À quelques jours d’une nouvelle campagne de phases finales en Top 14, Santiago Chocobares, le trois-quarts centre argentin du Stade Toulousain, partage son expérience face au stress qui précède ces rendez-vous décisifs. Selon RMC Sport, l’international argentin, titulaire incontesté, se dit serein malgré les critiques récentes autour des résultats irréguliers de son club. Pourtant, l’approche d’une demi-finale ne laisse pas indifférent le joueur de 27 ans, qui a déjà disputé cinq de ces matchs en carrière et compte cinq sélections sous le maillot argentin.

Ce qu'il faut retenir

  • Santiago Chocobares, 27 ans et 35 sélections en équipe nationale, aborde sa cinquième demi-finale de Top 14 avec une expérience solide mais un stress persistant.
  • Le joueur a connu une nuit blanche avant la finale de l’année dernière, un phénomène rare qu’il attribue à l’intensité de l’événement.
  • Chocobares souligne l’importance de l’expérience pour apprivoiser les émotions liées aux phases finales, malgré des nuits parfois blanches.
  • Il évoque l’influence de coéquipiers comme Peato Mauvaka ou Rodrigue Neti, dont le calme relatif l’aide à relativiser avant les matchs.
  • Le joueur insiste sur la passion qui anime les joueurs toulousains, héritée de figures historiques comme les Pumas de 2007.

Une expérience forgée dans les défaites comme dans les victoires

Santiago Chocobares a appris à apprivoiser les phases finales avec le Stade Toulousain. « L’expérience des phases finales, je l’ai apprise ici », confie-t-il à RMC Sport. « Avant, je n’avais pas joué beaucoup de finales. En Argentine, avec mon club amateur, j’en ai disputé deux, mais j’ai perdu la première de ma vie. Après, j’ai commencé à gagner ». Ce parcours, marqué par des échecs initiaux puis des succès, a façonné sa résilience. Pourtant, malgré cinq demi-finales et plusieurs finales disputées, l’excitation reste intacte. « On joue au rugby pour ces sensations. Pour sentir un peu le mal au ventre, les mains qui commencent à transpirer », explique-t-il.

Nuits blanches et routine avant le grand jour

Deux jours avant un match de phase finale, l’équipe se réunit, et l’excitation monte progressivement. « Le jour où je ne sentirais rien, c’est le jour où je vais arrêter », admet Chocobares. Pourtant, cette tension se transforme parfois en insomnie. « Avant la finale de l’année dernière, la veille, je n’ai pas dormi. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, j’ai fait une nuit blanche ». Une situation rare qu’il décrit avec humour : « Juan Cruz Mallia se réveille à 8h, 8h30, et me demande : "Oh, t’as bien dormi ?". Je lui réponds : "Non, écoute, je n’ai pas dormi" ». Malgré tout, le joueur minimise l’incident : « C’est des choses qui arrivent. C’est la première fois de ma vie que ça m’est arrivé ».

La veille du match, Chocobares a pour habitude de partager un déjeuner avec l’équipe à midi, puis de tenter une sieste. « Mais pareil, rien. Donc, voilà, j’ai fait une nuit blanche la veille du match ». Son coéquipier Juan Cruz Mallia, témoin de cette nuit agitée, a exprimé son inquiétude, mais Chocobares l’a rassuré : « Ne t’inquiète pas, ça va aller. Ça va le faire ».

L’expérience comme rempart contre le stress

Malgré ces épisodes d’insomnie, Chocobares reconnaît que l’expérience lui permet désormais de vivre ces moments avec plus de sérénité. « Quand j’entendais parler de joueurs "expérimentés", je me demandais : "Mais c’est quoi, l’expérience ?" ». Aujourd’hui, il comprend que cela ne signifie pas que les émotions disparaissent, mais plutôt que l’on apprend à les gérer. « Tu as déjà vécu des moments très importants, très excitants, très émotifs, avec beaucoup de tension. Tu sais le ressentir. C’est ça, l’expérience ».

Il cite en exemple des coéquipiers comme Peato Mauvaka ou Rodrigue Neti, dont le calme apparent avant les matchs l’aide à se recentrer. « Parfois, la veille du match, ces joueurs partagent leur calme. Ils rigolent ! Ils ont la banane ! Ça te transmet le calme et la tranquillité ». Une attitude qu’il admire, tout en reconnaissant : « Je me demande souvent comment ils font ! ».

La passion du maillot toulousain et des Pumas

Pour Chocobares, porter le maillot du Stade Toulousain est une fierté qui transcende le simple fait de jouer. « Quand tu joues dans un endroit où tu es bien, où les gens te respectent, tu défends ton maillot à plus de 100% », explique-t-il. Cette dévotion s’inscrit dans une tradition argentine, marquée par des figures comme les Pumas de la Coupe du monde 2007 en France. « Petit, je me souviens du match des Pumas à Paris contre la France, gagné 17-12. Ces joueurs ont écrit l’histoire du rugby argentin ». Un héritage qui impose une exigence : « Ils ont laissé le maillot ici, donc toi, tu es obligé, au moins, d’aller un peu plus haut ».

Cette passion, il la décrit comme une force motrice. « Il faut y aller à 100%. Physiquement, peut-être à 90%, mais mentalement, c’est 100% ». Une mentalité qu’il oppose à une approche tiède, où le cœur ne serait pas pleinement engagé. « De jouer avec le cœur tout le temps, ça fait peut-être la différence ».

Les moments forts : de l’excitation du matin au soulagement de la victoire

Chocobares décrit avec précision le déroulé des journées de match. Dès le matin, l’activation est palpable. « Tu sais qu’il y a un moment important qui va arriver ». Même si la pression est forte, le joueur insiste sur le fait de profiter de l’instant. « Les matchs, même s’ils sont durs, il faut en profiter. C’est le meilleur moment de la saison ». Le summum, bien sûr, reste la victoire. « Quand l’arbitre siffle… le meilleur moment, c’est quand tu gagnes ». Une joie qu’il partage parfois avec sa famille, présente lors des phases finales ces dernières années.

Et maintenant ?

Santiago Chocobares et le Stade Toulousain se préparent à affronter le Racing 92 en demi-finale de Top 14, un match qui pourrait les propulser vers une nouvelle finale. Pour le joueur, l’enjeu est double : performer sur le terrain tout en gérant au mieux le stress qui précède ces rendez-vous. Si son expérience des phases finales est un atout, son état d’esprit – entre excitation et détermination – pourrait faire la différence face à un adversaire tout aussi déterminé. La rencontre, prévue le vendredi 20 juin 2026 au stade Ernest-Wallon, s’annonce comme un nouveau chapitre dans une saison déjà riche en émotions.

Pour Chocobares, une chose est certaine : peu importe le résultat, ces moments resteront gravés. « Ces moments-là, très importants, c’est pour ça que je joue au rugby ».

Santiago Chocobares a déjà disputé cinq phases finales en Top 14 avec le Stade Toulousain, selon ses déclarations rapportées par RMC Sport.

Le joueur a expliqué à RMC Sport avoir vécu une nuit blanche avant la finale de l’année dernière, un phénomène rare qu’il attribue à l’intensité émotionnelle de l’événement et au stress lié à la compétition.