Le taux du Livret A pourrait passer de 1,5 % à 1,8 % à compter du 1er août 2026, selon la formule de calcul habituelle qui prend en compte l’accélération de l’inflation. Cette perspective a été confirmée ce jeudi par Olivier Sichel, directeur général du groupe Caisse des Dépôts, lors d’un entretien sur Public Sénat, comme le rapporte BFM Business.
Ce qu'il faut retenir
- Le taux du Livret A devrait atteindre 1,8 % en août 2026, contre 1,5 % actuellement, en raison de la hausse de l’inflation.
- Cette révision dépend d’une formule arithmétique basée sur la moyenne entre l’inflation et les taux courts.
- L’inflation en France a atteint 2,4 % sur un an en mai 2026, tirée notamment par la hausse des prix de l’énergie.
- La décision finale revient au ministre de l’Économie et des Finances, après avis du gouverneur de la Banque de France.
- L’encours total des Livrets A s’élève à 445,2 milliards d’euros, malgré un recul de 1,28 milliard en avril 2026.
Une hausse liée à l’inflation et à la formule de calcul
Selon Olivier Sichel, la formule de calcul du taux du Livret A « prend la moyenne entre l’inflation et les taux courts », ce qui donne un résultat « aux alentours de 1,8 % ». « On s’attend à ce que le taux qui est fixé par le ministre de l’Économie et des Finances soit remonté le mois prochain », a-t-il déclaré. L’inflation, qui s’établissait à 2,4 % en mai 2026, a été fortement influencée par la hausse des prix de l’énergie, elle-même liée au contexte géopolitique au Moyen-Orient. Bref, la mécanique de révision du taux, bien que mécanique, reflète une réalité économique préoccupante.
La décision finale ne revient pas à la Caisse des Dépôts, mais au ministre de l’Économie et des Finances. « Je pense qu’il suivra la formule, mais c’est sa décision qu’il prend après avis du gouverneur de la Banque de France en fonction des paramètres économiques », a précisé Olivier Sichel. Cette procédure s’inscrit dans un cadre réglementaire strict, où l’État joue un rôle clé dans la fixation des taux réglementés.
Un contexte économique marqué par une épargne record et des inquiétudes des ménages
La Banque de France a récemment révélé que l’épargne financière des Français avait atteint un niveau historiquement élevé, avec un total de 6 590,5 milliards d’euros à fin décembre 2025. Pour Olivier Sichel, cette tendance reflète « une inquiétude » des ménages face à un environnement économique « qui s’obscurcit ». « Les Français sont inquiets parce que la conjoncture économique s’obscurcit et donc ils ont un réflexe d’épargner », a-t-il analysé. Autant dire que la prudence domine dans un contexte marqué par l’incertitude.
Pour autant, le directeur général de la Caisse des Dépôts a nuancé ce constat en soulignant un autre aspect : « J’y vois aussi une opportunité parce qu’un pays qui a beaucoup d’épargne, c’est un pays qui a une grosse capacité d’investissement ». Cette remarque met en lumière le double visage de l’épargne française : à la fois un indicateur de précaution et un levier potentiel pour l’économie.
L’État exclut tout prélèvement sur l’épargne des Français
Face aux craintes d’une utilisation de l’épargne des ménages pour réduire la dette publique, Olivier Sichel a tenu à rassurer : « La Caisse des dépôts gère l’épargne des Français. C’est leur épargne, ce n’est pas des impôts, c’est très différent ». Cette clarification vise à lever toute ambiguïté sur la gestion des fonds placés sur les Livrets A, dont la vocation est strictement réglementée et protégée.
Cette précision s’inscrit dans un contexte où les Français ont tendance à diversifier leurs placements. En avril 2026, ils ont retiré 1,28 milliard d’euros des Livrets A, privilégiant des produits d’épargne plus rémunérateurs. Malgré ce recul, l’encours total des Livrets A reste très élevé, à 445,2 milliards d’euros, répartis sur près de 58 millions de comptes.
Les prochaines étapes avant la décision finale
La fixation du nouveau taux du Livret A interviendra mi-juillet 2026, après consultation du gouverneur de la Banque de France. Le ministre de l’Économie et des Finances disposera alors de tous les éléments nécessaires pour trancher, en tenant compte des paramètres économiques en vigueur. « Ce n’est pas la Caisse des dépôts qui le fixe. C’est une formule arithmétique », a rappelé Olivier Sichel, soulignant le caractère objectif de la décision.
Si la formule aboutit à un taux de 1,8 %, cette hausse resterait modeste comparée à l’inflation actuelle. Elle permettrait néanmoins de préserver le pouvoir d’achat des épargnants, dans un contexte où chaque point de pourcentage compte. Reste à savoir si le gouvernement suivra strictement la mécanique de calcul ou s’il optera pour une solution intermédiaire.
En attendant, les Français conservent un niveau d’épargne élevé, signe d’une prudence persistante face à un environnement économique toujours aussi incertain.