Un rapprochement entre le fonds d'investissement britannique Sparta Capital et les Girondins de Bordeaux semble se dessiner, mais plusieurs obstacles juridiques et financiers pourraient encore retarder l'opération. Selon RMC Sport, la Métropole de Bordeaux a confirmé vendredi 13 juin 2026 son « intérêt » pour ce projet de reprise du club, actuellement en National 2, tout en soulignant que « les conditions demandées par l'acquéreur potentiel ne sont pas possibles aujourd'hui ».

Ce qu'il faut retenir

  • Un fonds britannique, Sparta Capital, souhaite racheter les Girondins, détenus par Gérard Lopez, évoluant en National 2.
  • La Métropole de Bordeaux, propriétaire du Stade Atlantique, bloque le projet sur trois points majeurs : une procédure judiciaire pour impayés, les loyers du stade et l'acquisition future du stade et du centre d'entraînement.
  • Les loyers impayés s'élèvent à 19,7 millions d'euros, tandis que les Girondins, autrefois six fois champions de France, sont passés de la Ligue 1 au National 2 en cinq ans.
  • Thomas Cazenave, maire de Bordeaux et président de la Métropole, a rappelé que « la situation financière de la collectivité est critique » et que « c'est le contribuable qui paierait » en cas d'abandon de la procédure.
  • Les Girondins doivent présenter leurs comptes à la DNCG le 30 juin 2026 pour valider leur situation financière.

Un projet de reprise ambitieux face à des exigences financières et juridiques

Fondé en 2021 à Londres par le Français Franck Tuil, le fonds Sparta Capital a exprimé son souhait de racheter les Girondins de Bordeaux, un club au passé glorieux mais actuellement en grande difficulté. Selon RMC Sport, Sparta Capital propose une augmentation de capital pour acquérir une large part des actions détenues par Gérard Lopez, l'homme d'affaires hispano-luxembourgeois à la tête du club depuis 2021. Pourtant, malgré l'intérêt manifesté par la Métropole de Bordeaux, plusieurs points bloquants subsistent, rendant l'aboutissement de cette transaction incertain dans l'immédiat.

Parmi les trois principaux désaccords, la Métropole refuse catégoriquement de renoncer à une procédure judiciaire visant à récupérer 19,7 millions d'euros de loyers impayés liés au Stade Atlantique. Cette dette repose sur une lettre d'intention signée par Gérard Lopez, qui s'était porté garant en cas d'impayés. Thomas Cazenave, maire de Bordeaux et président de la Métropole, a justifié cette position en déclarant :

« Il n'est pas possible pour un exécutif de la Métropole de s'asseoir sur une procédure judiciaire pour 20 millions d'euros alors que la situation financière de la Métropole est critique et que c'est le contribuable qui paierait. »

Loyer du stade et acquisition des infrastructures : deux autres sujets de tension

Outre la question des impayés, Sparta Capital souhaite réduire le loyer annuel du Stade Atlantique, actuellement fixé à 1 million d'euros, à 400 000 euros. Une proposition que la Métropole juge « inacceptable » dans le contexte actuel. Par ailleurs, le fonds britannique envisage, à terme, d'acquérir le Stade Atlantique ainsi que le centre d'entraînement du Haillan, tous deux propriété de la mairie de Bordeaux. Pour sécuriser cette option, Sparta Capital a proposé une location sur cinq ans pour un montant total de 40 millions d'euros pour le stade et 10 millions d'euros pour le Haillan. Des montants que la Métropole considère comme trop bas au regard de la valeur réelle de ces infrastructures.

Thomas Cazenave a tenu à préciser que la collectivité reste « ouverte à la discussion », mais que ces trois points « sont difficiles » pour l'exécutif. Il a également rappelé que Gérard Lopez conserve le pouvoir de céder le club indépendamment des négociations en cours avec la Métropole, soulignant ainsi la complexité d'une situation où plusieurs parties détiennent des leviers d'action.

Un club en pleine reconstruction sportive et financière

Les Girondins de Bordeaux, autrefois sextuples champions de France, traversent une période difficile depuis leur relégation de Ligue 1 en 2021. Le club, désormais en National 2 (4e division), a connu une descente aux enfers marquée par des déboires sportifs et financiers. En 2025, un plan de continuation validé par le tribunal de commerce a permis de réduire la dette du club, passée d'environ 100 millions d'euros à 26 millions d'euros. Gérard Lopez a abandonné 40 millions d'euros de créances en échange d'une « clause de retour à meilleure fortune » en cas de remontée en football professionnel.

Malgré ces efforts, les Girondins n'ont pas réussi à obtenir la promotion en National (3e division) lors des deux dernières saisons. Leur prochaine échéance sportive s'annonce donc cruciale, avec une audience devant la DNCG (Direction nationale du contrôle de gestion) prévue le 30 juin 2026. Cet organisme de la Fédération française de football (FFF) devra statuer sur la santé financière du club et valider ou non sa participation au championnat de National pour la saison 2026-2027.

Et maintenant ?

Si les négociations entre Sparta Capital et la Métropole de Bordeaux devaient aboutir, une augmentation de capital serait nécessaire pour permettre au fonds de prendre le contrôle du club. Cependant, plusieurs scénarios restent possibles : un abandon des exigences les plus contestées par la Métropole, une médiation pour trouver un compromis, ou encore une interruption des discussions. Dans tous les cas, la situation financière des Girondins et leur capacité à obtenir une promotion en National d'ici la fin de la saison seront déterminantes. La prochaine réunion avec la DNCG, prévue fin juin, pourrait jouer un rôle clé dans l'avenir du club bordelais.

En parallèle, la Métropole de Bordeaux, qui a récupéré la gestion du Stade Atlantique à l'été 2025, devra trancher sur les modalités de location ou de cession des infrastructures. Ces décisions pourraient avoir un impact durable sur le club et son environnement économique. Reste à savoir si les parties parviendront à surmonter leurs divergences avant que les Girondins ne soient confrontés à une nouvelle échéance sportive ou financière.

La Métropole bloque sur trois points principaux : l'abandon d'une procédure judiciaire pour récupération de 19,7 millions d'euros de loyers impayés, la réduction du loyer annuel du Stade Atlantique de 1 million d'euros à 400 000 euros, et l'acquisition à terme du Stade Atlantique et du centre d'entraînement du Haillan pour des montants jugés trop bas.

Les Girondins, autrefois six fois champions de France, ont vu leur dette réduite à 26 millions d'euros grâce à un plan de continuation validé en juin 2025. Gérard Lopez a abandonné 40 millions d'euros de créances en échange d'une clause de retour à meilleure fortune. Le club évolue désormais en National 2 (4e division) et doit présenter ses comptes à la DNCG le 30 juin 2026.