Une habitante de Pont-à-Mousson, en Meurthe-et-Moselle, a été victime d’une escroquerie d’un nouveau genre à l’été 2025. Elle a perdu 10 000 € après avoir répondu à une publicité frauduleuse utilisant des deepfakes, où figuraient Emmanuel Macron et Bernard Arnault, comme le rapporte Capital.
Ce qu'il faut retenir
- 10 000 € perdus par une retraitée de Pont-à-Mousson après une escroquerie à l’été 2025
- La victime a été dupée par une publicité générée par IA mettant en scène Emmanuel Macron et Bernard Arnault
- Un faux conseiller bancaire l’a contactée pour lui proposer un placement avantageux
- Le commissariat de Pont-à-Mousson enregistre trois à cinq plaintes par semaine pour ce type d’arnaques
- Les autorités rappellent qu’aucun conseiller bancaire ne demande de virement ou de numéro de carte bancaire
Selon les informations recueillies par Capital auprès de l’Est Républicain et d’ICI, la victime a été attirée par une publicité diffusée en ligne, où les visages des deux personnalités publiques étaient manipulés grâce à l’intelligence artificielle. Le message promettait des placements financiers très rentables. Convaincue par l’apparence officielle de l’annonce, la retraitée a rempli un formulaire en ligne, fournissant ainsi ses coordonnées et son numéro de téléphone.
Quelques jours plus tard, un individu se faisant passer pour un conseiller bancaire l’a contactée. Il lui a présenté un faux placement financier, lui promettant des intérêts élevés. Pour valider son investissement initial, la victime a d’abord versé 5 000 €. Rapidement, elle a reçu de faux intérêts — quelques centaines d’euros — ce qui l’a encouragée à poursuivre. Encouragée par ces premiers « gains », elle a investi la totalité de ses économies dans ce qui s’est révélé être une arnaque.
Après avoir viré la seconde tranche de 5 000 €, les sommes ont commencé à disparaître. Ni la publicité, ni le site frauduleux n’étaient plus accessibles. Le retraitée a tenté de contacter le faux conseiller, sans succès. Aujourd’hui, elle n’a plus aucune trace de ces 10 000 €, qui ont été détournés par les escrocs. Les autorités locales confirment que ce type de manipulation se multiplie sur le territoire.
Des deepfakes de plus en plus utilisés pour tromper les victimes
Les deepfakes, ces contenus audio ou vidéo générés par intelligence artificielle et imitant des personnalités publiques, sont de plus en plus utilisés par les fraudeurs. Dans cette affaire, les visages d’Emmanuel Macron et de Bernard Arnault ont été détournés pour donner une crédibilité artificielle à la publicité. Selon les enquêteurs, cette technique permet de contourner les mécanismes de méfiance des victimes, en s’appuyant sur l’image de figures publiques.
Le phénomène n’est pas isolé. Capital souligne que les escroqueries utilisant l’IA se généralisent, notamment dans le domaine des placements financiers. Les victimes, souvent des personnes âgées ou peu familiarisées avec les nouvelles technologies, sont particulièrement vulnérables. Les escrocs misent sur l’urgence et la promesse de gains rapides pour pousser leurs proies à agir sans réfléchir.
D’après Éric Laprévotte, commandant divisionnaire du commissariat de Pont-à-Mousson, ces pratiques sont en forte hausse : « À Pont-à-Mousson, comme sur l’ensemble du territoire national, ce genre d’arnaque pullule sur Internet et les victimes sont nombreuses. » Le policier rappelle que les conseillers bancaires ne demandent jamais de virement ou de numéro de carte bancaire par téléphone ou via un formulaire en ligne.
Comment les escrocs procèdent-ils pour soutirer de l’argent ?
Dans cette affaire, la victime a d’abord été contactée par un faux conseiller bancaire après avoir renseigné ses coordonnées. L’escroc a joué sur la confiance en utilisant un discours rassurant et en simulant des premiers « gains » pour encourager la retraitée à investir davantage. Ce schéma classique repose sur la création d’un climat de confiance artificiel, avant de faire basculer la victime dans la précipitation.
Un autre cas similaire a été signalé dans la même ville. Une personne a perdu 5 000 € après avoir été contactée par un faux conseiller bancaire l’informant d’un piratage de son compte depuis l’étranger. Sous le coup de la panique, la victime a effectué un virement important pour « sécuriser » ses fonds. Bien entendu, l’argent a été immédiatement détourné. Ces méthodes illustrent la diversité des approches utilisées par les fraudeurs, qui s’adaptent aux réactions de leurs cibles.
Les autorités rappellent que jamais un établissement bancaire ne demandera de transmettre ses codes ou de réaliser un virement vers un autre compte. De même, il est fortement déconseillé d’installer un logiciel à la demande d’un interlocuteur inconnu, une technique courante pour prendre le contrôle à distance des appareils des victimes.
Que faire en cas de suspicion d’arnaque ?
Les victimes ou les proches de victimes doivent agir rapidement. Il est impératif de porter plainte au commissariat ou à la gendarmerie, en fournissant tous les éléments en sa possession : captures d’écran, relevés bancaires, échanges avec les escrocs. Les banques, quant à elles, peuvent parfois récupérer des fonds si le virement est récent, mais cette démarche est complexe et incertaine.
Pour éviter de tomber dans le piège, il est recommandé de vérifier systématiquement l’authenticité des contacts : aucun conseiller bancaire ne sollicitera un paiement ou un transfert par téléphone. En cas de doute, il faut contacter directement son agence bancaire via un numéro officiel. Enfin, les signalements peuvent être effectués sur la plateforme Signal Spam ou auprès de la plateforme Pharos de l’Office central pour la répression des contrefaçons (OCRC).
Face à la sophistication croissante des arnaques, la prudence reste le meilleur rempart. Les autorités insistent : ne jamais agir sous la pression ou l’urgence, et toujours croiser les informations avant d’engager une somme d’argent.
Cette affaire rappelle, une fois de plus, que les progrès technologiques s’accompagnent de nouvelles formes de criminalité. Les victimes, souvent isolées ou peu méfiantes, en paient le prix fort. Les enquêtes se poursuivent pour identifier les auteurs de ces escroqueries, mais leur caractère transnational rend la tâche particulièrement complexe.
Une publicité frauduleuse utilise souvent des images ou vidéos de personnalités connues détournées par IA. Méfiez-vous des promesses de gains rapides, des fautes d’orthographe ou de grammaire dans les messages, et des demandes de paiement via des canaux inhabituels (virement, cartes cadeaux, etc.). Vérifiez toujours l’URL du site et l’identité du contact avant d’engager une transaction.
Contactez immédiatement votre banque pour faire opposition à votre carte et signaler le piratage. Déposez plainte dans les plus brefs délais et conservez tous les échanges (emails, SMS, captures d’écran). La banque peut parfois bloquer les transactions frauduleuses si elle est alertée rapidement.