Le Racing 92 s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire en demi-finales du Top 14, un exploit rendu possible par la gestion rigoureuse de Patrice Collazo, rapporte RMC Sport. Arrivé en février 2025 avec une mission de sauvetage, le manager a su transformer un groupe en crise en une équipe soudée et combative, retrouvant ainsi le dernier carré de la compétition pour la première fois depuis 2023.

Ce qu'il faut retenir

  • Patrice Collazo a été recruté en février 2025 pour sauver le Racing 92, alors 12e avec seulement deux points d’avance sur la zone de relégation.
  • Le club, maintenu dans l’élite à la fin mai 2025, a prolongé son contrat de deux saisons après avoir retrouvé les demi-finales du Top 14.
  • La philosophie du manager repose sur trois piliers : l’engagement, l’état d’esprit et la solidarité, avec un rugby tourné vers le combat collectif.
  • Le Racing 92 a enchaîné cinq victoires consécutives en fin de saison, dont celles face à Toulon, Clermont, Toulouse et Pau, pour décrocher sa place en demi-finales.
  • Patrice Collazo s’appuie sur un staff soudé, incluant Frédéric Michalak, Joe Rokocoko et Olivier Azam, son adjoint et ancien coéquipier.

Une mission de sauvetage couronnée de succès

En février 2025, le Racing 92 traverse une période critique. Classé 12e du Top 14 avec seulement deux points d’avance sur la zone rouge, le club est au bord du précipice. C’est dans ce contexte que le président Jacky Lorenzetti fait appel à Patrice Collazo, alors manager de Montpellier. Son objectif ? Éviter la relégation, une mission qu’il avait déjà menée à bien à Montpellier lors de la saison 2023-2024 en remportant le barrage d’accession face à Grenoble avant de quitter le club. À Brive, il n’était resté qu’une saison, illustrant un style de management court et intense, presque commando.

Mais au Racing 92, Collazo a su adapter sa méthode. « Cette année au cœur du projet, c’était l’âme et la mentalité », a-t-il déclaré à la veille de la demi-finale face à Toulouse. « Une fois qu’on avait ça : une bonne âme et une bonne mentalité, on savait que le beau jeu viendrait après. » Une approche qui a rapidement porté ses fruits, selon son adjoint Olivier Azam, qui évoque un « bon club au bon moment ».

Une transformation basée sur des valeurs simples

Le manager a insufflé au groupe une philosophie centrée sur l’engagement, l’état d’esprit et la solidarité. Fini l’ère des « Galactiques » champions de France en 2016, place à un Racing conquérant, « concasseur de défense », selon les mots du talonneur Jannick Tarrit. « Le rugby reste un sport de combat collectif. Patrice a ramené un peu ça dans notre philosophie, notre état d’esprit », explique-t-il. « On a un dénominateur commun de combattivité et il faut le garder. »

Cette transformation s’est accompagnée d’une gestion pragmatique du groupe. Collazo a insisté sur la solidité à domicile, évitant les défaites inutiles au sein de l’enceinte parisienne. Même après une défaite face à La Rochelle le 10 mai 2026, le club a su se ressaisir, enchaînant cinq victoires d’affilée contre Toulon, Clermont, Toulouse et Pau. Une résilience qui a scellé sa place en demi-finales.

Un leadership apprécié pour son authenticité

Patrice Collazo est connu pour son franc-parler, une caractéristique qui séduit autant qu’elle peut déstabiliser. « Je me souviens du moment où j’ai pris mon carton rouge à Toulouse en novembre 2025 », raconte Jannick Tarrit. « J’ai trouvé sa manière de gérer la situation assez dure, mais avec le recul, je me dis que ça m’a servi. Ça m’a permis de prendre du recul et de me remettre en question. Je pense que c’est quelqu’un d’authentique, quelqu’un de vrai. »

Cette authenticité, combinée à un leadership affirmé, a permis de fédérer le groupe. Maxime Baudonne, troisième ligne du Racing 92, souligne le changement opéré par Collazo : « Je connaissais sa réputation, mais je pense qu’il a beaucoup évolué ces dernières années. Il est beaucoup plus calme maintenant. Son envie principale, c’est que le groupe s’entende bien et qu’il y ait une bonne ambiance. » Une évolution remarquée, notamment après des épisodes passés où son tempérament avait pu être plus explosif, comme à Gloucester en 2016.

Un staff soudé et une méthode éprouvée

Pour mener à bien sa mission, Patrice Collazo s’est entouré d’une équipe expérimentée. Frédéric Michalak et Joe Rokocoko, déjà présents au club, ont été maintenus à leurs postes. Il a également fait appel à Olivier Azam, son adjoint et entraîneur des avants, qu’il connaît depuis leurs années communes à Gloucester au début des années 2000. « Patrice, c’est quelqu’un qui, dans son management, est beaucoup dans l’affect. Il est très proche des joueurs », explique Azam. « Il est capable de leur dire quand il n’est pas content, mais aussi de leur montrer qui il est vraiment en interne. »

Cette proximité, combinée à une exigence constante, a permis de créer une dynamique collective forte. « Il trace une voie claire », confie Jannick Tarrit. « Reste à voir jusqu’où cette voie, encombrée par la présence du Stade Toulousain, peut mener les Franciliens. »

Et maintenant ?

Le Racing 92 affronte le Stade Toulousain en demi-finales du Top 14, un adversaire redoutable qui a dominé la phase régulière. Si Collazo a réussi à redonner confiance à un groupe en crise, la tâche s’annonce plus ardue face à un club habitué aux sommets. La rencontre, prévue le 21 juin 2026 à 21h05, s’annonce comme un test grandeur nature pour cette équipe en pleine reconstruction. Quant à Patrice Collazo, son avenir au club est désormais assuré jusqu’en 2028, laissant présager une nouvelle ère pour le Racing 92.

Pour Collazo et ses joueurs, l’enjeu est désormais de poursuivre sur cette lancée, en gardant intacte la mentalité qui a permis au club de renaître. Une demi-finale à Toulouse, même perdue, pourrait marquer le début d’un nouveau cycle pour le Racing 92, redevenu une équipe à suivre de près.

Patrice Collazo a été recruté en février 2025 pour sauver le Racing 92 de la relégation. Il a réussi à maintenir le club dans l’élite à la fin mai 2025, puis a prolongé son contrat de deux saisons après avoir qualifié le club pour les demi-finales du Top 14 en juin 2026.

La philosophie de Patrice Collazo repose sur trois piliers : l’engagement, l’état d’esprit et la solidarité. Il prône un rugby tourné vers le combat collectif, en mettant l’accent sur la combattivité et la cohésion du groupe plutôt que sur le talent individuel.