Les infrastructures découvertes dans la région de Deir Ezzor, en Syrie, correspondent à celles d’un réacteur nucléaire, selon un rapport confidentiel de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), consulté par l’AFP mardi 1er septembre 2026. « En se fondant sur les observations faites par l’Agence sur le site de Deir Ezzor, l’AIEA confirme que les infrastructures de refroidissement désormais mises au jour sont conformes à celles d’un réacteur nucléaire », précise le document, cité par nos confrères du Figaro.

Selon ce rapport, les anciennes autorités syriennes n’avaient pas déclaré plusieurs éléments clés : des matières nucléaires, des installations et des activités liées à ce programme. L’agence onusienne s’appuie à la fois sur les informations transmises par Damas et sur ses propres vérifications réalisées sur plusieurs sites, toujours selon ce document non public. L’AIEA indique également avoir identifié une usine de fabrication de combustible destinée au réacteur de Deir Ezzor, ainsi que des déchets d’uranium.

Ce qu'il faut retenir

  • Les infrastructures de refroidissement découvertes à Deir Ezzor sont « conformes à celles d’un réacteur nucléaire », selon l’AIEA.
  • L’agence souligne que la Syrie n’avait pas déclaré ces matières, installations et activités nucléaires.
  • Une usine de fabrication de combustible et des déchets d’uranium ont également été identifiés.
  • Les inspections ont porté sur deux sites : Deir Ezzor et un second lieu lié au matériau nucléaire signalé par Damas.
  • L’AIEA annonce qu’elle va « continuer de surveiller les activités sur le site » en cours d’excavation.

Une découverte qui relance les interrogations sur le programme nucléaire syrien

Cette révélation intervient après l’annonce, le 18 août 2026, de la découverte de « quelques tonnes de matières nucléaires » sur un site « non déclaré » en Syrie. Les autorités de Damas avaient alors qualifié ces éléments d’« héritage de l’ancien régime », signalant ce site en juillet dernier. Les inspecteurs de l’AIEA s’étaient rendus sur place pour évaluer la situation, confirmant ainsi la présence de matériaux non déclarés.

Le rapport de l’AIEA, rendu public mardi, met en lumière les lacunes du système de contrôle syrien avant 2026. « Les anciennes autorités syriennes n’avaient pas déclaré des matières, des installations et des activités nucléaires », rappelle l’agence, soulignant que cette omission soulève des questions sur la transparence du programme nucléaire syrien passé.

L’AIEA maintient sa surveillance malgré les déclarations syriennes

L’AIEA a précisé mardi qu’elle allait « continuer de surveiller les activités sur le site » de Deir Ezzor, toujours en cours d’excavation. Cette vigilance s’inscrit dans le cadre des obligations internationales de l’agence, chargée de veiller à l’absence de détournement de matières nucléaires à des fins militaires. Les inspecteurs ont également visité un second site lié au matériau nucléaire identifié par les autorités syriennes, sans pour autant fournir de détails supplémentaires sur sa localisation ou sa nature.

D’après nos confrères du Figaro, l’AIEA s’appuie sur des éléments recueillis auprès des autorités syriennes, mais aussi sur ses propres investigations. Cette double approche vise à garantir l’exactitude des informations et à écarter tout risque de dissimulation. Reste à savoir si d’autres sites non déclarés pourraient être découverts dans les prochains mois.

Et maintenant ?

L’AIEA devrait publier prochainement un rapport complet sur ses conclusions, incluant une analyse détaillée des matières nucléaires découvertes et des infrastructures associées. Les prochaines étapes pourraient inclure des inspections supplémentaires ou des demandes d’éclaircissements auprès des autorités syriennes. Pour l’heure, aucune réaction officielle de Damas n’a été rapportée concernant les conclusions de l’AIEA.

La communauté internationale, notamment les États-Unis et les pays européens, pourrait également se saisir de cette affaire pour renforcer les pressions sur la Syrie, si les soupçons d’un programme nucléaire clandestin se confirment. La situation reste à suivre, d’autant que les négociations sur la non-prolifération nucléaire pourraient être relancées dans ce contexte.

Autant dire que cette découverte soulève autant de questions qu’elle apporte de réponses. Pourquoi ces infrastructures n’ont-elles pas été déclarées ? Quel était l’objectif réel du programme nucléaire syrien ? Et surtout, dans quelle mesure ces éléments menacent-ils la stabilité régionale ? Autant de points qui pourraient alimenter les débats dans les semaines à venir.

L’AIEA a indiqué qu’elle allait poursuivre ses inspections sur le site de Deir Ezzor et analyser les données recueillies. Un rapport complet devrait être publié dans les prochains mois, incluant une évaluation des risques et des recommandations pour éviter tout détournement futur.