Ce jeudi 11 juin 2026, l’émission BFM Bourse, diffusée quotidiennement sur BFM Business, a accueilli plusieurs experts pour analyser les mouvements des marchés et les enjeux économiques du moment. Parmi les invités figuraient Vincent Auriac, président d’Axylia, aux côtés d’analystes, de journalistes et de traders. Au cœur des échanges, une affirmation a particulièrement retenu l’attention : selon certains commentaires relayés dans les médias, « le shipping souffrirait des conflits internationaux ». Vincent Auriac a tenu à corriger cette analyse, qualifiant cette idée de fausse, comme le rapporte BFM Business.
Ce qu'il faut retenir
- Vincent Auriac, président d’Axylia, a démenti l’idée selon laquelle « le shipping souffrirait des conflits internationaux », la qualifiant de false.
- L’émission BFM Bourse était présentée par Guillaume Sommerer et diffusée le 11 juin 2026 sur BFM Business.
- Plusieurs sujets ont été abordés, dont la hausse des taux de la BCE, l’impact du Mondial 2026 sur les marchés, et les opportunités d’investissement dans les voitures autonomes.
- Gilles Moëc, chef économiste du Groupe AXA, a évoqué la hausse des taux de 25 points de base de la BCE et le durcissement monétaire de la Fed.
- La forte demande pour l’IPO de SpaceX et son sursouscription par les particuliers ont également été soulignées.
Une analyse nuancée des impacts géopolitiques sur le shipping
Lors de son intervention dans BFM Bourse, Vincent Auriac a pris le contrepied d’une affirmation souvent relayée ces dernières semaines. Selon lui, les conflits internationaux n’ont pas d’impact direct et massif sur le secteur du shipping, contrairement à ce que certains observateurs pourraient laisser penser. « Cette affirmation est fausse », a-t-il déclaré sans détour. Il a expliqué que le transport maritime, bien que globalisé, dispose de mécanismes de résilience face aux tensions géopolitiques. « Les routes commerciales s’adaptent, et les acteurs du secteur savent contourner les zones à risque », a-t-il précisé.
Cette analyse s’inscrit dans un contexte où les tensions commerciales et les conflits régionaux (notamment en mer Rouge et en mer de Chine méridionale) alimentent régulièrement les craintes d’un ralentissement des échanges maritimes. Pourtant, Vincent Auriac a rappelé que le shipping reste un pilier de l’économie mondiale, avec des capacités d’ajustement rapides. « Les compagnies maritimes réorganisent leurs itinéraires en temps réel, et les coûts supplémentaires sont souvent répercutés sur les clients », a-t-il ajouté. Autant dire que l’impact des conflits sur les tarifs reste limité, même s’il existe des surcoûts ponctuels.
Les autres sujets marquants de l’émission BFM Bourse
Outre cette clarification sur le shipping, l’émission a couvert plusieurs thèmes majeurs pour les investisseurs. Gilles Moëc, chef économiste du Groupe AXA, a détaillé la décision de la Banque centrale européenne (BCE) d’augmenter ses taux de 25 points de base. Cette mesure s’inscrit dans un contexte de durcissement monétaire à l’échelle mondiale, avec la Réserve fédérale américaine (Fed) qui adopte une posture similaire. « La BCE cherche à maîtriser l’inflation tout en évitant un frein trop brutal à la croissance », a-t-il expliqué.
Autre point saillant : l’impact du Mondial 2026 sur les marchés financiers. Frédéric Rozier, co-responsable de la gestion de portefeuille chez Mirabaud, a souligné que cet événement sportif majeur pourrait générer un surplus de croissance pour les États-Unis, notamment grâce aux investissements dans les infrastructures et le tourisme. « Les marchés anticipent déjà une dynamique positive, mais les retombées réelles dépendront de l’ampleur des dépenses publiques et de l’afflux de visiteurs », a-t-il indiqué.
Des opportunités d’investissement sous les projecteurs
Roland Kaloyan, responsable de la stratégie Actions Européennes chez Société Générale CIB, a mis en avant le potentiel des voitures autonomes. Selon lui, ce secteur, encore émergent, offre des perspectives de croissance à long terme. « Les investisseurs peuvent se positionner via des actions de constructeurs ou des fonds spécialisés dans les nouvelles technologies », a-t-il conseillé. Il a également évoqué les défis réglementaires et technologiques qui persistent, tout en soulignant que les avancées récentes (notamment en matière d’IA et de capteurs) accélèrent la maturation du marché.
Côté corporate, Joffrey Ouafqa, directeur des gestions chez Auris Gestion, a analysé la note favorable accordée par Bank of America à ASMI, un acteur clé des semi-conducteurs. Il a également pointé du doigt X-FAB, une entreprise dont le potentiel dans ce secteur reste sous-évalué par le marché. « Ces valeurs bénéficient d’un regain d’intérêt, notamment en raison de la demande croissante en puces électroniques », a-t-il précisé. Enfin, l’IPO de SpaceX a une nouvelle fois fait l’objet d’une forte demande, avec une sursouscription record de la part des particuliers. « Cet engouement reflète la confiance des investisseurs dans les projets spatiaux privés », a-t-il conclu.
Les marchés sous tension : Oracle chute et l’or sous pression
Dans sa chronique USA Today, Vincent Guenzi, gérant de portefeuille chez Cholet Dupont Oudart, a analysé les récentes turbulences sur les marchés technologiques. Oracle a notamment enregistré une chute marquée, en raison des inquiétudes sur ses dépenses en capital (Capex) liées à l’intelligence artificielle. « Les investisseurs redoutent que les marges de l’entreprise ne se contractent face à des investissements massifs et encore incertains », a-t-il expliqué. Cette situation illustre les tensions persistantes dans le secteur tech, où la valorisation des entreprises dépend de plus en plus de leur capacité à innover rapidement.
Parallèlement, Gilles Santacreu, trader algorithmique et administrateur de Boursikoter.com, a abordé la situation de l’or, dont le cours poursuit son mouvement baissier à moyen terme. Il a attribué cette tendance à la fermeté des taux d’intérêt et à la reprise de la croissance économique, qui réduisent l’attrait de l’or comme valeur refuge. « La zone de résistance sur l’indice CAC 40 reste un seuil clé à surveiller pour les traders », a-t-il ajouté.
L’émission BFM Bourse reste un rendez-vous incontournable pour les acteurs des marchés, offrant chaque jour une analyse fine des tendances économiques et financières. Les prochaines éditions devraient notamment revenir sur les résultats semestriels des grandes entreprises et l’impact des Jeux Olympiques de Los Angeles 2028, déjà perçus comme un catalyseur potentiel pour l’économie américaine.
Selon Vincent Auriac, le secteur du shipping dispose de mécanismes de résilience qui lui permettent de s’adapter rapidement aux tensions géopolitiques. Les compagnies maritimes ajustent leurs itinéraires et répercutent les surcoûts ponctuels sur leurs clients, limitant ainsi l’impact global sur le marché.