Selon Le Figaro, une violente explosion a retenti lundi 30 juin 2026 vers 21 heures dans un immeuble résidentiel de la rue Révérend Père Louis Frolla, à Monaco, près de la frontière française. L’engin explosif, déposé par un suspect non identifié, a blessé trois personnes, dont un oligarque ukrainien résidant à Monaco, Vadim Ermolaev, et deux membres de sa famille. Le procureur général de Monaco, Stéphane Thibault, a ouvert une enquête pour tentative d’assassinat et dépôt sur la voie publique d’engin explosif.

Ce qu'il faut retenir

  • Une explosion survient le 30 juin 2026 vers 21 heures dans un immeuble monégasque, blessant trois personnes d’une même famille ukrainienne, dont l’oligarque Vadim Ermolaev.
  • Le suspect, vu en train de déposer un colis piégé, aurait pris la fuite vers la France, selon les autorités monégasques et françaises.
  • Les enquêteurs privilégient la piste ukrainienne, évoquant un possible lien avec le SBU, les services de renseignement ukrainiens.
  • Une quarantaine de gendarmes français et deux hélicoptères ont été mobilisés pour les recherches.
  • Trois victimes sont hospitalisées : les parents en urgence absolue, l’adolescent dans un état moins grave.

Une attaque ciblée dans un quartier résidentiel de Monaco

L’explosion s’est produite dans un immeuble situé rue Révérend Père Louis Frolla, un quartier résidentiel proche de la place des Moulins et de la frontière française. Selon les premiers éléments de l’enquête, rapportés par Le Figaro, le suspect aurait déposé un colis piégé dans le hall de l’immeuble avant de s’enfuir à pied en direction de Beausoleil, commune française limitrophe. Peu après, le colis a explosé, blessant grièvement trois occupants du rez-de-chaussée.

Les victimes, une famille ukrainienne, ont été immédiatement prises en charge par les secours. Les deux parents, âgés d’une cinquantaine d’années, ont été transportés en urgence absolue vers le CHU Pasteur de Nice, tandis que leur fils adolescent, légèrement blessé, a été conduit à l’hôpital pédiatrique Lenval. Quatre autres personnes, touchées par des éclats de verre, ont également été soignées sur place. Le dispositif d’urgence « plan rouge » a été déclenché par les autorités.

Un oligarque ukrainien sous le feu des projecteurs

Selon les informations recueillies par Le Figaro, la cible présumée de l’attentat serait Vadim Ermolaev, un oligarque ukrainien de 58 ans, résident monégasque depuis 2021. Ancien citoyen ukrainien, il avait obtenu un passeport chypriote en 2019 et figurait depuis décembre 2023 sur la liste des sanctions personnelles décidées par Kiev. Spécialisé dans l’industrie, l’immobilier, le secteur dentaire, l’agroalimentaire et surtout les spiritueux, Ermolaev était associé au surnom ironique de « bataillon de Monaco », désignant les oligarques ukrainiens installés sur la Côte d’Azur.

Ses activités et ses liens avec l’Ukraine ont fait de lui une figure controversée. En décembre 2023, son fils avait été arrêté à Chypre dans une affaire de centre d’appels frauduleux à Kiev. Malgré ces éléments, le procureur général de Monaco a indiqué que « nous n’avons aucune enquête le concernant à Monaco, et à notre connaissance il n’est pas recherché par une autorité étrangère ».

La piste ukrainienne privilégiée par les enquêteurs

D’après plusieurs sources concordantes citées par Le Figaro, les enquêteurs s’orientent vers une implication des services de renseignement ukrainiens, le SBU. L’attaque serait davantage perçue comme une mise en garde que comme une tentative d’homicide délibérée. Kiev a d’ailleurs confirmé avoir pris contact avec les autorités monégasques après l’attentat, sans pour autant confirmer l’identité des victimes.

Le procureur général Stéphane Thibault a refusé de commenter cette piste, soulignant que l’identification formelle de l’auteur de l’attentat était encore en cours. Les autorités monégasques, en collaboration avec leurs homologues français, poursuivent activement le suspect, dont la cavale pourrait le mener vers l’Italie, à seulement une douzaine de kilomètres de Beausoleil. Une quarantaine de gendarmes français, deux hélicoptères ainsi qu’une quinzaine d’enquêteurs du Service interdépartemental de la police judiciaire des Alpes-Maritimes ont été mobilisés pour les recherches.

Un choc pour les habitants de Monaco

L’explosion a provoqué une onde de choc dans la principauté, habituellement épargnée par ce type d’événements. Plusieurs riverains ont témoigné de leur effroi devant la violence de la déflagration. Une habitante de 49 ans, arrivée à Monaco il y a douze ans, a raconté : « Nous étions en train de regarder le match quand on a entendu le bruit de l’explosion. C’était comme la guerre dans la rue. Avec ma voisine, on a retrouvé des bouts de mur sur nos balcons. »

Un touriste hongrois, hébergé à proximité, a comparé le bruit à « un coup de tonnerre ». Malgré les dégâts visibles sur la façade de l’immeuble, la vie a repris son cours dans la principauté, où des policiers circulent en permanence et où un camion de la police scientifique reste stationné devant l’entrée du bâtiment.

Et maintenant ?

Les autorités monégasques et françaises maintiennent une coopération étroite pour localiser le suspect, dont la cavale pourrait le mener vers l’Italie ou d’autres pays européens. L’enquête, ouverte pour tentative d’assassinat et dépôt d’engin explosif, devrait permettre d’identifier plus précisément les motivations de l’attentat. D’ici les prochains jours, les résultats des analyses balistiques et des investigations sur le colis pourraient apporter des éléments décisifs.

Réactions et mobilisation des autorités

Le ministre d’État de Monaco, Christophe Mirmand, a exprimé sa solidarité envers les victimes et leurs proches, saluant l’engagement des forces de l’ordre et des services de secours. Le préfet des Alpes-Maritimes a également manifesté son soutien, évoquant une « très forte pensée pour les victimes » et une coopération « importante et complète » entre les deux pays.

Côté ukrainien, le ministère des Affaires étrangères a indiqué avoir pris contact avec les autorités monégasques, sans confirmer l’identité des victimes ni évoquer la piste privilégiée par les enquêteurs. L’attentat, inédit dans l’histoire de Monaco, suscite des interrogations sur l’insécurité croissante liée aux rivalités entre oligarques et aux tensions géopolitiques.

L’enquête se poursuit sous haute tension, avec la certitude que l’identification du suspect pourrait intervenir « assez vite », selon les propos du procureur général Stéphane Thibault.

Vadim Ermolaev est un oligarque ukrainien de 58 ans, résident monégasque depuis 2021. Il a bâti sa fortune dans l’immobilier, l’industrie et les spiritueux, et figurait depuis décembre 2023 sur la liste des sanctions personnelles décidées par le gouvernement ukrainien de Volodymyr Zelensky. Son fils a également été impliqué dans une affaire de fraude à Chypre. Selon les enquêteurs, l’attentat pourrait être une mise en garde liée à ses liens avec l’Ukraine, voire une vengeance ciblée.