Alors que le Montpellier Hérault Rugby (MHR) s’apprête à disputer ce samedi sa quatrième finale de Top 14 de son histoire, son manager Joan Caudullo aborde cette rencontre face au Stade Toulousain avec une approche résolument pragmatique. Comme le rapporte RMC Sport, l’ancien demi de mêlée mise sur une préparation axée sur la récupération et la maîtrise de la pression, malgré l’enjeu exceptionnel d’une confrontation directe avec l’un des clubs les plus titrés du rugby français.

Montpellier, second au classement général à l’issue de la phase régulière, tente de briser la dynamique d’un Toulouse qui domine depuis des décennies les phases finales. Avec 11 finales remportées sur les 11 dernières disputées, les Rouge et Noir incarnent l’excellence, mais Caudullo entend apporter une dose de réalisme dans cette préparation. Pour lui, l’objectif est clair : éviter que son équipe ne soit perçue comme un simple figurant face à l’ogre toulousain.

Ce qu'il faut retenir

  • Quatrième finale de Top 14 pour Montpellier, la première remontant à 2011 contre Toulouse.
  • Joan Caudullo mise sur une semaine de préparation « normale », sans dramatiser l’enjeu, pour préserver la fraîcheur physique et mentale de ses joueurs.
  • Toulouse détient un bilan parfait en finales de Top 14, avec 11 victoires en 11 finales disputées depuis 2011.
  • Montpellier a déjà battu Toulouse cette saison lors du match aller, un exploit que Caudullo compte réitérer.
  • Le MHR arrive en finale avec un bilan de 23 victoires en 26 matchs cette saison, synonyme d’une dynamique positive.

Une préparation axée sur la récupération et la fraîcheur

À six jours de la finale, Joan Caudullo insiste sur la nécessité de préserver ses joueurs d’un entraînement trop intense. « On va essayer de faire une semaine normale, en travaillant ce qu’on a l’habitude de faire, ce qui nous a permis d’être second au classement », a-t-il expliqué à RMC Sport. Selon lui, la fraîcheur physique sera un atout clé, d’autant que Montpellier dispose d’un jour de récupération de moins que Toulouse. « On a un gros combat à mener là-dessus pour ne serait-ce que rester dans le match jusqu’à la 80e minute. »

Le manager souligne également l’importance de maintenir un état d’esprit serein au sein du groupe. « Si on dit que c’est un match différent, peut-être qu’ils vont l’aborder différemment. C’est ça qui va me gêner », a-t-il ajouté. Pour Caudullo, l’enjeu est de ne pas tomber dans le piège d’une dramatisation excessive, qui pourrait nuire à la performance collective. « On est à 23 victoires sur 26 matchs. Si on dit que c’est un match différent, peut-être qu’ils vont l’aborder différemment. »

Montpellier face à l’invincibilité toulousaine

La question de la capacité de Montpellier à rivaliser avec Toulouse se pose avec acuité. Le Stade Toulousain, habitué aux grands rendez-vous, représente un défi de taille. « Toulouse a l’habitude de gagner ces rendez-vous. Qui a plus l’habitude de gagner que de perdre sur ces rendez-vous », rappelle Caudullo. Pourtant, le manager mise sur la possibilité de surprendre Toulouse, comme l’a fait Bordeaux en fin de saison, en alignant une équipe compétitive malgré des enjeux européens. « On savait qu’en mettant la plus grosse équipe possible, et en mettant les ingrédients qu’il faut pour gagner un match de rugby, on pouvait le faire parce qu’ils n’étaient peut-être pas à 100%. »

Montpellier a déjà prouvé sa capacité à rivaliser avec Toulouse cette saison, en s’imposant lors du match aller. « On a réussi à faire au match aller contre Toulouse. Donc, nous, l’objectif, c’est d’être à 100%. Et puis après, on verra. » Pour Caudullo, la clé réside dans la capacité de son équipe à dominer physiquement Toulouse, une équipe réputée pour son jeu de mouvement et sa puissance collective.

Un collectif soudé et une dynamique positive

Avec un bilan de 23 victoires en 26 matchs cette saison, Montpellier arrive en finale avec une dynamique rare. Caudullo insiste sur l’importance de se concentrer sur ses propres forces plutôt que sur les faiblesses de l’adversaire. « Si on commence à regarder Toulouse, on va faire comme a fait le Racing, parce que le Racing qui a joué contre Toulouse n’est pas celui qui a joué contre Pau. Nous, c’est l’erreur à ne pas faire. »

Parmi les joueurs clés de cette saison, Domingo Miotti et Alexandre Becognée occupent une place centrale. Miotti, qui n’avait presque pas joué la saison dernière, s’est imposé comme l’un des meilleurs demis d’ouverture du championnat. « Je ne pensais pas que ce joueur-là allait réaliser une saison comme ça », a reconnu Caudullo. De son côté, Becognée, bien que moins médiatisé, est décrit comme « indispensable » pour son impact défensif et sa capacité à perturber le jeu adverse. « Il a des courses exceptionnelles, des choses qu’on ne voit pas, les tâches obscures. C’est un joueur qui a l’ADN et ce qu’on veut faire transpirer. »

Une finale perçue comme un défi, pas comme un rêve

Si l’enjeu est de taille, Joan Caudullo refuse de considérer cette finale comme un rêve. « Quand on est coach, j’ai envie de gagner, donc c’est sûr que c’est toujours difficile de jouer Toulouse, avec les stats dont vous avez parlé, donc je ne pense pas que ce soit une finale rêvée pour moi. » Pour lui, l’objectif est avant tout de jouer avec ambition, sans rien céder. « Je n’ai pas envie qu’on passe pour des cons. J’accepte qu’une équipe soit meilleure que nous et puisse gagner un match. Mais je n’ai pas envie qu’on rende les armes. Et j’ai envie qu’on perde les armes à la main, tout simplement. »

Sur le plan tactique, Caudullo anticipe un affrontement physique et intense. Toulouse, réputé pour sa domination dans les phases finales, mise sur une puissance collective et un jeu de mouvement. « Toulouse va mettre du jeu de mouvement, qu’ils vont nous faire péter. Toulouse, avant tout, en phase finale, c’est une équipe qui domine l’adversaire physiquement et surtout devant. » La capacité de Montpellier à résister à cette pression physique sera déterminante.

Et maintenant ?

La finale du Top 14 opposera Montpellier au Stade Toulousain ce samedi 28 juin 2026, au Stade de France. Si Montpellier l’emporte, le club inscrira son nom au palmarès pour la première fois depuis 2011. Pour Toulouse, une nouvelle victoire renforcerait son statut de club le plus titré de l’histoire du championnat. Les observateurs s’attendent à un affrontement physique et tactique, où la fraîcheur physique pourrait faire la différence.

Quels que soient les résultats, cette saison restera marquée par la résurgence de Montpellier parmi l’élite du rugby français. Pour Caudullo, l’enjeu dépasse la simple victoire. « Quand le président m’a demandé de prendre le poste de manager il y a deux ans maintenant, c’était vraiment mon objectif prioritaire. Et aujourd’hui, c’est sûr que quoi qu’il arrive samedi, c’est réalisé. » Une saison qui, quoi qu’il advienne, aura redéfini l’image du club.

C’est la quatrième finale de Top 14 de l’histoire du club, la première remontant à 2011. Montpellier affronte le Stade Toulousain, club le plus titré de l’histoire de la compétition, avec un bilan de 11 finales remportées sur les 11 dernières disputées.

Le manager mise sur une semaine de préparation « normale », sans dramatiser l’enjeu, pour préserver la fraîcheur physique et mentale de ses joueurs. Il insiste sur la nécessité de rester concentré sur ses propres forces plutôt que sur les faiblesses de l’adversaire.