-Mesmin, près d’Orléans, a annoncé un arrêt de sa production pour au moins quinze jours. Cette décision, contenue dans une note interne datée du 11 juin et consultée par l’AFP, intervient alors que l’entreprise vient d’être placée sous redressement judiciaire pour la cinquième fois en vingt ans. Selon BFM Business, cette pause forcée vise à préserver la trésorerie et à réduire les charges dans l’attente de la période d’observation de six mois ordonnée par le tribunal de commerce d’Orléans.
Ce qu'il faut retenir
- Duralex, fondée en 1945, est placée en redressement judiciaire depuis le 1er juin 2026, avec une audience prévue le 2 juillet pour examiner la suite du dossier.
- La production est stoppée du 15 au 28 juin afin de limiter la consommation de matières premières et de sécuriser un chiffre d’affaires estimé à 1,4 million d’euros en commandes en retard.
- Seulement deux salariés seront nécessaires pour surveiller le four, contre dix-sept en temps normal, afin de réduire les coûts pendant cet arrêt technique.
- L’entreprise, reprise en 2024 par ses salariés sous forme de coopérative, emploie 243 personnes et a réalisé un chiffre d’affaires d’environ 30 millions d’euros en 2025.
Un cinquième redressement judiciaire en deux décennies
Fondée en 1945, Duralex est un symbole industriel français, reconnu pour ses verres réputés incassables. Pourtant, l’entreprise accumule les difficultés financières : ce redressement judiciaire marque son cinquième passage sous protection du tribunal de commerce d’Orléans depuis le début des années 2000. La période d’observation, d’une durée de six mois, a débuté le 1er juin, avec une audience décisive programmée pour le 2 juillet. BFM Business souligne que la survie de l’entreprise dépendra en partie de la réaction des banques, une incertitude majeure à ce stade.
L’arrêt de production décidé pour la deuxième quinzaine de juin s’accompagne d’une mesure sociale : les salariés ont été invités à prendre une semaine de congés à partir du 16 juin. Une décision qui vise à allier réduction des coûts et préservation de l’outil industriel. « Pendant cet arrêt, la température du four ne sera pas baissée : il tournera à vide, en circuit fermé, grâce à de la matière fondue et réinjectée », a expliqué une source proche du dossier à l’AFP. La production était déjà ralentie depuis plusieurs semaines, ce qui témoigne de la dégradation progressive de la situation.
Une coopérative en quête d’équilibre financier
Depuis 2024, Duralex est dirigée par une Scop (Société coopérative et participative), où 60 % des 243 salariés ont investi dans le capital. En 2025, l’entreprise a enregistré un chiffre d’affaires d’environ 30 millions d’euros, mais peine à atteindre le seuil de rentabilité fixé à 35-36 millions d’euros. « Pour sauver Duralex, il faut passer cette barre », avait déclaré en octobre 2025 l’ancien directeur général François Marciano, aujourd’hui remplacé en intérim par Peggy Sadier.
Un espoir est venu à l’automne dernier avec une levée de fonds ayant recueilli plus de vingt millions d’euros de promesses d’investissement. Parmi les projets en cours : la création d’une nouvelle ligne de production en partenariat avec la société Martin-Pouret. Dès 2027, les pots de moutarde de cette marque seront vendus dans des contenants Duralex, une diversification qui pourrait relancer l’activité. Pourtant, malgré ces initiatives, les défis restent immenses, comme l’a rappelé le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, lors d’une déclaration le 4 juin : « Si vous n’avez pas de clients, vous ne sauvez pas une entreprise, si vous n’avez pas de business plan solide, vous ne sauvez pas une entreprise. »
Un contexte industriel français sous tension
La situation de Duralex s’inscrit dans un paysage plus large de difficultés pour les PME industrielles françaises, notamment dans le secteur de la verrerie. Les coûts énergétiques, la concurrence internationale et les fluctuations de la demande pèsent sur des acteurs historiques comme Duralex. L’arrêt de production décidé cette semaine illustre la fragilité de ces entreprises, malgré leur savoir-faire reconnu. BFM Business rappelle que la coopérative mise sur la reprise des commandes en retard pour maintenir un flux de trésorerie minimal, mais la route vers la stabilité reste incertaine.
Les observateurs soulignent que le sort de Duralex dépendra de plusieurs facteurs : la capacité des banques à accompagner l’entreprise, l’efficacité des mesures d’urgence mises en place, et la réalisation des projets de diversification. Autant dire que l’issue reste ouverte, dans un contexte où les marges de manœuvre se réduisent chaque jour.
En attendant, la coopérative devra aussi compter sur la confiance de ses clients et partenaires pour pérenniser son activité. Les promesses d’investissement recueillies en 2025 pourraient-elles se concrétiser ? Rien n’est moins sûr, alors que l’entreprise doit désormais faire ses preuves dans un marché toujours plus concurrentiel.
Duralex a été placée en redressement judiciaire en raison de difficultés financières récurrentes, avec un cinquième dossier de ce type en vingt ans. La décision intervient après plusieurs années de ralentissement de la production et une incapacité à atteindre le seuil de rentabilité nécessaire, estimé entre 35 et 36 millions d’euros de chiffre d’affaires.
Les 243 salariés de l’usine sont directement concernés par la crise. Bien que 60 % d’entre eux aient investi dans la coopérative en 2024, la situation financière précaire de l’entreprise expose leurs emplois à un risque accru. L’arrêt de production pour deux semaines vise à réduire les coûts, mais une liquidation ou une restructuration lourde pourrait entraîner des suppressions de postes.