Alors que les tensions commerciales entre l’Union européenne et la Chine s’intensifient, les dirigeants européens doivent trouver une réponse commune lors du sommet des 19 et 20 juin 2026 à Bruxelles. Selon BFM Business, la question de la dépendance aux technologies chinoises et des pratiques commerciales jugées déloyales sera au cœur des débats. « L’Europe ne peut plus se permettre de subir passivement la concurrence chinoise », a rappelé un haut fonctionnaire européen sous couvert d’anonymat.

Ce qu'il faut retenir

  • Le sommet européen des 19 et 20 juin 2026 à Bruxelles doit aborder la stratégie chinoise en matière de commerce et de technologies.
  • L’UE cherche à réduire sa dépendance aux importations chinoises, notamment dans les secteurs clés comme les semi-conducteurs et les énergies renouvelables.
  • Les dirigeants européens doivent valider un plan d’action visant à renforcer la compétitivité industrielle du continent.
  • La Chine est accusée de pratiques commerciales déloyales, comme le subventionnement massif de ses entreprises.
  • Des mesures de réciprocité sont envisagées pour limiter l’accès des entreprises européennes aux marchés publics chinois.

Un sommet sous le signe de la souveraineté industrielle

La Commission européenne a préparé un paquet de mesures visant à protéger les secteurs stratégiques de l’UE. Parmi les pistes évoquées, on trouve le renforcement des contrôles sur les investissements étrangers, une meilleure coordination des aides publiques et une accélération des projets industriels communs. « Il ne s’agit pas de déclencher une guerre commerciale, mais de rétablir un équilibre », a précisé une source proche des négociations. Selon BFM Business, plusieurs États membres, dont la France et l’Allemagne, poussent pour une approche plus ferme, tandis que d’autres, comme l’Italie, privilégient le dialogue.

Le sommet intervient dans un contexte où la Chine représente près de 20 % des importations européennes de produits électroniques, un chiffre qui a doublé en dix ans. Bref, la dépendance à Pékin est devenue un sujet de préoccupation majeure pour les industriels européens. Pour autant, les divisions persistent sur la méthode à adopter : certains pays, comme les Pays-Bas, craignent que des mesures trop protectionnistes ne nuisent à leurs exportations.

Les technologies au cœur des tensions

Les semi-conducteurs figurent parmi les produits les plus disputés. L’UE a lancé en 2023 le « Chips Act », un plan de 43 milliards d’euros pour relocaliser une partie de la production en Europe. Pourtant, selon BFM Business, seulement 5 % des besoins européens sont actuellement couverts par des usines locales. « Sans une industrie des puces indépendante, l’Europe restera vulnérable », a alerté un expert du secteur. Par ailleurs, les entreprises chinoises comme Huawei ou SMIC sont accusées de contourner les règles de réciprocité en accédant plus facilement aux marchés européens qu’à l’inverse.

Face à cette situation, la Commission propose d’étendre les critères d’« reciprocité » dans les marchés publics. L’idée ? Réserver l’accès aux appels d’offres européens aux entreprises chinoises si Pékin maintient ses barrières aux entreprises de l’UE. Une mesure qui pourrait toucher des secteurs comme les télécommunications ou les infrastructures énergétiques.

Les énergies renouvelables, nouveau front commercial

Le secteur des panneaux solaires est un autre point de friction. La Chine domine plus de 80 % du marché mondial, grâce à des coûts de production artificiellement bas, soutenus par des subventions publiques massives. En 2025, l’UE a imposé des droits de douane provisoires de 30 % sur les importations de panneaux chinois. « Ces mesures ne suffiront pas », estime un responsable de la Fédération européenne de l’industrie solaire. « Il faut aussi investir massivement dans la R&D pour innover ». Le sommet de Bruxelles pourrait donc acter un fonds dédié aux technologies vertes, financé par les États membres et la Banque européenne d’investissement.

Autre dossier sensible : les terres rares, indispensables aux batteries de voitures électriques et aux éoliennes. La Chine assure plus de 60 % de la production mondiale, et Bruxelles craint un chantage à l’exportation. Pour réduire cette dépendance, l’UE mise sur des partenariats avec des pays comme le Kazakhstan ou le Canada, ainsi que sur le recyclage des matériaux.

Et maintenant ?

Les conclusions du sommet devraient être publiées dans la soirée du 20 juin, après des négociations serrées entre les chefs d’État et de gouvernement. Si un accord politique est trouvé, la Commission européenne aura trois mois pour finaliser les mesures législatives. Les premières mesures, comme les contrôles sur les investissements étrangers, pourraient entrer en vigueur dès 2027. Reste à voir si les États membres parviendront à surmonter leurs divergences pour présenter un front uni face à Pékin.

En attendant, les industriels européens appellent à des actions concrètes. « Nous avons besoin de clarté et de stabilité », a souligné Jean-Luc Duval, président de La Coopération Agricole, dans une récente interview. La balle est désormais dans le camp des dirigeants européens.

Parmi les pistes évoquées figurent le renforcement des contrôles sur les investissements étrangers, l’imposition de droits de douane sur certains produits chinois, et la conditionnalité de l’accès aux marchés publics européens à la réciprocité commerciale. La Commission propose également un fonds dédié aux technologies stratégiques, comme les semi-conducteurs ou les énergies renouvelables.

Si un accord est trouvé lors du sommet des 19 et 20 juin 2026, la Commission européenne disposera de trois mois pour finaliser les textes législatifs. Les premières mesures, comme les contrôles sur les investissements étrangers, pourraient être appliquées dès 2027, sous réserve de l’approbation des États membres.