Alors que le Maroc s’apprête à lancer sa campagne à la Coupe du monde 2026, son capitaine et latéral droit du PSG, Achraf Hakimi, est confronté à une échéance judiciaire majeure. Selon RMC Sport, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Versailles doit rendre sa décision le 19 juin concernant le renvoi ou non du joueur devant une cour criminelle pour viol. Cette affaire, qui secoue le monde du football depuis plus de trois ans, pourrait avoir des répercussions sur la préparation et la participation du Maroc à la compétition.

Ce qu'il faut retenir

  • Achraf Hakimi, renvoyé en procès pour viol sur une jeune femme en février 2023, attend la décision de la chambre de l’instruction de Versailles le 19 juin 2026.
  • La plaignante, âgée de 24 ans, a déclaré avoir été victime d’une agression sexuelle dans la nuit du 25 février 2023 chez le joueur à Paris.
  • L’enquête a révélé des échanges de messages entre la plaignante et une amie, évoquant des pressions physiques et une pénétration digitale présumée.
  • Hakimi, qui nie les faits en évoquant des baisers consentis et une caresse sur le bas du dos, a toujours clamé son innocence.
  • La défense du joueur s’appuie sur des éléments comme le refus de la plaignante de remettre son téléphone aux enquêteurs et des expertises psychologiques controversées.
  • Kylian Mbappé a fourni une attestation précisant que Hakimi lui avait parlé de « caresses mutuelles sur des parties intimes » sans mention de refus.

Le Maroc, finaliste de la CAN 2025, entame la Coupe du monde 2026 avec un groupe C considéré comme abordable, incluant le Brésil, l’Écosse et Haïti. Le premier match est programmé ce 20 juin à minuit face à la Seleção. Dans ce contexte, l’issue de l’affaire Hakimi s’annonce déterminante pour l’équipe nationale, dont le capitaine est l’un des cadres. La décision judiciaire intervient alors que le joueur, âgé de 27 ans, tente de concilier préparation sportive et défense juridique.

Les faits reprochés à Achraf Hakimi

L’affaire remonte à la nuit du 25 février 2023, la veille d’un match entre l’OM et le PSG. Selon les éléments de l’enquête rapportés par RMC Sport, une jeune femme de 24 ans s’est rendue au commissariat de Nogent-sur-Marne pour déposer une plainte pour viol. Elle affirmait avoir été agressée sexuellement chez Hakimi, où elle s’était rendue après avoir échangé avec lui via Instagram un mois plus tôt. La plaignante aurait accepté un rendez-vous chez le joueur après plusieurs propositions de rencontres en public, qu’elle avait initialement déclinées.

D’après son récit, la victime serait arrivée à 1h17 chez Hakimi et en serait repartie à 2h21. Elle a décrit des pressions physiques croissantes de la part du joueur, qui l’aurait maintenue de force sur ses genoux avant d’imposer une pénétration digitale de moins d’une minute. Dans ses messages à une amie, la jeune femme évoquait un sentiment de violation : « il m’a attrapé la bouche, je vais partir » ou encore « c’est grave, il me viole » à 2h18. Ces déclarations ont été corroborées par les enquêteurs, qui ont analysé les échanges de la victime.

La défense de Hakimi et les éléments contestés

Face aux accusations, Achraf Hakimi a toujours nié les faits. Lors d’une interview donnée en avril 2026, il a réitéré sa version en évoquant des baisers consentis et une simple caresse « sur le bas du dos avec son accord ». « Je sais que cette accusation est fausse. Je me sens tranquille et je suis concentré pour la suite. Je laisse cela entre les mains de mes avocats et de la justice », avait-il déclaré. Sa défense s’appuie sur plusieurs arguments, dont le refus de la plaignante de coopérer pleinement avec les enquêteurs : elle aurait refusé de remettre son téléphone aux policiers, de subir des examens gynécologiques ou des constatations à l’unité médico-judiciaire.

Autre point soulevé par la défense : deux expertises psychologiques de la plaignante ont révélé des incohérences dans son récit. L’une d’elles a notamment souligné que ses propos ne correspondaient pas au « vocabulaire d’une victime d’agression sexuelle ». Par ailleurs, la défense met en avant des échanges entre la jeune femme et son amie, où celle-ci lui aurait conseillé d’écouter la chanson « À l’abri » de Fresh la Peufra, un titre évoquant des moyens, même discutables, de gagner de l’argent. Ces éléments ont conduit les avocats du joueur à évoquer une possible manipulation visant à extorquer des fonds.

Le rôle de Kylian Mbappé dans l’enquête

Un élément clé de l’affaire a été apporté par Kylian Mbappé, coéquipier de Hakimi au PSG à l’époque des faits. Selon les éléments de l’enquête consultés par RMC Sport, Mbappé avait été entendu par la police le 14 avril 2023. Il avait alors expliqué avoir discuté avec Hakimi de la soirée en question pour comprendre les origines des accusations. Dans sa déposition, Mbappé indiquait : « Achraf m’a dit qu’ils se sont embrassés. Je lui ai demandé s’il lui avait fait quelque chose de mal. Il m’a répondu qu’il y avait eu des caresses mutuelles sur des parties intimes, mais qu’à aucun moment il n’avait senti de refus de sa part ».

Cette précision a pris une importance particulière après que la juge d’instruction a retenu dans son ordonnance de mise en accusation que Mbappé avait évoqué « les parties intimes », une formulation reprise par les médias. Cependant, le joueur du Real Madrid a tenu à préciser devant la chambre de l’instruction, lors de l’audience du 22 mai 2026, que son propos initial était bien « des parties intimes » et non « les parties intimes », afin d’éviter toute ambiguïté sur la nature des actes évoqués.

Les étapes clés de la procédure judiciaire

L’enquête a été ouverte en février 2023, et Hakimi a été mis en examen le 3 mars 2023. Placé sous contrôle judiciaire, il a été entendu lors d’une confrontation avec la plaignante le 8 décembre 2023. En août 2025, le parquet de Nanterre a requis son renvoi devant la cour criminelle départementale des Hauts-de-Seine. La juge d’instruction a rendu son ordonnance de mise en accusation le 24 février 2026, renvoyant Hakimi devant une cour criminelle pour viol, sans fixer de date de procès.

Les avocats du joueur ont fait appel de cette décision, et Hakimi s’est présenté à l’audience devant la chambre de l’instruction le 22 mai 2026 pour contester son renvoi en procès. C’est désormais à cette juridiction qu’il revient de trancher : confirmer le renvoi devant une cour criminelle, ou annuler la procédure et prononcer un non-lieu. La décision est attendue pour le 19 juin 2026, soit la veille du premier match du Maroc à la Coupe du monde.

Et maintenant ?

Si la chambre de l’instruction de Versailles confirme le renvoi d’Achraf Hakimi devant une cour criminelle, le procès pourrait se tenir dans les mois suivants, ce qui risquerait de perturber la préparation du Maroc pour le Mondial 2026. À l’inverse, un non-lieu mettrait fin à la procédure judiciaire et permettrait au joueur de se concentrer pleinement sur la compétition. Quelle que soit l’issue, cette décision pourrait influencer la perception du public et des sponsors envers le capitaine marocain. Pour l’instant, le sélectionneur Mohamed Ouahbi et ses joueurs doivent composer avec cette incertitude, alors que leur premier match est prévu dans quelques jours.

L’affaire Hakimi illustre les défis auxquels sont confrontés les sportifs de haut niveau lorsqu’ils sont confrontés à des accusations judiciaires. Elle rappelle également l’importance du principe de présomption d’innocence, tandis que la justice doit désormais trancher dans un dossier où les versions des parties s’opposent radicalement.

Si la chambre de l’instruction confirme le renvoi d’Achraf Hakimi devant une cour criminelle, la prochaine étape serait l’organisation d’un procès. En revanche, si elle prononce un non-lieu, l’affaire serait close et le joueur serait définitivement innocenté sur le plan judiciaire.

Kylian Mbappé a tenu à clarifier sa déposition initiale pour éviter toute ambiguïté sur la nature des actes évoqués par Achraf Hakimi. Il a souligné que son ami lui avait parlé de « caresses mutuelles sur des parties intimes », et non « les parties intimes », afin de préciser qu’il ne s’agissait pas nécessairement de rapports sexuels.