Le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a réaffirmé mardi 8 juillet 2026, lors d’une visite dans le sud du Liban occupé par Israël, que l’armée israélienne ne se retirerait pas de la région tant que le Hezbollah « nous menace ». Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions persistantes entre les deux belligérants, malgré les tentatives de médiation internationale.
Ce qu'il faut retenir
- Benyamin Netanyahou a affirmé que l’armée israélienne resterait dans le sud du Liban « tant que la menace n’aura pas disparu » et tant que le Hezbollah sera présent et armé.
- Deux gardiens de la révolution iraniens ont été tués dans une attaque armée dans l’ouest de l’Iran, selon les médias d’État.
- L’Iran et les États-Unis doivent tenir des discussions techniques au Qatar cette semaine, mais sans négociations directes.
- Les funérailles de l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême iranien, débuteront samedi à Téhéran et dureront six jours.
- Les deux camps ont échangé des frappes ces derniers jours, fragilisant le protocole d’accord signé mi-juin entre Téhéran et Washington.
Netanyahou maintient la présence israélienne au Liban pour contrer la menace du Hezbollah
Lors d’une visite dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, Benyamin Netanyahou a confirmé la position de son gouvernement : « Notre position est claire : nous ne quitterons pas le sud du Liban tant que la menace n’aura pas disparu », a-t-il déclaré devant des troupes israéliennes, selon une vidéo diffusée par son bureau. Le premier ministre a ajouté : « Et tant que le Hezbollah, armé, sera présent ici et nous menacera, nous resterons ici ».
Cette annonce s’inscrit dans un contexte où les affrontements entre l’armée israélienne (Tsahal) et le Hezbollah libanais se poursuivent depuis le 2 mars 2026, faisant près de 4 000 morts côté libanais et une quarantaine côté israélien, principalement des soldats. Selon le chroniqueur du Figaro Renaud Girard, cette guerre interminable « fragilise l’accord beaucoup plus large entre l’Amérique et l’Iran, signé à Versailles par le président Trump le 17 juin 2026 ».
L’Iran et les États-Unis en pourparlers techniques au Qatar cette semaine
Les tensions entre l’Iran et les États-Unis, marquées par des échanges de frappes ces derniers jours, ont conduit à l’annonce de réunions cette semaine au Qatar. Cependant, les positions des deux camps diffèrent quant à la nature de ces discussions. Téhéran évoque des « rencontres techniques » sans négociations directes avec Washington, tandis que la Maison-Blanche parle de « réunions de haut niveau ».
D’après CNN, les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner se sont rendus à Doha mardi 8 juillet pour rencontrer des médiateurs qataris. « Ils ne sont pas ici pour des négociations avec les Iraniens », a précisé le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al Ansari. « Les discussions porteront sur l’ensemble des questions régionales, y compris les négociations avec l’Iran et le Liban ».
Le président américain Donald Trump a écrit sur son réseau Truth Social : « L’IRAN A DEMANDE UNE RÉUNION. ELLE AURA LIEU DEMAIN (mardi) À DOHA ! ». Peu après, la porte-parole de la Maison-Blanche Karoline Leavitt a confirmé sur Fox News l’envoi de l’équipe américaine pour des « réunions de haut niveau ».
Tensions internes en Iran : deux gardiens de la révolution tués dans une attaque
Mardi 8 juillet, deux membres du corps des gardiens de la révolution iraniens ont été tués par balle dans la ville de Paveh, située dans l’ouest de l’Iran, près de la frontière avec la région autonome du Kurdistan irakien. Selon la télévision publique iranienne, il s’agit d’un « acte terroriste et lâche ». Deux autres membres des gardiens ont également été blessés, et l’identité des auteurs reste inconnue.
L’Iran a accusé régulièrement des groupes séparatistes kurdes opérant près de la frontière d’être impliqués dans des attaques similaires, les soupçonnant d’entretenir des liens avec les États-Unis et Israël. Par ailleurs, dans la ville de Saravan, au Sistan-Baloutchistan (sud-est), une attaque contre une famille a fait un mort et un blessé, selon la télévision d’État. Les autorités iraniennes ont évoqué des « mercenaires sionistes-américains » sans fournir plus de détails.
Préparatifs des funérailles de l’ayatollah Ali Khamenei à Téhéran
À Téhéran, les préparatifs pour les funérailles nationales de l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême iranien décédé après près de 37 ans de direction, battent leur plein. Les cérémonies, initialement prévues début mars, ont été reportées en raison de la guerre. Elles débuteront samedi 11 juillet et dureront six jours.
La dépouille de l’ayatollah sera exposée à partir de samedi à la Mosalla de Téhéran, un vaste complexe conçu pour les grandes prières et commémorations. Des portraits géants de Khamenei couvrent la façade du site, tandis que des ouvriers finissent les derniers préparatifs sous haute sécurité. Selon Ali-Akbar Pourjamshidian, un responsable de l’organisation, « un autre objectif de ces funérailles est de renforcer la cohésion nationale et l’unité entre les différentes composantes politiques, sociales et religieuses du pays autour du rôle central du guide ».
Fragilité du protocole d’accord Iran-États-Unis et tensions régionales
Le protocole d’accord signé mi-juin entre l’Iran et les États-Unis pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient reste fragile. Selon un responsable américain cité par l’AFP, les deux camps ont décidé de cesser leurs attaques, mais des violations du cessez-le-feu ont eu lieu ces derniers jours. L’Iran a menacé de répondre systématiquement à toute violation du protocole : « Aucune action ne restera sans réponse. Tout acte d’agression contre la République islamique d’Iran entraînera une riposte immédiate », a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï lors d’une conférence de presse.
Le détroit d’Ormuz, point stratégique pour le trafic maritime, cristallise également les tensions. Les deux attaques de navires de ce week-end ont ralenti le trafic, avec seulement 29 bateaux ayant franchi le détroit samedi et 12 dimanche, contre un nombre bien plus élevé les jours précédents. L’Iran a répété qu’il n’y aurait pas de retour à la situation d’avant-guerre et menace les navires tentant de contourner l’itinéraire autorisé.
Reste à voir si les canaux de communication actuellement opérationnels suffiront à éviter une reprise des hostilités ou si, au contraire, les provocations de part et d’autre mèneront à une nouvelle dégradation de la situation.
Les deux pays doivent tenir des discussions techniques au Qatar cette semaine, mais sans négociations directes. L’Iran insiste sur le caractère technique de ces rencontres, tandis que les États-Unis parlent de réunions de haut niveau. Aucune date précise pour une éventuelle reprise des négociations politiques n’a été annoncée.
Selon Benyamin Netanyahou, l’armée israélienne restera dans le sud du Liban tant que le Hezbollah sera présent et armé, car il représente une menace pour Israël. Cette position reflète la crainte israélienne d’une reprise des attaques du Hezbollah après tout retrait.