Selon Le Figaro, le patron du Crédit Mutuel Alliance fédérale, Daniel Baal, a tiré la sonnette d’alarme mardi 1er septembre 2026 sur l’état de la dette souveraine française. Dans un entretien accordé à France 5, il a jugé « inacceptable » le niveau actuel de l’endettement public, soulignant que la hausse des taux d’intérêt rend cette situation encore plus critique. Le rendement de l’emprunt d’État français à dix ans a en effet atteint un pic inédit depuis 2008, tandis que la dette publique s’élevait à 117,5 % du PIB à la fin du premier trimestre, selon les dernières données de l’Insee.
Ce qu'il faut retenir
- Dette française à 117,5 % du PIB fin mars 2026, selon l’Insee, un niveau jugé « inacceptable » par Daniel Baal.
- Le rendement de l’emprunt d’État à dix ans a battu un record depuis 2008, reflétant la méfiance des marchés.
- Daniel Baal met en garde contre une possible dégradation de la note française par les agences de notation, ce qui aggraverait la hausse des taux.
- Le banquier évoque la possibilité d’un « défaut » de l’État si la situation n’est pas maîtrisée, menaçant les banques et les assurances-vie.
- Les prochaines échéances des agences de notation sont fixées au 23 octobre 2026 (Moody’s) et au 27 novembre 2026 (S&P Global Ratings).
Une dette jugée « inacceptable » et aggravée par la hausse des taux
Daniel Baal, président du Crédit Mutuel Alliance fédérale, n’a pas mâché ses mots lors de son intervention. « Le niveau de la dette française aujourd’hui est inacceptable. Le fait qu’il faille la payer cher rend encore cette dette plus difficilement acceptable », a-t-il déclaré. Selon lui, « le seuil d’alerte est atteint depuis un moment », non seulement en raison de l’ampleur de la dette, mais aussi de son coût croissant. Les taux d’intérêt auxquels la France emprunte ont en effet fortement augmenté, alourdissant la charge de la dette. « Si la France venait à être dégradée par les agences de notation, et ça nous pend quand même au nez, la conséquence directe, c’est qu’il y aurait encore une augmentation des taux, et peut-être qu’un jour, l’État français aurait du mal à se financer », a-t-il ajouté.
Le risque d’une dégradation par les agences de notation
La France reste pour l’instant notée A+ par l’agence Fitch Ratings, avec une perspective stable. Toutefois, Moody’s et S&P Global Ratings doivent prochainement rendre leur verdict : Moody’s publiera sa décision le 23 octobre 2026, suivie par S&P Global Ratings le 27 novembre 2026. Une dégradation, même partielle, pourrait entraîner une hausse supplémentaire des taux d’intérêt et compliquer le refinancement de la dette. Daniel Baal a rappelé que les banques françaises et les assureurs-vie, principaux créanciers de l’État, seraient les premiers exposés en cas de défaut.
Interrogé sur une éventuelle annulation de la dette, une idée portée par certains responsables politiques, le banquier s’est montré très réservé. « Il faut rester très raisonnable : d’abord, ce n’est pas possible de par les traités. Éventuellement, on pourrait sortir de la zone euro, mais on se rend compte de la situation dans laquelle nous serions », a-t-il souligné.
« Il faut espérer que l’élection présidentielle apportera une nouvelle perspective à la France pour revenir dans un mode de fonctionnement qui soit plus sain, plus serein. »
— Daniel Baal, président du Crédit Mutuel Alliance fédérale
La zone euro, un rempart contre une crise plus profonde
Daniel Baal a également rappelé les bénéfices de l’appartenance à la zone euro, notamment après la dissolution de l’Assemblée nationale il y a deux ans. « Si nous n’avions pas été en zone euro, nous n’aurions pas eu la protection que nous avons aujourd’hui, et certainement que les taux seraient beaucoup plus élevés », a-t-il expliqué. Pour lui, la monnaie unique offre une stabilité relative, malgré les défis actuels. Il a appelé à une clarification politique dans les mois à venir, estimant que l’élection présidentielle de 2027 pourrait être un tournant pour la gestion des finances publiques.
Le patron du Crédit Mutuel n’a pas caché ses craintes quant à l’impact d’une dégradation de la note française sur les acteurs économiques. « Les banques françaises sont parmi les principaux prêteurs de l’État. Elles seraient donc menacées si la France était en défaut, c’est-à-dire si la France ne remboursait plus sa dette », a-t-il prévenu.
En attendant, la France reste sous haute surveillance. Les taux d’intérêt élevés et l’ampleur de la dette continuent de peser sur la confiance des investisseurs, tandis que les responsables politiques devront rapidement trouver des solutions pour éviter une spirale dangereuse.