Lancé en juillet 2016 par Niantic, l’éditeur américain spécialisé dans les jeux mobiles géolocalisés, Pokémon Go a marqué l’histoire du gaming en transformant les rues des villes en arènes de chasse virtuelle. Selon Futura Sciences, ce phénomène mondial a depuis lors généré plus de 8 milliards de dollars de revenus, attirant des millions de joueurs à travers le globe. Pourtant, dix ans après sa sortie, une question intrigante émerge : ce jeu populaire pourrait-il, sans que ses utilisateurs en aient conscience, contribuer à l’entraînement de drones militaires ?

Ce qu'il faut retenir

  • Pokémon Go, développé par Niantic, est sorti en juillet 2016 et a généré plus de 8 milliards de dollars de revenus.
  • Le jeu utilise la géolocalisation et la réalité augmentée pour faire interagir les joueurs avec des créatures virtuelles dans l’espace réel.
  • Une théorie suggère que les données collectées via le jeu pourraient servir à l’entraînement de drones militaires.
  • Les données de géolocalisation, couplées à des images de zones urbaines et rurales, sont précieuses pour les systèmes de navigation autonome.
  • Niantic n’a jamais confirmé ni infirmé cette hypothèse, maintenant un silence sur les usages potentiels de ses données.

Un jeu qui a révolutionné l’industrie du mobile

Dès son lancement, Pokémon Go a connu un succès immédiat. Selon les données compilées par Futura Sciences, le jeu a dépassé les 500 millions de téléchargements dans les trois premiers mois, devenant ainsi l’application mobile la plus rentable de l’histoire à l’époque. Son mécanisme repose sur la géolocalisation des joueurs, qui doivent se déplacer physiquement pour capturer des créatures virtuelles dispersées dans des lieux réels. Cette approche innovante a non seulement popularisé le concept de réalité augmentée, mais elle a aussi généré une quantité colossale de données spatiales et environnementales.

Ces données, collectées en temps réel, incluent des informations sur les rues, les bâtiments, les parcs et d’autres infrastructures urbaines et rurales. Autant dire que, pour les entreprises spécialisées dans la cartographie ou la navigation autonome, ces données représentent une mine d’or. Mais pour certains observateurs, elles pourraient aussi intéresser des acteurs bien plus sensibles que les simples développeurs de jeux vidéo.

Des données précieuses pour la défense et l’industrie

La géolocalisation et la modélisation 3D des environnements urbains et naturels sont au cœur des systèmes de navigation des drones et des véhicules autonomes. Comme le rapporte Futura Sciences, des entreprises comme Niantic, qui collecte des données détaillées sur des millions de lieux à travers le monde, pourraient, sans le vouloir, fournir des outils indispensables à des acteurs militaires ou industriels. En effet, les images et les données de mouvement enregistrées par les joueurs en train de chasser des Pokémon pourraient servir à entraîner des algorithmes de reconnaissance d’images ou de cartographie automatisée.

Cette hypothèse, bien que jamais officiellement confirmée, s’inscrit dans un contexte plus large. Depuis plusieurs années, des acteurs comme Google Maps ou Apple ont collaboré avec des militaires ou des agences gouvernementales pour des projets de cartographie stratégique. Niantic, avec son approche communautaire et ses données massives, pourrait-elle devenir, à son insu, un partenaire involontaire de ces projets ?

Niantic reste muet sur l’usage de ses données

Contactée par Futura Sciences, Niantic n’a pas souhaité commenter les potentielles utilisations militaires ou secrètes de ses données. Dans un communiqué, l’entreprise s’est contentée d’indiquer que ses données étaient utilisées « uniquement à des fins de jeu et d’amélioration de l’expérience utilisateur ». Aucune mention n’a été faite des partenariats ou des ventes de données à des tiers, qu’ils soient privés ou gouvernementaux. Pourtant, selon des experts en cybersécurité interrogés par le média, la collecte de données par Niantic couvre des zones géographiques si vastes et si détaillées qu’elle en devient « potentiellement stratégique » pour des applications bien au-delà du divertissement.

« Les données de géolocalisation collectées par des millions de joueurs à travers le monde représentent une ressource inestimable pour toute technologie nécessitant une connaissance fine de l’environnement. Cela inclut les drones, les systèmes autonomes, mais aussi les applications militaires de cartographie ou de reconnaissance. »
— Expert en cybersécurité, cité par Futura Sciences

Et maintenant ?

Si l’hypothèse d’une utilisation militaire des données de Pokémon Go reste spéculative, elle soulève des questions sur la protection des données personnelles et la transparence des géants du numérique. Les régulateurs européens, notamment avec le RGPD, pourraient s’emparer du sujet pour encadrer davantage la collecte et l’usage des données géolocalisées. D’ici là, Niantic et les autres acteurs du secteur devront probablement clarifier leur position face à ces enjeux, sous peine de voir leur crédibilité entachée. Une chose est sûre : l’histoire de Pokémon Go, loin d’être terminée, pourrait encore réserver des surprises.

Niantic n’a jamais confirmé une telle pratique. L’entreprise affirme utiliser les données uniquement pour améliorer l’expérience de jeu, mais aucune audit indépendant ne permet aujourd’hui de vérifier ces déclarations.