Alors que la Coupe du monde 2026 a officiellement démarré jeudi aux États-Unis, au Mexique et au Canada, les principaux favoris ont terminé leur préparation dans des conditions contrastées. Entre effectifs riches en talents, remises en question et doutes persistants, les sélections phares ont livré des indices sur leurs ambitions réelles avant leur entrée en lice, selon Franceinfo - Sport.

Ce qu'il faut retenir

  • L'Espagne, invaincue depuis 29 matchs en temps réglementaire, mise sur un effectif ultra-complet pour tenter un deuxième doublé Euro-Coupe du monde après 2010.
  • L'Argentine, championne du monde en titre, affiche une ambition intacte malgré l'absence de Lionel Messi en préparation et un collectif en pleine maturité.
  • Le Portugal, avec des cadres du PSG comme Vitinha et João Neves, vise le dernier carré après son sacre à l'Euro 2024.
  • L'Angleterre, finaliste malheureuse des deux derniers Euros, tente de gommer ses divisions internes sous la direction de Thomas Tuchel.
  • Le Brésil, en quête d'un sixième titre, mise sur la discipline pour compenser un effectif jugé moins flamboyant, avec Neymar incertain pour le premier match.

L'Espagne, favorite n°1 et en quête d'un doublé historique

Avec un effectif parmi les plus talentueux du tournoi, l'Espagne aborde la Coupe du monde 2026 en tête des pronostics, selon les bookmakers. Malgré un match nul (1-1) face à l'Irak lors de son premier test, la Roja a confirmé sa solidité en s'imposant 3-1 contre le Pérou dans la nuit du 9 au 10 juin, malgré l'absence de ses deux attaquants stars, Lamine Yamal et Nico Williams, toujours en phase de récupération après une blessure aux ischio-jambiers. Tous deux « seront prêts » pour le premier match face au Cap-Vert le 15 juin, a rassuré le sélectionneur Luis de la Fuente, tandis que le latéral Pedro Porro a confirmé leur bonne forme : « Ils vont bien, ils se remettent à 100 % d'une blessure compliquée. Ils s'entraînent avec le groupe. »

Avec un milieu de terrain composé de Rodri, Mikel Merino ou Pedri, la sélection espagnole peut légitimement rêver d'un deuxième doublé Euro-Coupe du monde après celui de 2008-2010. Un exploit que seul le Brésil a réalisé à ce jour. Son invincibilité en temps réglementé depuis 29 matchs (depuis le 22 mars 2024) en fait, aux yeux des observateurs, la nation la plus régulière du plateau. Comme le rappelle Sofascore, l'Espagne domine actuellement le classement des bookmakers, devant l'Argentine et la France.

L'Argentine, championne du monde en titre moins dépendante de Messi

Malgré la fin de carrière internationale de Lionel Messi en 2023, l'Argentine reste l'une des favorites après son sacre en 2022. Les champions du monde en titre ont remporté leur premier match de préparation 2-0 face au Honduras, sans Messi (absent pour une douleur au tendon d'Achille) ni Julian Alvarez (blessé à la cheville). C'est Lautaro Martinez, leur buteur emblématique, qui a porté l'attaque lors de cette rencontre, démontrant la profondeur offensive du collectif argentin.

Bien que Messi soit revenu en jeu en sortie de banc face à l'Islande (victoire 3-0), marquant même un but en 119 secondes, l'Argentine semble désormais moins « Messi-dépendante » qu'auparavant. Le sélectionneur Lionel Scaloni mise sur une force collective qui avait terrassé la France en finale il y a quatre ans. L'Albiceleste entamera sa campagne mondiale face à l'Algérie le 16 juin à Kansas City, un match crucial pour confirmer sa place parmi les favoris.

Le Portugal, boosté par son sacre européen et ses cadres du PSG

Après son deuxième titre consécutif à l'Euro 2024, le Portugal aborde ce Mondial avec une confiance retrouvée. La sélection portugaise, qui avait atteint les quarts de finale en 2022, mise sur ses stars du PSG pour performer aux États-Unis. Vitinha, João Neves, Nuno Mendes et Gonçalo Ramos ont été titularisés lors des deux derniers matchs de préparation, face au Chili (2-1) et au Nigeria (2-1), après avoir été laissés au repos lors du premier test. Roberto Martinez, le sélectionneur, compte sur ces joueurs pour mener son équipe loin dans la compétition.

À 41 ans, Cristiano Ronaldo participera à son sixième Mondial, une longévité qui ajoute à l'expérience du groupe. Avec des cadres comme Bruno Fernandes ou Rafael Leão, le Portugal part favori dans le groupe K, où il affrontera la République démocratique du Congo le 17 juin à Houston. Le pays a quitté Lisbonne le 12 juin en direction des États-Unis pour finaliser sa préparation.

L'Angleterre, sous pression et en quête d'unité

Finaliste malheureux des deux derniers Championnats d'Europe, l'Angleterre reste l'un des favoris du Mondial, malgré une réputation de « paper tiger » qui la suit depuis 1966. La pression est d'autant plus forte que le pays considère comme un devoir de remporter enfin le trophée. Pourtant, des signes de division persistent. « On ne sent pas un esprit de corps, une volonté de jouer ensemble et tout est toujours trop politique », confiait récemment un supporter londonien à Franceinfo.

Sous la direction de Thomas Tuchel, les Three Lions ont entamé une revue d'effectif pour gommer leurs faiblesses. Après un match sans éclat contre la Nouvelle-Zélande (1-0, but de Harry Kane), Tuchel a opéré un remaniement complet pour le match suivant face au Costa Rica (victoire 3-0). Le retour en forme de joueurs d'Arsenal comme Declan Rice, Noni Madueke ou Bukayo Saka a redonné des certitudes à l'équipe, qui affrontera la Croatie le 17 juin pour son entrée en lice dans le groupe L.

Le Brésil, en quête de renaissance et de discipline

Vingt-quatre ans après son dernier Mondial à domicile, le Brésil cherche à retrouver sa grandeur historique (cinq titres mondiaux). Pourtant, la sélection de Carlo Ancelotti est sous le feu des critiques, notamment pour le manque de talent perçu dans son effectif, en particulier au milieu de terrain. « Les gens peuvent dire ce qu'ils veulent mais personne d'autre n'a cinq étoiles sur le maillot », a défendu Bruno Guimarães lors d'une conférence de presse, réclamant du « respect » pour lui et ses coéquipiers.

Ancelotti a reconnu les faiblesses de son équipe, notamment au niveau des latéraux, un poste où le Brésil excellait par le passé. « Tout le monde le sait : il manque ce qui n'a jamais manqué, les latéraux. Le Brésil avait des latéraux fantastiques, maintenant il y a un peu de carences », a-t-il souligné. La blessure de Neymar, incertain pour le match d'ouverture face au Maroc le 16 juin, ajoute à l'inquiétude. Malgré tout, les succès contre le Panama (6-2) et l'Égypte (2-1) en amical ont rassuré une partie des observateurs, même si des progrès collectifs restent nécessaires.

Et maintenant ?

Les premiers matchs de la Coupe du monde 2026 débutent dès ce week-end, avec des affrontements cruciaux pour les favoris. L'Espagne et le Brésil, tous deux en quête d'un sixième titre, ouvriront la danse dimanche avec un choc au Lincoln Financial Field de Philadelphie. L'Argentine, de son côté, tentera de confirmer sa solidité face à l'Algérie. Pour les observateurs, l'enjeu sera de voir si les favoris confirmeront leur statut ou si des surprises émergeront dès les premières journées. Une chose est sûre : la compétition s'annonce déjà comme l'une des plus ouvertes de l'histoire.

Quoi qu'il en soit, la bataille pour le titre s'annonce intense, entre la régularité espagnole, l'ambition argentine, le talent portugais et les doutes persistants autour du Brésil et de l'Angleterre. Une chose est certaine : le football, lui, ne décevra pas.

L'Espagne affronte le Cap-Vert le 15 juin à 22h (heure française) à Dallas. L'Argentine joue contre l'Algérie le 16 juin à 02h (heure française) à Kansas City. Le Brésil affronte le Maroc le même jour à 21h (heure française) à Los Angeles. Le Portugal rencontre la République démocratique du Congo le 17 juin à 20h (heure française) à Houston.

Pour l'Espagne, surveillez Rodri, Pedri et les retours de Lamine Yamal et Nico Williams. L'Argentine compte sur Lautaro Martinez et la solidité collective. Le Portugal mise sur Cristiano Ronaldo, Bruno Fernandes et Vitinha. L'Angleterre devra compter sur Harry Kane et ses jeunes talents comme Bukayo Saka. Enfin, le Brésil comptera sur Neymar (si disponible) et Bruno Guimarães.