Invitée ce lundi 8 juin dans l’émission Good Morning Business sur BFM Business, Emmanuelle Assouan, secrétaire générale de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), a détaillé les missions de supervision des banques et des compagnies d’assurance en France. Face à Laure Closier, elle a également évoqué les priorités actuelles de l’institution, notamment en matière de cybersécurité et d’adaptation aux risques climatiques. L’entretien, diffusé à partir de 9h25, s’inscrit dans un contexte où les régulateurs financiers doivent concilier innovation et stabilité du système.
Selon BFM Business, l’émission a permis de revenir sur les actions menées par l’ACPR pour renforcer la résilience du secteur financier face aux nouvelles menaces. Ces échanges interviennent alors que les institutions européennes et françaises ajustent leurs cadres réglementaires pour anticiper les risques systémiques.
Ce qu'il faut retenir
- L’ACPR, autorité de supervision française, supervise l’ensemble des banques et compagnies d’assurance opérant en France, soit plus de 700 entités.
- Parmi ses priorités, la cybersécurité occupe une place centrale, avec un accent mis sur la protection des données et la prévention des cyberattaques.
- L’assurance liée aux risques climatiques, en plein essor, fait l’objet d’un accompagnement spécifique pour adapter les modèles aux nouvelles réalités environnementales.
- L’institution joue un rôle clé dans la prévention des crises systémiques, en collaboration avec la Banque centrale européenne (BCE) et l’Autorité bancaire européenne (EBA).
- L’entretien a été diffusé ce lundi 8 juin dans Good Morning Business, l’émission quotidienne de BFM Business animée par Laure Closier.
L’ACPR, pilier de la stabilité financière en France
Créée en 2010, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution est l’instance française chargée de veiller à la stabilité du système bancaire et assurantiel. Elle exerce ses missions sous l’égide de la Banque de France et en coordination avec les autorités européennes. Selon Emmanuelle Assouan, son rôle s’étend désormais à des enjeux de plus en plus complexes, à l’image de la digitalisation des services financiers ou de l’évolution des risques climatiques.
Lors de son intervention, la secrétaire générale a souligné que l’ACPR contrôle près de 700 banques et 300 compagnies d’assurance, des chiffres qui illustrent l’ampleur de son champ d’action. Elle a également rappelé que l’autorité dispose de pouvoirs étendus, allant de l’agrément des acteurs à la sanction en cas de manquement aux règles prudentielles.
Cybersécurité et risques climatiques : deux défis majeurs pour le secteur
Parmi les thèmes abordés, la cybersécurité s’impose comme un sujet brûlant. Les récents incidents ayant touché des établissements financiers en Europe et aux États-Unis ont rappelé la vulnérabilité du secteur. Selon BFM Business, Emmanuelle Assouan a indiqué que l’ACPR multiplie les audits et les exercices de simulation pour tester la réactivité des acteurs face à une cybermenace. En 2025, près de 40 % des incidents déclarés par les banques françaises étaient liés à la cybersécurité, selon des données internes de l’autorité.
Côté assurances, l’adaptation aux risques climatiques constitue un autre chantier prioritaire. Avec l’augmentation des événements météorologiques extrêmes, les modèles actuels doivent être révisés pour refléter une réalité en mutation. La secrétaire générale a précisé que l’ACPR travaille à l’élaboration de scénarios de stress tests spécifiques, en collaboration avec les assureurs et les réassureurs, afin d’évaluer leur capacité à absorber les chocs futurs.
Une régulation en constante évolution
L’intervention d’Emmanuelle Assouan s’inscrit dans un contexte réglementaire en pleine mutation. En Europe, l’entrée en vigueur de nouvelles directives, comme le règlement DORA (Digital Operational Resilience Act), renforce les obligations des acteurs financiers en matière de gestion des risques technologiques. En France, l’ACPR participe activement à la transposition de ces textes, tout en adaptant ses propres lignes directrices.
La secrétaire générale a également évoqué les travaux en cours pour renforcer la transparence des produits financiers, notamment ceux liés à la finance durable. D’ici fin 2026, l’ACPR prévoit de publier un rapport sur l’intégration des critères ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance) dans les stratégies des banques et assurances, afin d’éclairer les investisseurs et les régulateurs.
Un dialogue permanent avec les acteurs du secteur
L’entretien a aussi permis de mettre en lumière la méthode de travail de l’ACPR, qui repose sur un dialogue constant avec les professionnels du secteur. Emmanuelle Assouan a insisté sur l’importance des échanges en amont, avant même la publication de nouvelles règles. « Nous privilégions une approche collaborative, où les acteurs sont associés dès la conception des dispositifs », a-t-elle déclaré. Cette philosophie vise à éviter les effets de surprise et à faciliter l’adoption des mesures par les établissements supervisés.
Cette approche s’applique également aux fintechs et aux nouveaux acteurs de la finance, dont l’essor impose une adaptation des cadres existants. L’ACPR a d’ailleurs lancé, en 2024, un programme dédié aux innovations financières, afin d’accompagner ces structures dans leur développement tout en garantissant la protection des consommateurs.
L’entretien d’Emmanuelle Assouan sur BFM Business offre ainsi un éclairage précieux sur les défis qui attendent le secteur financier français. Entre innovation, régulation et adaptation aux risques systémiques, l’ACPR se positionne comme un acteur central pour garantir la stabilité d’un système en pleine transformation.
L’ACPR dispose de pouvoirs étendus, allant de l’avertissement à la sanction pécuniaire, voire à la révocation de l’agrément d’un établissement. Les montants des amendes peuvent atteindre plusieurs millions d’euros, selon la gravité des manquements. En 2025, l’autorité a infligé des sanctions totalisant plus de 15 millions d’euros à des banques et assurances.