Le CAC 40 évolue dans un environnement marqué par des tensions persistantes sur les marchés, où les indicateurs techniques et macroéconomiques se conjuguent pour fragiliser la tendance de l’indice parisien. Selon nos confrères de BFM Bourse, l’indice parisien a reculé de près de 400 points depuis la mi-août, sous l’effet combiné d’une remontée des prix de l’énergie et d’un durcissement des anticipations sur la politique monétaire américaine.

Ce qu'il faut retenir

  • Le CAC 40 a perdu près de 400 points depuis la mi-août, après une séquence de bougies en « corbeaux noirs » les 12, 13 et 14 août.
  • La Fed, à travers les déclarations de Kevin Warsh et Jerome Powell lors du symposium de Jackson Hole, a laissé entrevoir un possible nouveau resserrement monétaire dès septembre.
  • Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ont repris de la vigueur, avec des frappes iraniennes visant des cibles américaines en Jordanie et aux Émirats arabes unis.
  • Le baril de WTI s’échange autour de 86,90 dollars, alimentant les craintes sur l’inflation et soutenant les valeurs énergétiques comme Totalenergies (+1,2 %).
  • Techniquement, le seuil des 8 280 points devient un point de rupture critique pour l’indice parisien.

Un recul technique accentué par les tensions macroéconomiques

Depuis la formation de bougies en « corbeaux noirs » les 12, 13 et 14 août, le CAC 40 a enchaîné les séances baissières, perdant près de 400 points en deux semaines. BFM Bourse souligne que cette dégradation s’inscrit dans un contexte de remontée des prix du pétrole et de tensions sur les taux obligataires. Ces pressions ont été exacerbées par les déclarations des responsables de la Réserve fédérale américaine lors du symposium de Jackson Hole, où Jerome Powell a jugé l’inflation « préoccupante » aux États-Unis et évoqué la difficulté de qualifier la politique monétaire de « restrictive ».

Selon Christian Scherrmann, économiste en chef pour les États-Unis chez DWS, Kevin Warsh a adopté un ton ferme lors de son intervention : « Pour la première fois depuis sa prise de fonctions, il a livré son analyse de l’évolution de l’inflation sous-jacente. Il a expliqué que près de la moitié des 199 composantes de l’indice des dépenses de consommation personnelle (PCE) avaient enregistré, au cours des six derniers mois, des hausses de prix annualisées supérieures à 3 %. » Cette proportion, bien qu’en légère amélioration, reste supérieure aux niveaux d’avant-pandémie, fixés autour d’un tiers.

Les marchés anticipent un durcissement monétaire dès septembre

Les propos tenus à Jackson Hole ont renforcé les anticipations des investisseurs quant à une possible hausse des taux lors de la prochaine réunion de la Fed, prévue les 15 et 16 septembre. D’après l’outil CME FedWatch, la probabilité d’un relèvement des taux est désormais estimée à plus de 66 %, contre environ 40 % la semaine précédente. Christophe Boucher, directeur des investissements chez Abn Amro Investment Solutions, analyse : « Kevin Warsh a profité du symposium pour asseoir sa crédibilité en tant que champion de la lutte contre l’inflation, plutôt que de se positionner comme un communicant favorable aux marchés. Le message était clair : l’économie reste solide, l’IA pourrait stimuler la croissance à long terme, mais l’inflation reste la priorité immédiate. »

Tensions géopolitiques et pétrole : un cocktail inflationniste

La situation au Moyen-Orient s’est à nouveau tendue après qu’l’Iran a revendiqué des frappes contre des cibles militaires américaines en Jordanie et aux Émirats arabes unis, en réponse à des bombardements attribués aux États-Unis. Cet épisode marque un regain de violence après un mois d’accalmie relative, contribuant à soutenir les cours du brut. Le baril de WTI, référence texane, s’échange ainsi autour de 86,90 dollars, un niveau qui pèse sur les coûts de production et renforce les craintes inflationnistes.

Cette dynamique a mécaniquement profité aux valeurs énergétiques. Totalenergies a progressé de 1,2 % sur la séance de lundi, tandis que Viridien et Vallourec ont respectivement gagné 6 % et 4,9 % sur le SBF 120. À l’inverse, Advicenne s’est effondré de 36,4 % après avoir retiré sa demande d’enregistrement aux États-Unis pour un médicament en développement ciblant une maladie rénale.

Marchés actions : l’Europe dans le rouge, les États-Unis en léger repli

De l’autre côté de l’Atlantique, les principaux indices boursiers ont terminé la séance de lundi en territoire négatif. Le Dow Jones a reculé de 0,70 %, le Nasdaq Composite de 0,12 %, et le S&P 500, baromètre de l’appétit pour le risque, a perdu 0,33 % pour s’établir à 7 686 points. Ces mouvements reflètent une prudence accrue des investisseurs face à l’incertitude économique et géopolitique.

Côté devises, l’euro s’échangeait ce mardi matin à 1,1580 dollar, tandis que les Treasuries à 10 ans affichaient un rendement légèrement supérieur à 4,70 %. Le VIX, indice de volatilité du S&P 500, s’établissait à 14,43 points à la clôture de lundi.

Analyse technique : le seuil des 8 280 points sous haute surveillance

Sur le plan technique, le CAC 40 a formé jeudi une bougie marquée par un puissant flux vendeur, confirmant la faiblesse de l’indice à court terme. BFM Bourse indique que le premier objectif baissier se situe désormais sur le support des 8 280 points. En cas de rupture, la moyenne mobile à 200 périodes journalières deviendrait la prochaine zone de soutien à surveiller. La structure en harami formée vendredi, déjà fragilisée par la clôture sur les plus bas de séance lundi, demande confirmation pour éviter une accélération de la baisse.

Les analystes de BFM Bourse adoptent une opinion neutre sur le CAC 40 à court terme, tout en soulignant que un franchissement des 8 508 points relancerait la tension à l’achat, tandis qu’une rupture des 8 280 points accentuerait la pression vendeuse.

Et maintenant ?

Les prochaines séances seront déterminantes pour le CAC 40, dont la trajectoire dépendra largement de l’évolution des anticipations sur la politique monétaire de la Fed et des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Les investisseurs surveilleront de près les premières estimations des prix à la consommation en Zone Euro, attendues à 11h00, ainsi que le PMI ISM manufacturier américain, publié à 16h00. Ces indicateurs pourraient confirmer ou infirmer les craintes d’un ralentissement économique ou, au contraire, d’une inflation persistante.

À plus long terme, tout dépendra de la capacité des banques centrales à concilier lutte contre l’inflation et soutien à la croissance, dans un contexte où les marchés restent particulièrement sensibles aux signaux envoyés par les autorités monétaires.

Ce niveau technique représente un support clé pour l’indice parisien. Une rupture en dessous de ce seuil pourrait déclencher une nouvelle vague de ventes et ouvrir la voie à une correction plus profonde, jusqu’à la moyenne mobile à 200 périodes journalières. À l’inverse, un rebond au-dessus de 8 508 points pourrait inverser la tendance et relancer l’intérêt des acheteurs.