Depuis plusieurs semaines, Bruxelles est frappée par une vague de violences armées liées au trafic de stupéfiants. Selon nos confrères du Figaro, des centaines de personnes, majoritairement des parents d'élèves et des habitants de la commune de Saint-Gilles, ont défilé dimanche dans le sud de la capitale belge pour exiger des mesures urgentes face à l'escalade des fusillades.
Cette mobilisation, organisée par plusieurs associations locales, s'est déroulée dans une ambiance familiale, avec la participation d'une chorale d'enfants et d'animations musicales. Elle intervient après une série d'incidents violents attribués aux réseaux criminels en compétition pour le contrôle des points de deal dans la ville. Le procureur de Bruxelles, Julien Moinil, avait d'ailleurs tiré la sonnette d'alarme vendredi dernier en évoquant une « nouvelle série de fusillades » et en appelant à un renforcement des effectifs policiers spécialisés.
Ce qu'il faut retenir
- Près de 170 fusillades ont été recensées à Bruxelles depuis 2025, dont 69 cette année.
- Deux personnes ont été tuées en 2025 dans ce cadre, la majorité des tirs étant liés au trafic de drogue.
- Trois fusillades ont été perpétrées en trois jours à la fin du mois d'août, dont une visant un commissariat de quartier mitraillé à la Kalachnikov.
- La manifestation de dimanche s'est tenue à Saint-Gilles, commune du sud de Bruxelles particulièrement touchée par ces violences.
Une explosion des violences liées aux réseaux criminels
La Belgique, et Bruxelles en particulier, est devenue ces dernières années une plaque tournante du trafic de drogues en Europe. Les affrontements entre gangs rivaux pour le contrôle des zones de vente au détail se multiplient, entraînant une hausse des règlements de comptes à l'arme automatique. Julien Moinil, procureur de Bruxelles, a mis en garde la population : « N'importe qui peut se prendre une balle », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse vendredi, soulignant l'urgence d'agir contre ces réseaux.
Les autorités belges reconnaissent la gravité de la situation. En 2025, deux morts avaient déjà été recensés dans des fusillades similaires, tandis que les chiffres pour 2026 s'alourdissent. Les derniers incidents, dont certains visant directement les forces de l'ordre, illustrent une radicalisation des méthodes employées par les groupes criminels.
Des habitants exaspérés par l'inaction perçue des pouvoirs publics
Parmi les manifestants figuraient de nombreux parents d'élèves, inquiets pour la sécurité de leurs enfants. Niels Ladefoged, Saint-Gillois et fonctionnaire européen, a exprimé son exaspération lors de la marche : « Il y en a ras-le-bol des violences des gangs, du deal qui s'affiche ouvertement dans tous les lieux où jouent les enfants. » Il a critiqué le manque de responsabilité des autorités, estimant que « personne ne se sent responsable, ils se renvoient la balle ».
Les témoignages recueillis par Le Figaro révèlent l'ampleur de l'angoisse qui traverse certains quartiers. Dorothée Bernier, 51 ans, membre du collectif citoyen « La ville aux enfants », a confié avoir été confrontée à des scènes choquantes : « J'ai une fille de 13 ans qui a eu peur de rentrer chez nous car un individu se défonçait devant notre porte. » Pour elle, ces incidents quotidiens transforment la vie des habitants en cauchemar.
Saint-Gilles, épicentre des tensions
La commune de Saint-Gilles, située au sud de Bruxelles, est devenue ces dernières semaines l'épicentre des tensions. Les fusillades s'y multiplient, plongeant les riverains dans un climat d'insécurité permanent. La manifestation de dimanche a permis de donner une visibilité à ce phénomène, tout en rappelant aux autorités leur devoir de protection des citoyens. Les organisateurs espèrent que cette mobilisation servira de catalyseur pour des actions concrètes.
Pourtant, la situation reste complexe. Les réseaux criminels opèrent avec une logistique sophistiquée, profitant des failles du système judiciaire et policier. Les arrestations restent ponctuelles, et les condamnations souvent limitées par des procédures judiciaires longues et des ressources policières insuffisantes.
Reste à voir si les autorités parviendront à inverser cette tendance avant que la situation ne dégénère davantage. Une chose est sûre : le sentiment d'impunité des réseaux criminels et l'angoisse des Bruxellois ne pourront durer éternellement sans conséquence.
Bruxelles est devenue une plaque tournante du trafic de stupéfiants en Europe, notamment en raison de sa position géographique centrale et de ses infrastructures logistiques. Les gangs locaux et internationaux s'affrontent pour le contrôle des points de vente au détail, ce qui entraîne des règlements de comptes armés. Selon le procureur de Bruxelles, « la grande majorité des violences est directement liée à des conflits entre réseaux criminels pour le contrôle du marché de la drogue ».