Investir 50 euros par mois dans un ETF pendant 40 ans ne permettrait pas d’atteindre le million à la retraite, selon Anthony Petitpas, créateur de contenus financiers et expert en placements. Dans une intervention sur BFM Business, il rappelle que les rendements espérés sont souvent surévalués, notamment en raison des frais de change, de la fiscalité et des plafonds des enveloppes d’investissement comme le PEA.

Ce qu'il faut retenir

  • Un rendement annuel de 10 %, souvent cité pour les ETF, ne s’applique pas systématiquement en France, où les performances sont influencées par les taux de change et la fiscalité locale.
  • Anthony Petitpas estime que le rendement réel, après prise en compte des prélèvements sociaux et fiscaux, se situe plutôt autour de 7 % par an.
  • Le PEA, enveloppe d’investissement populaire pour les ETF, plafonne les versements, rendant difficile l’atteinte d’un capital de 1 million d’euros.
  • Après impôts, un investissement de 50 euros mensuels sur 40 ans générerait environ 131 000 euros, loin du million espéré.
  • Les ETF, bien que diversifiés, restent des produits financiers à risque, pouvant entraîner une perte partielle ou totale du capital investi.

Les ETF, un outil d’investissement en vogue, mais aux limites méconnues

Les Exchange Traded Funds (ETF) sont devenus un placement prisé des jeunes investisseurs, séduits par leurs frais réduits et leur accessibilité. Selon BFM Business, ces fonds indiciels, qui répliquent la performance d’un indice boursier comme le S&P 500, promettent des rendements élevés, parfois annoncés jusqu’à 10 % par an grâce aux intérêts composés. Cependant, cette estimation ne tient pas compte des spécificités du marché français.

Anthony Petitpas, interrogé par la chaîne, rappelle que les gains en dollars des ETF américains doivent être convertis en euros, ce qui réduit mécaniquement les rendements. « On prend souvent l’exemple des ETF du S&P 500 et des gains en dollars. En France, il faut déjà se rappeler qu’il y a le taux de change », explique-t-il. Par ailleurs, la fiscalité applicable aux ETF en France — notamment la flat tax de 31,4 % depuis le 1er janvier 2026 — grignote significativement les profits.

Un rendement réel bien inférieur aux promesses des simulateurs

L’expert souligne que les calculateurs en ligne omettent souvent deux éléments clés : le taux de change et les prélèvements sociaux. « Il y a un sujet de fiscalité autour des ETF », précise-t-il, ajoutant que le rendement annuel net se situerait plutôt autour de 7 %, contre les 10 % parfois affichés. Ce différentiel, bien que modeste en apparence, a un impact majeur sur le capital final.

Pour illustrer son propos, Anthony Petitpas a réalisé une simulation : investir 50 euros par mois dans un ETF pendant 40 ans à un rendement de 7 % après impôts rapporterait environ 131 000 euros. Un montant très éloigné du million d’euros souvent brandi dans les discours marketing. « Même si le PEA est une enveloppe intéressante, il y a des prélèvements sociaux à payer, ce qui n’est pas souvent mis en avant sur des simulateurs », déplore-t-il.

Le PEA, une enveloppe utile mais aux contraintes rédhibitoires

Le Plan d’épargne en actions (PEA), souvent présenté comme un outil idéal pour investir dans des ETF, présente deux limites majeures. D’abord, son plafond de versement — actuellement fixé à 150 000 euros — rend illusoire l’accumulation d’un capital de 1 million, même avec des rendements élevés. Ensuite, les gains réalisés dans un PEA sont soumis à des prélèvements sociaux, réduisant encore la rentabilité nette.

Anthony Petitpas insiste sur ce point : « Cela devrait être mis en avant pour que ce soit plus réaliste pour l’investisseur ». Les simulateurs en ligne, en ne prenant pas en compte ces prélèvements, donnent une vision biaisée de la performance réelle des ETF logés dans un PEA. Pour l’expert, ces outils devraient intégrer systématiquement les coûts fiscaux afin d’éviter les déceptions au moment de la liquidation.

Les ETF ne sont pas des placements sans risque

Malgré leur popularité, les ETF restent des produits financiers classiques, soumis aux aléas des marchés. Contrairement à une idée reçue, ils ne garantissent pas un capital préservé. « Les investisseurs peuvent donc perdre de manière partielle ou totale leur capital en fonction du niveau de risque pris », rappelle BFM Business. Cette mise en garde est d’autant plus importante que les jeunes investisseurs, souvent novices, sous-estiment les risques liés à la volatilité boursière.

Pour limiter ces risques, les experts recommandent une diversification du portefeuille. Cela peut passer par l’investissement dans des ETF couvrant différents secteurs d’activité, zones géographiques ou classes d’actifs (actions, obligations). Une stratégie prudente permet de lisser les performances et de réduire l’impact d’un krach boursier sur un seul marché.

Et maintenant ?

La fiscalité des ETF en France pourrait évoluer dans les prochaines années, notamment avec la révision des taux de prélèvements sociaux ou des abattements applicables. Les investisseurs sont invités à se tenir informés des modifications législatives, notamment celles prévues pour 2027, qui pourraient impacter leur stratégie d’épargne. Par ailleurs, l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) pourrait renforcer les obligations d’information des plateformes proposant des ETF, afin de mieux sensibiliser les épargnants aux risques et aux coûts réels.

Comment investir dans un ETF sans se tromper ?

Pour les épargnants souhaitant se lancer, plusieurs précautions s’imposent. D’abord, il est conseillé de comparer les frais de gestion des différents ETF, certains courtiers en ligne proposant des tarifs plus compétitifs que les banques traditionnelles. Ensuite, la diversification reste la clé pour limiter les risques — un portefeuille composé à 100 % d’un seul ETF du S&P 500, par exemple, serait particulièrement exposé à une chute du marché américain.

Enfin, il est recommandé de fixer un objectif réaliste en fonction de son profil de risque et de sa situation financière. Les plateformes comme Bourse Direct, Fortuneo ou eToro proposent des outils de simulation intégrant la fiscalité, permettant d’affiner ses projections. « Il est essentiel de ne pas se laisser aveugler par les promesses de rendements mirobolants », conclut Anthony Petitpas.

Selon Anthony Petitpas, le rendement net après fiscalité et prélèvements sociaux se situe autour de 7 % par an, contre 10 % parfois affichés dans les simulations non ajustées. Ce taux peut varier en fonction de l’enveloppe d’investissement utilisée (PEA, assurance-vie, compte-titres) et des prélèvements applicables.

C’est très improbable. Le PEA plafonne à 150 000 euros de versements, et même avec un rendement annuel de 7 %, un investissement de 50 euros par mois pendant 40 ans générerait environ 131 000 euros. Pour atteindre le million, il faudrait soit investir des montants bien supérieurs, soit diversifier ses enveloppes (assurance-vie, compte-titres) ou accepter un niveau de risque plus élevé.