Deux supporters ultras de l’OGC Nice, déjà condamnés pour des violences en lien avec le football, comparaîtront ce lundi devant le tribunal correctionnel de Nice pour des faits remontant au 30 novembre 2025. Selon RMC Sport, ils sont poursuivis pour « violences aggravées » et « participation à un groupement préparant des violences ou dégradations », après une agression commise contre des joueurs et le directeur sportif du club devant le centre d’entraînement niçois.

Ce qu'il faut retenir

  • Deux hommes, âgés d’une trentaine et d’une quarantaine d’années, sont poursuivis pour violences aggravées et participation à un groupement violent.
  • Le 30 novembre 2025, des joueurs et le directeur sportif de l’OGC Nice avaient été pris à partie par des supporters au retour d’une défaite à Lorient (3-1).
  • L’un des suspects a été placé en détention provisoire après la découverte d’armes blanches et d’objets prohibés à son domicile.
  • Terem Moffi, alors joueur de l’OGC Nice, avait subi une incapacité totale de travail (ITT) de cinq jours.
  • Ces violences s’inscrivent dans une série de débordements impliquant des supporters niçois ces derniers mois.

Une agression filmée et dénoncée par les victimes

Le 30 novembre 2025, alors que le bus des joueurs de l’OGC Nice regagnait le centre d’entraînement après une défaite 3-1 à Lorient, une centaine de supporters, vêtus de noir et « surexcités », selon le parquet, s’étaient rassemblés devant le club. Parmi eux figuraient les deux hommes désormais jugés. Terem Moffi, alors attaquant de l’équipe, Jérémie Boga et le directeur sportif Florian Maurice avaient été ciblés. « On a subi des coups de poing, des coups de pied et des crachats, tout en étant insultés », avaient affirmé les joueurs dans leur plainte, déposée peu après les faits. Terem Moffi avait écopé d’une ITT de cinq jours, tandis que ses coéquipiers et le directeur sportif avaient également été pris pour cible.

Des armes et un passé judiciaire chargé

Lors de leur interpellation jeudi dernier, les enquêteurs ont saisi plusieurs couteaux à cran d’arrêt, deux bombes lacrymogènes et une matraque télescopique au domicile du plus jeune des deux suspects. Ce dernier, placé en détention provisoire, avait déjà été condamné en janvier 2026 à six mois de prison avec sursis pour des violences commises contre un journaliste de Nice-Matin lors d’un match. Son complice, placé sous contrôle judiciaire, avait également un casier judiciaire chargé pour des faits similaires liés au football.

« Les deux mis en cause étaient présentés comme des leaders des ultras niçois », a indiqué le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli. Leur procès intervient alors que le club niçois traverse une période particulièrement tendue, marquée par plusieurs incidents impliquant ses supporters ces derniers mois.

Une série de débordements inquiétants

Ces violences ne sont pas isolées. Selon RMC Sport, une rixe avait éclaté le 21 mai 2026 à Paris, la veille de la finale de Coupe de France perdue par l’OGC Nice. Une vingtaine de supporters avaient été impliqués, laissant sept blessés, dont un grave. Quelques jours plus tôt, lors du dernier match de championnat face à Metz, des supporters avaient envahi la pelouse, provoquant des affrontements avec les forces de l’ordre. Ces incidents avaient conduit à la fermeture temporaire de la tribune visiteurs du stade Allianz Riviera.

Malgré ce contexte, l’OGC Nice a assuré son maintien en Ligue 1 grâce à une victoire 4-1 contre Saint-Étienne, disputée à huis clos en raison des troubles persistants. Le club a néanmoins réagi publiquement, condamnant fermement ces actes. « Ce ne sont pas des pratiques qui se font », avait déclaré le président du club, Jean-Pierre Rivère, visant indirectement les dirigeants de l’Olympique de Marseille, également critiqués pour des dysfonctionnements similaires.

Les joueurs ciblés ont quitté le club

Parmi les victimes de l’agression du 30 novembre figuraient Terem Moffi et Jérémie Boga, tous deux désormais transférés dans d’autres clubs. Terem Moffi a rejoint Al-Nassr en Arabie Saoudite en janvier 2026, tandis que Jérémie Boga a signé à l’AC Milan lors du dernier mercato hivernal. Leur départ a coïncidé avec une période trouble pour le club niçois, qui peine à retrouver une stabilité sportive et extra-sportive.

Leur plainte, déposée dès les jours suivant l’agression, avait permis l’ouverture d’une enquête pour violences aggravées. Les témoignages recueillis par les enquêteurs avaient confirmé l’ampleur des violences, décrivant une scène de « chasse à l’homme » contre les joueurs et le staff technique.

Et maintenant ?

Le procès de ces deux supporters, prévu ce lundi, devrait permettre de faire la lumière sur les circonstances exactes de l’agression. Selon les observateurs, les peines encourues pourraient être lourdes, compte tenu des antécédents judiciaires des accusés et de la gravité des faits. Par ailleurs, ces violences pourraient entraîner des sanctions supplémentaires pour l’OGC Nice, déjà sous surveillance de la Ligue de football professionnel. Une décision concernant d’éventuelles mesures disciplinaires à l’encontre du club est attendue dans les prochaines semaines.

Plus largement, ces événements soulèvent la question de la gestion des supporters violents en France. Malgré les interdictions de stade et les contrôles renforcés, les incidents persistent dans plusieurs clubs, rappelant l’urgence d’une politique plus ferme et coordonnée entre les instances du football et les autorités judiciaires.