Selon Franceinfo - Sport, le renoncement de Nice à organiser le tournoi de hockey masculin a contraint le Comité d’organisation des Jeux des Alpes françaises 2030 (Cojop) à trouver un nouveau site en urgence. Paris et Lyon ont finalement été retenus pour accueillir les épreuves de hockey sur glace, officialisées le 19 juin 2026 par le Cojop.
Ce qu'il faut retenir
- Nice, initialement choisie pour le pôle glace incluant hockey, patinage et curling, a abandonné le projet en mars 2026 après l’élection d’Eric Ciotti comme maire, qui a rejeté l’utilisation de l’Allianz Riviera pour le hockey masculin.
- Lyon a été désignée comme nouveau centre névralgique du pôle glace le 19 juin 2026, après avoir convaincu le Cojop de la pertinence de ses infrastructures, dont la LDLC Arena, déjà opérationnelle.
- Paris, qui avait déposé deux candidatures spontanées pour les tournois masculin et féminin, n’a pas été retenue pour le pôle glace, malgré ses arguments sur son savoir-faire olympique et ses salles déjà existantes comme l’Accor Arena et l’Adidas Arena.
- Le projet initial prévoyait une répartition géographique des sites, inspirée du modèle italien de Milan-Cortina 2026, mais les contraintes techniques et politiques ont imposé un recentrage sur Lyon.
Nice abandonne le pôle glace : un changement de maire qui bouleverse les Jeux
En novembre 2023, Christian Estrosi, alors maire de Nice, présentait fièrement le projet olympique, avec sa ville comme pôle glace central pour les Jeux des Alpes françaises 2030. Ce pôle devait inclure le hockey sur glace, le patinage artistique, le short-track et le curling, ainsi que le village des athlètes et la cérémonie de clôture. Mais l’élection municipale de mars 2026 a tout changé : Eric Ciotti, nouveau maire, a remis en cause le projet, notamment l’utilisation de l’Allianz Riviera, stade de l’OGC Nice, pour le tournoi de hockey masculin.
Pour Eric Ciotti, il était « impensable » de priver le club de Ligue 1 de son enceinte pendant plusieurs mois. Il a proposé une patinoire au Palais des expositions et un village olympique sur une ancienne caserne, mais ces solutions ont été jugées insuffisantes par les experts. Renaud Muselier, président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, a critiqué un projet « trop cher et mal pensé », soulignant l’impossibilité de transformer des équipements existants en sites olympiques en quelques mois.
Lyon et Paris en lice pour sauver les épreuves de hockey
Face à l’impasse niçoise, le Cojop s’est tourné vers Paris et Lyon, deux villes disposant d’infrastructures adaptées. Selon Franceinfo - Sport, le bureau exécutif du Cojop a donné mandat dès juin 2026 pour négocier avec Lyon, qui est devenue la solution privilégiée pour le pôle glace. Alexandre Aulas, président de la société exploitante de la LDLC Arena, a rappelé que sa salle était « déjà opérationnelle » et que Lyon accueillera même les championnats du monde de hockey sur glace en 2028, en collaboration avec Paris.
De son côté, Paris avait déposé deux candidatures spontanées en avril 2026 pour les tournois masculin et féminin, via l’Accor Arena et l’Adidas Arena. Marie Barsacq, directrice générale de Paris Entertainment Company, avait mis en avant l’expérience des Jeux de Paris 2024 et la possibilité d’installer une patinoire éphémère à l’Adidas Arena. Cependant, la candidature parisienne a été écartée au profit de Lyon, en raison notamment de la cohérence territoriale recherchée par le Cojop.
Les arguments de Lyon : une salle clé en main et une logique régionale
Le choix de Lyon s’explique par plusieurs atouts : la LDLC Arena, avec ses 11 126 places, est prête à accueillir les compétitions sans travaux lourds. La métropole lyonnaise a aussi proposé une patinoire secondaire pour les matchs restants, répondant ainsi au cahier des charges du Cojop. Alexandre Aulas a souligné la « cohérence territoriale » du projet, permettant un accès facile aux autres sites olympiques alpins depuis Lyon.
Cette décision a été saluée par Grégory Doucet, maire de Lyon, qui a évoqué le 30 mai 2026 un projet « honorant » sa ville. Il a proposé d’installer le village des athlètes dans le quartier de la Confluence, à proximité immédiate des équipements sportifs. Cependant, Pierre-Yves Gerbeau, président de la Fédération française de hockey (FFHG), a regretté l’absence de patinoire en héritage, un projet initialement prévu à Nice pour atteindre le « carbone zéro ».
Paris écarté : une décision politique et technique
Malgré ses arguments, Paris n’a pas été retenue pour le pôle glace. Laurent Wauquiez, député de Haute-Loire et ancien président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, s’est opposé publiquement à une candidature parisienne, affirmant le 23 mai 2026 : « Ça ne sera pas ailleurs que dans nos régions ». Pierre-Yves Gerbeau a nuancé : « Il s’agit des Jeux des Alpes françaises, et cela fait plus de sens d’avoir tout dans un seul secteur ».
Fabrice Pannekoucke, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, a expliqué que la nécessité de regrouper le pôle glace (pour éviter de séparer hockey masculin et féminin) avait rendu la solution lyonnaise incontournable. « Les considérations sportives et techniques se sont imposées », a-t-il déclaré le 2 juin 2026 au journal L’Équipe. Renaud Muselier a quant à lui évoqué le 1er juin un « gâchis incroyable », estimant que la perte du pôle glace à Nice entraînait celle du village des athlètes et de la cérémonie de clôture.
Un héritage olympique compromis pour le hockey français
Avec le choix de Lyon, le projet niçois de patinoire vertueuse et durable est abandonné. Pierre-Yves Gerbeau a rappelé que la France manquait cruellement d’infrastructures modernes : « Nous avons 26 000 licenciés aujourd’hui, et nous estimons atteindre 30 000 en 2030 ». Il espère encore influencer le Cojop pour qu’un héritage olympique soit accordé au hockey, malgré l’absence de patinoire permanente dans le projet final.
Le hockey français, en pleine croissance, comptait sur ce projet pour moderniser ses installations. La LDLC Arena et les solutions éphémères lyonnaises répondront aux besoins des Jeux, mais sans laisser de trace physique durable pour le sport local. Une opportunité manquée pour une discipline en expansion, selon la FFHG.
Les Jeux des Alpes françaises 2030 devraient réunir près de 3 000 athlètes dans 10 sports, dont le hockey sur glace, le ski alpin et le biathlon. La cérémonie d’ouverture est prévue le 6 février 2030 à Albertville, lieu historique des Jeux de 1992, selon le calendrier officiel révélé en février 2026.
Le nouveau maire d’alors, Eric Ciotti, a refusé d’utiliser l’Allianz Riviera, stade de l’OGC Nice, pendant plusieurs mois pour installer une patinoire. Il a proposé des alternatives jugées insuffisantes par les experts, notamment en raison des délais et des exigences techniques des Jeux olympiques.
Le Cojop doit valider définitivement la carte des sites d’ici septembre 2026, après consultation du CIO et de la Fédération internationale de hockey. Les travaux d’aménagement des infrastructures éphémères à Lyon devraient commencer en 2028, avec une livraison prévue avant les Jeux.