Une joueuse de l’US Bergerac (Dordogne) a été victime d’une insulte raciste lors d’un match de rugby samedi 6 juin dans le Tarn-et-Garonne, annonce-t-elle ce lundi 8 juin. Elle a été insultée de « putain de noire » par une adversaire, et va déposer plainte pour injures à caractère raciste. Cette affaire, révélée par Franceinfo – Sport et rapportée par ICI Périgord, soulève une nouvelle fois la question des discriminations dans le sport amateur.

Ce qu'il faut retenir

  • Une joueuse de l’US Bergerac a été insultée de « putain de noire » par une adversaire lors d’un match à l’extérieur dans le Tarn-et-Garonne, samedi 6 juin 2026.
  • La victime, Tessa Eliezer, déclare avoir tremblé et pleuré après cette insulte, reçue après un plaquage.
  • Elle a décidé de porter plainte pour injures à caractère raciste.
  • Le club adverse, celui de Montech, dément catégoriquement ces propos et propose une rencontre pour « tirer l’affaire au clair ».
  • La Commission de discipline de la Ligue Nouvelle-Aquitaine de rugby a été saisie pour examiner ce dossier.
  • Le club de l’US Bergerac soutient pleinement sa joueuse dans les démarches judiciaires et sportives.

Une insulte raciste en plein match, une joueuse décide de réagir

Tessa Eliezer, joueuse de l’US Bergerac, a vécu un moment de tension inédit samedi 6 juin sur un terrain de rugby du Tarn-et-Garonne. Après un plaquage, elle affirme avoir été la cible d’une insulte raciste de la part d’une adversaire, lui reprochant d’être une « putain de noire ». Selon ses déclarations rapportées par Franceinfo – Sport, la joueuse, qui évolue depuis treize ans dans ce sport, n’avait jamais été confrontée à une telle situation. « Je tremblais, j’ai pleuré pendant un long moment, car ça fait 13 ans que je fais du rugby et je n’avais jamais entendu ça sur un terrain », explique-t-elle.

Cette réaction brutale l’a poussée à prendre une décision ferme : elle portera plainte pour injures à caractère raciste. Une démarche qui s’inscrit dans un contexte où les discriminations, bien que moins médiatisées que dans le sport professionnel, persistent aussi dans les compétitions amateurs. Les faits se sont déroulés lors d’un match à l’extérieur, un détail qui rappelle que ces incidents ne sont pas l’apanage d’un seul territoire ou d’un seul niveau de compétition.

Le club adverse conteste catégoriquement les propos

Contacté par ICI Périgord, le club de Montech, dont est issue la joueuse accusée, rejette en bloc les accusations. Benjamin de Raed, co-président des Coquelicots Montechois, se dit « à 100 % » convaincu que sa joueuse « n’est pas du genre à dire cela ». Il affirme la connaître bien et souligne qu’elle est « très affectée par cette situation ». Pour tenter de clarifier l’affaire, il propose une rencontre entre les deux clubs, afin de « tirer cette histoire au clair ». Une démarche qui, si elle aboutit, pourrait permettre d’apaiser les tensions entre les deux structures.

Cette position tranchée du club adverse illustre la difficulté à établir les faits dans ce type d’affaires, où les témoignages directs sont souvent les seuls éléments disponibles. Entre la parole de la victime et le déni du club, les versions divergent, et c’est désormais aux instances disciplinaires de trancher.

La Ligue de rugby saisie, l’US Bergerac soutient sa joueuse

Face à l’ampleur de l’affaire, la Commission de discipline de la Ligue Nouvelle-Aquitaine de rugby a été saisie pour examiner le dossier. Cette procédure, qui pourrait aboutir à des sanctions sportives, s’ajoute à la plainte déposée par Tessa Eliezer. Le club de l’US Bergerac, lui, a réaffirmé son soutien inconditionnel à sa joueuse. Un membre de l’US Bergerac, interrogé par ICI Périgord, confirme que le club accompagne la joueuse dans ses démarches judiciaires et sportives. « On est derrière elle à 100 % », assure-t-il.

Cette solidarité est essentielle pour la victime, qui doit désormais faire face à un double défi : surmonter l’impact psychologique de l’insulte et s’engager dans une procédure qui pourrait s’étendre sur plusieurs semaines, voire mois. Le rugby, sport d’équipe par excellence, se retrouve une fois de plus confronté à l’un de ses défis sociétaux : l’éducation et la lutte contre les discriminations.

Et maintenant ?

D’ici les prochaines semaines, plusieurs étapes devraient rythmer cette affaire. La Commission de discipline de la Ligue Nouvelle-Aquitaine de rugby devrait rendre son verdict, qui pourrait entraîner des sanctions à l’encontre de la joueuse ou du club adverse. Parallèlement, la plainte déposée par Tessa Eliezer sera instruite par la justice. Selon les procédures habituelles, les délais peuvent varier, mais l’affaire devrait être examinée avec attention, compte tenu de la gravité des faits allégués. Autant dire que le dossier, encore ouvert, pourrait avoir des répercussions sur la vie sportive et personnelle de la victime comme de l’accusée.

Cette affaire rappelle aussi l’importance des campagnes de sensibilisation contre les discriminations dans le sport amateur. Les fédérations et les clubs sont de plus en plus incités à organiser des formations pour les joueurs et les arbitres, afin de prévenir ce type d’incidents. Reste à voir si cette prise de conscience collective suffira à éviter de nouveaux cas similaires dans les semaines ou mois à venir.

La Commission de discipline de la Ligue Nouvelle-Aquitaine de rugby pourrait prononcer des sanctions sportives, allant d’une suspension temporaire à une exclusion définitive pour la joueuse ou le club adverse. Les décisions dépendront des éléments recueillis et de la gravité des faits retenus.