La retraite complémentaire représente le second pilier du système de pension pour les actifs en France, après le régime de base de la Sécurité sociale. Selon Capital, ce dispositif repose sur un mécanisme de points accumulés tout au long de la carrière professionnelle, distinct des règles appliquées pour le calcul de la pension de base, basé sur les 25 meilleures années de salaire.

Ce qu'il faut retenir

  • La retraite complémentaire fonctionne avec un système de points pour les salariés, indépendants et professions libérales.
  • Chaque caisse de retraite a son propre coût d'acquisition du point (exemple : 20,1877 euros pour l’Agirc-Arrco en 2026).
  • Le montant de la pension complémentaire se calcule en multipliant le nombre de points par la valeur de service du point (1,4386 euros pour l’Agirc-Arrco en 2026).
  • Il est possible d’acheter des points supplémentaires en cas de pauses professionnelles ou d’études, dans la limite de 420 points.
  • Racheter des trimestres au régime de base est souvent plus rentable que d’acheter des points complémentaires.

Un système de points commun à plusieurs régimes

Contrairement au régime général de la Sécurité sociale, qui calcule la pension en fonction des 25 meilleures années de salaire, la retraite complémentaire repose sur l’accumulation de points. Chaque euro cotisé permet d’acquérir des points, dont la quantité dépend du montant des cotisations versées. Selon Capital, ce système s’applique à différents régimes :

  • Agirc-Arrco pour les salariés du privé,
  • RCI pour les indépendants,
  • CAVEC pour les experts-comptables,
  • CARPIMKO pour les professions paramédicales libérales.

Comme l’explique Gaëtan Cochard, directeur du développement chez Kereis Expertises, « plus la rémunération du salarié est importante, plus il cotise et accumule de points ». Chaque caisse fixe un coût d’acquisition du point, appelé aussi salaire de référence, qui varie selon les années. Pour 2026, le coût d’un point à l’Agirc-Arrco est fixé à 20,1877 euros.

Comment calculer le montant de sa future pension complémentaire ?

Le calcul de la pension complémentaire brute repose sur une formule simple : le nombre de points accumulés multiplié par la valeur de service du point au moment du départ en retraite. En 2026, cette valeur s’élève à 1,4386 euros pour l’Agirc-Arrco. Selon Capital, une personne ayant accumulé 5 000 points percevra ainsi une pension complémentaire brute de 7 193 euros par an.

Cette valeur de service est revalorisée chaque année par les gestionnaires des caisses pour s’adapter à l’inflation. Elle est identique pour tous les assurés qui liquident leurs droits à une même période. Gaëtan Cochard précise que « le taux de rendement de l’Agirc-Arrco est d’environ 7 %, ce qui signifie qu’un retraité doit percevoir sa pension complémentaire pendant 14 ans pour récupérer l’intégralité des cotisations versées ».

Racheter des points : une stratégie à étudier avec prudence

Il est possible d’augmenter artificiellement son stock de points en cas de pauses professionnelles ou de longues études. La législation autorise l’achat de 140 points par année incomplète ou d’études, dans la limite de 420 points au total. Le coût de ce rachat dépend d’un coefficient lié à l’âge : plus la demande est formulée tard, plus le point est cher, avec une augmentation annuelle de 3 % à 4 %.

À 58 ans, âge moyen des bilans de retraite, l’investissement pour racheter le plafond de 420 points représente environ 17 000 euros. Ces points supplémentaires rapporteront 604 euros bruts par an de plus. Sans optimisation fiscale, il faudrait vivre 28 ans après le départ en retraite pour rentabiliser l’opération. Gaëtan Cochard souligne que « la question se pose surtout pour les hauts revenus, pour lesquels la complémentaire représente environ deux tiers de la pension ».

Comparer les options avant de se lancer

Avant d’envisager un rachat de points, il est conseillé de vérifier les conditions du régime de base. Comme l’indique Gaëtan Cochard, « dès que vous obtenez votre taux plein au régime général, soit 172 trimestres requis, votre retraite complémentaire se déclenche automatiquement à taux plein ». Dans la majorité des cas, la stratégie la plus rentable consiste à racheter des trimestres au régime de base pour effacer la décote générale, plutôt que d’acheter des points complémentaires dont le retour sur investissement est plus long et incertain.

L’expert recommande de ne pas se précipiter : « Acheter des points à 20 ou 30 ans n’est pas un bon calcul, car on ne connaît pas encore ses besoins à la retraite et les règles de calcul pourraient évoluer ». Une prudence qui s’impose d’autant plus que les réformes des retraites pourraient modifier les paramètres du système.

Et maintenant ?

Les prochaines évolutions du système de retraite complémentaire dépendront des négociations entre partenaires sociaux, qui fixent chaque année les valeurs d’achat et de service des points. Les assurés sont invités à suivre de près les annonces officielles, notamment pour anticiper les éventuelles modifications des règles de calcul ou des conditions de rachat. Une vigilance particulière est recommandée pour les actifs proches de l’âge de la retraite, afin d’optimiser leur départ en fonction des dernières informations disponibles.

Pour aller plus loin, il est possible de consulter les simulateurs en ligne proposés par les caisses de retraite ou de faire appel à un conseiller en gestion de patrimoine spécialisé dans la retraite.

Chaque assuré peut consulter son relevé de carrière sur le site de l’Assurance retraite ou de sa caisse de retraite complémentaire. Ces documents indiquent le nombre de points acquis et leur valeur à la liquidation des droits.

Oui, il est possible de racheter des points pour les années de chômage non cotisées, dans la limite des 420 points autorisés. Le coût dépend de l’âge et du régime concerné, avec un tarif majoré pour les demandes tardives.