Fin 2008, alors que le monde financier vacille après la faillite de Lehman Brothers, Fabrice Zerah, 27 ans, se retrouve sans emploi ni épargne. Sans diplôme – il avait échoué au concours de médecine – et sans filet de sécurité, il décide pourtant de fonder sa propre entreprise à Gennevilliers (Hauts-de-Seine). Selon Capital, ce pari audacieux s’est transformé en un succès retentissant : son entreprise, spécialisée dans les solutions de traçabilité des marchandises via des puces RFID, affiche aujourd’hui un chiffre d’affaires de 24 millions d’euros en 2024 et vient de lever 70 millions d’euros en décembre 2025 pour accélérer sa croissance.
Ce qu'il faut retenir
- En 2008, Fabrice Zerah, 27 ans, se lance dans l’entrepreneuriat juste après la crise financière déclenchée par la faillite de Lehman Brothers.
- Il crée une entreprise à Gennevilliers spécialisée dans la traçabilité RFID, sans diplôme ni apport financier significatif.
- En 2024, son activité atteint un chiffre d’affaires de 24 millions d’euros, malgré un contexte économique toujours marqué par les séquelles de la crise de 2008.
- En décembre 2025, il lève 70 millions d’euros pour soutenir son développement, un tour de force dans un secteur concurrentiel.
- Dans un livre, il explique avoir pu réussir grâce aux aides à la création d’entreprise disponibles en France.
Un parcours semé d’embûches
Fabrice Zerah n’a pas choisi la voie de l’entrepreneuriat par hasard. À l’époque, la start-up dans laquelle il travaillait et dans laquelle il avait investi ses économies a fait faillite, le laissant sans ressources. « À 27 ans, j’avais tout perdu : mon travail, mon argent, et même mon espoir de devenir médecin », confie-t-il à Capital. Pourtant, au lieu de se résigner, il décide de rebondir en créant sa propre structure. Côté financement, il n’a pas eu la tâche facile. « Les banques étaient alors extrêmement frileuses, même en 2009 », explique-t-il. Malgré ce contexte, il parvient à convaincre des investisseurs et à lancer son activité dans la traçabilité RFID, une technologie alors émergente mais promise à un bel avenir.
Cette période charnière de sa vie, marquée par l’échec de son ancien employeur et par la crise financière mondiale, aurait pu le décourager définitivement. Pourtant, c’est précisément ce contexte qui l’a poussé à innover et à prendre des risques calculés. « La crise m’a appris à être résilient et à voir les opportunités là où les autres ne voient que des problèmes », souligne-t-il. Une philosophie qui, visiblement, porte ses fruits.
Une croissance fulgurante malgré les défis
Treize ans après sa création, l’entreprise de Fabrice Zerah a connu une croissance régulière, malgré les aléas économiques des années 2010 et 2020. En 2024, son chiffre d’affaires atteint 24 millions d’euros, un seuil qui témoigne de la viabilité de son modèle. Mais c’est en décembre 2025 que l’aventure prend une nouvelle dimension : il annonce une levée de fonds de 70 millions d’euros, un montant qui place son entreprise parmi les pépites françaises de la tech.
Cette levée de fonds, selon lui, doit lui permettre d’accélérer son développement à l’international et d’investir dans l’intelligence artificielle pour améliorer ses solutions de traçabilité. « Aujourd’hui, les nouvelles technologies comme l’IA ou les réseaux sociaux rendent la création d’entreprise bien plus accessible, même pour ceux qui, comme moi, n’ont pas de diplôme », explique-t-il. Une affirmation qui résonne comme un hommage aux dispositifs d’accompagnement à la création d’entreprise en France.
Les aides publiques, un levier clé de sa réussite
Dans un livre qu’il a récemment publié, Fabrice Zerah revient sur les mécanismes qui lui ont permis de réussir. Il insiste particulièrement sur le rôle des aides publiques à la création d’entreprise, un soutien qu’il juge indispensable pour les entrepreneurs sans capital initial. « Sans les dispositifs comme l’ACRE (ex-ACCRE) ou les prêts à taux zéro, je n’aurais jamais pu me lancer », reconnaît-il. Ces aides, combinées à une gestion rigoureuse, ont été déterminantes pour franchir les premières années, souvent les plus critiques pour une jeune entreprise.
Par ailleurs, il met en avant l’importance de l’écosystème entrepreneurial français, où les incubateurs et les pépinières d’entreprises jouent un rôle clé. « À Gennevilliers, j’ai bénéficié d’un accompagnement local qui m’a permis de structurer mon projet et de trouver mes premiers clients », précise-t-il. Autant dire que son parcours illustre l’importance des politiques publiques en faveur de l’innovation et de l’emploi.
Un modèle inspiré par les nouvelles technologies
Fabrice Zerah est convaincu que les nouvelles technologies vont révolutionner la création d’entreprise. Dans ses interviews, il cite régulièrement l’intelligence artificielle et les réseaux sociaux comme des outils qui démocratisent l’accès à l’entrepreneuriat. « Avant, il fallait un réseau, un diplôme ou des fonds importants pour se lancer. Aujourd’hui, avec l’IA, on peut automatiser une partie de son activité et toucher une audience mondiale en quelques clics », explique-t-il. Une vision optimiste qu’il partage dans ses interventions médiatiques, où il encourage les jeunes entrepreneurs à se lancer, quel que soit leur parcours académique.
Cette confiance dans la technologie s’est traduite concrètement dans son entreprise. En intégrant des solutions basées sur l’IA à ses puces RFID, il a pu améliorer la précision et l’efficacité de ses services. Résultat : ses clients, majoritairement des industriels et des logisticiens, bénéficient d’une traçabilité en temps réel de leurs marchandises, un atout majeur dans un contexte de mondialisation des chaînes d’approvisionnement.
Sur le plan personnel, Fabrice Zerah continue de militer pour une meilleure reconnaissance des entrepreneurs autodidactes. Il intervient régulièrement dans des conférences et participe à des programmes d’accompagnement pour partager son expérience. « Mon histoire prouve qu’avec de la détermination et les bons outils, on peut réussir sans diplôme », conclut-il. Une affirmation qui, dans un pays où l’entrepreneuriat reste un parcours semé d’embûches, mérite d’être entendue.
La traçabilité RFID (Radio Frequency Identification) est une technologie qui permet d’identifier et de suivre des objets à distance grâce à des puces électroniques. Ces puces, contrairement aux codes-barres, peuvent être lues sans contact et à plusieurs mètres de distance, ce qui les rend idéales pour la logistique, la gestion des stocks ou le suivi des produits dans la supply chain. Fabrice Zerah a développé des solutions logicielles et matérielles pour exploiter cette technologie à grande échelle.