Des scientifiques viennent de lever une partie du voile sur une énigme marine longtemps restée sans réponse : comment les cachalots, ces géants des océans, parviennent-ils à dormir sans être emportés par les vagues ou les courants ? Selon nos confrères du Monde, des chercheurs ont observé que ces cétacés effectuent des siestes en position verticale, tout en produisant des bulles pour stabiliser leur position.
Cette découverte, publiée récemment, apporte un éclairage inédit sur un comportement encore peu documenté chez ces mammifères marins. Jusqu’à présent, les connaissances sur le sommeil des cachalots restaient limitées, en partie à cause de la difficulté à les observer dans leur milieu naturel. « On savait qu’ils dormaient, mais on ignorait comment ils s’y prenaient pour éviter de dériver », a expliqué Patricia Arranz, chercheuse à l’Institut océanographique de Monaco et coautrice de l’étude.
Ce qu'il faut retenir
- Les cachalots dorment en position verticale dans l’eau, une pratique rare chez les mammifères marins.
- Ils produisent des bulles pour maintenir leur stabilité et éviter d’être emportés par les courants.
- Cette technique leur permet de faire des siestes sans risquer de s’échouer ou de se fatiguer.
- Leur cycle de sommeil reste mal connu, mais ces observations ouvrent de nouvelles pistes de recherche.
- L’étude a été menée par une équipe internationale de scientifiques spécialisés en éthologie marine.
Une posture unique dans le monde marin
Contrairement à la plupart des cétacés, qui dorment en nageant lentement ou en flottant à la surface, les cachalots adoptent une position verticale lorsqu’ils entrent en phase de repos. Cette particularité, observée pour la première fois de manière systématique, intrigue les scientifiques depuis des décennies. « On pensait qu’ils dormaient comme les autres baleines, mais les images sous-marines ont révélé une tout autre réalité », précise Patricia Arranz.
Leur capacité à rester immobiles dans cette position, parfois pendant plusieurs heures, repose sur une technique de propulsion par bulles. En expulsant de l’air par leurs évents, ils créent une sorte de « coussin » gazeux qui les maintient en équilibre. « C’est une adaptation ingénieuse, presque comparable à un ancrage naturel », souligne l’océanographe. Cette méthode leur permet de ne pas dépenser trop d’énergie tout en évitant les dangers liés aux courants marins.
Des incertitudes persistent sur leur cycle de sommeil
Si cette étude marque une avancée majeure, de nombreuses questions restent en suspens. Les chercheurs ignorent notamment la durée exacte de ces phases de repos ou leur fréquence dans une journée. « On sait qu’ils font des siestes, mais on ne connaît pas encore leur rythme circadien complet », admet Patricia Arranz. Certaines observations suggèrent que ces périodes de sommeil pourraient être courtes et fragmentées, typiques des animaux marins exposés à des prédateurs ou à des conditions environnementales changeantes.
Autre mystère : comment les cachalots gèrent-ils leur respiration pendant ces phases ? Contrairement aux dauphins, qui ne dorment que d’un hémisphère cérébral à la fois, les cachalots semblent basculer dans un état de quasi-inconscience totale. « Leur respiration devient très lente et superficielle, mais ils restent capables de remonter à la surface pour respirer si nécessaire », explique la scientifique. Ces observations soulèvent des questions sur leur métabolisme et leur adaptation évolutive.
Par ailleurs, cette découverte pourrait avoir des implications pour la conservation de l’espèce. En comprenant mieux leurs besoins en matière de repos, les scientifiques pourraient mieux évaluer l’impact des perturbations humaines, comme le bruit sous-marin ou le trafic maritime, sur leur santé. « Si ces animaux sont régulièrement dérangés pendant leur sommeil, cela pourrait avoir des conséquences sur leur survie à long terme », alerte Patricia Arranz.
Selon l’étude rapportée par du Monde, cette position verticale leur permet de créer des bulles stabilisatrices. En expulsant de l’air, ils forment une sorte de coussin gazeux qui les maintient en place, évitant ainsi d’être emportés par les courants ou les vagues. Cette technique réduit aussi leur dépense énergétique pendant le repos.