Le ventriloque et comédien Michel Dejeneffe, célèbre pour avoir créé la marionnette Tatayet, est décédé vendredi en fin de matinée à l’âge de 76 ans des suites d’une longue maladie, ont annoncé samedi sa femme Maryse Liversain et sa fille Caroline à l’AFP, comme le rapporte Le Figaro.
Ce qu'il faut retenir
- Michel Dejeneffe, 76 ans, est décédé vendredi dans une clinique du nord de la Loire où il était hospitalisé pour la maladie à corps de Lewy, une affection neurodégénérative.
- Créateur en 1975 de la marionnette Tatayet, un castor à la voix aigüe, il a marqué les années 1980 et 1990 sur les plateaux télévisés en France et en Belgique.
- Ses obsèques auront lieu mercredi après-midi à l’église d’Andrézieux-Bouthéon, dans la région de Saint-Étienne.
- Avec sa compagne, il a co-dirigé jusqu’en 2023 le festival Les Dauphins magiques, dans la Loire où il résidait.
Une carrière marquée par la création de Tatayet
Né à Namur, en Belgique, Michel Dejeneffe avait d’abord exercé comme instituteur avant de se tourner vers le spectacle. C’est en 1975 qu’il donne naissance à Tatayet, une marionnette en castor vêtue d’une salopette, reconnaissable à sa voix haut perchée et son caractère parfois insolent. Selon Le Figaro, l’idée lui serait venue à partir d’un col de fourrure offert par une pensionnaire de maison de retraite.
Dans les années 1980 et 1990, Tatayet est devenu un incontournable des émissions télévisées, tant en France qu’en Belgique. Le castor a notamment interviewé Jacques Chirac, alors Premier ministre et maire de Paris, en 1987 — un moment resté dans les mémoires. « Tatayet, c’est le mot magique. Tatayet pendant des années a fait le bonheur d’une foule de gens, pas seulement des enfants, des adultes aussi », a rappelé Patrick Sébastien dans une vidéo diffusée sur YouTube, partageant un extrait de cette célèbre interview.
Un artiste reconnu sur les plateaux de télévision
Michel Dejeneffe a été popularisé en France par des émissions comme celles de Michel Drucker ou Patrick Sébastien, où Tatayet est devenu un personnage à part entière. Son talent pour la ventriloquie et son humour ont séduit un large public, faisant de lui une figure du paysage audiovisuel francophone.
Au-delà de la télévision, Dejeneffe s’est aussi illustré dans le spectacle vivant. Avec sa compagne, il a co-dirigé jusqu’en 2023 le festival Les Dauphins magiques, un événement dédié aux arts de la scène installé dans la Loire, où il résidait depuis de nombreuses années.
Un engagement associatif jusqu’à la fin
Malgré sa maladie, Michel Dejeneffe est resté actif dans la vie locale. Selon Gérard Gagnaire, président de l’association Le Père Noël du lundi, qui anime les séjours des enfants hospitalisés, Dejeneffe et sa compagne participaient encore récemment à leurs animations. « Tous deux ont marqué ces moments par leur générosité et leur grand cœur », a souligné Gagnaire auprès de l’AFP.
Cette implication sociale s’inscrivait dans la continuité d’une carrière où l’art et l’engagement avaient toujours fait bon ménage. Le ventriloque belge, installé en France depuis des décennies, laisse ainsi le souvenir d’un artiste à la fois drôle et engagé, capable de toucher tous les publics.
Des obsèques prévues mercredi en région stéphanoise
D’après les informations communiquées par sa famille à l’AFP, les obsèques de Michel Dejeneffe auront lieu mercredi après-midi à l’église d’Andrézieux-Bouthéon, une commune située dans le département de la Loire, non loin de Saint-Étienne. La cérémonie, privée, réunira probablement ses proches ainsi que des personnalités du monde du spectacle et des arts.
Sa disparition survient après une longue bataille contre la maladie à corps de Lewy, une affection neurodégénérative qui affecte progressivement les fonctions motrices et cognitives. Cette pathologie, souvent comparée à la maladie de Parkinson ou à la démence, avait contraint Dejeneffe à ralentir ses activités ces dernières années.
Michel Dejeneffe laisse derrière lui une œuvre et des souvenirs qui ont marqué plusieurs générations de téléspectateurs. Son talent a su traverser le temps, prouvant qu’une marionnette pouvait, à elle seule, incarner l’humour et la fantaisie d’une époque.
La maladie à corps de Lewy est une affection neurodégénérative progressive, similaire à la maladie de Parkinson, qui affecte les fonctions motrices et cognitives. Elle se caractérise par la présence d’amas anormaux de protéines (appelés corps de Lewy) dans les neurones du cerveau, entraînant des troubles de la mémoire, des hallucinations, des problèmes de mobilité et des fluctuations de l’état de conscience. Cette pathologie, souvent sous-diagnostiquée, peut évoluer sur plusieurs années avant de devenir severely invalidante.