Le Vanuatu a officiellement engagé une procédure contre la France devant la Cour internationale de Justice (CIJ) concernant la souveraineté des îles Matthew et Hunter, deux territoires inhabités situés dans le Pacifique Sud. Selon un communiqué publié mardi par la Cour, Port-Vila a déposé une requête visant à soumettre le litige à l’examen des juges internationaux. Mais Paris doit d’abord reconnaître la compétence de la CIJ pour que l’affaire puisse être examinée, conformément au règlement de l’institution.

Comme le rapporte le Figaro, cette initiative marque une escalade dans un différend territorial qui oppose les deux États depuis des décennies. Les îles Matthew et Hunter, situées à environ 300 kilomètres à l’est de la Nouvelle-Calédonie, sont revendiquées par les deux pays, mais la France les administre de facto. Le Vanuatu, État souverain depuis 1980, conteste cette souveraineté et souhaite que la justice internationale tranche le litige.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Vanuatu a déposé une requête devant la Cour internationale de Justice pour contester la souveraineté française sur les îles Matthew et Hunter.
  • L’examen de l’affaire par la CIJ dépend de la reconnaissance de sa compétence par la France, une étape obligatoire selon le règlement de la Cour.
  • Les deux îles, inhabitées et situées à 300 km à l’est de la Nouvelle-Calédonie, sont administrées par la France depuis des décennies.
  • Le Vanuatu conteste cette souveraineté et demande une résolution juridique du différend.

Un différend territorial ancien mais jamais résolu

Le conflit autour des îles Matthew et Hunter remonte à l’époque coloniale. À l’origine, ces îles étaient administrées par la France, mais leur statut a été contesté après l’indépendance du Vanuatu en 1980. Port-Vila considère que ces territoires lui reviennent de droit, en raison de leur proximité géographique avec l’archipel et de leur inclusion dans les anciennes frontières coloniales britanniques.

Pour la France, en revanche, la souveraineté sur ces îles est un héritage de sa gestion historique. Les deux pays ont tenté à plusieurs reprises de trouver une solution diplomatique, mais sans succès. En 2018, un accord avait été évoqué pour partager l’administration des eaux environnantes, mais il n’a jamais abouti. La saisine de la CIJ représente donc une nouvelle tentative de résolution, cette fois par la voie judiciaire.

Une procédure qui pourrait prendre des années

Même si la France accepte la compétence de la CIJ, la procédure pourrait s’étaler sur plusieurs années. Une fois la requête enregistrée, les deux parties disposeront de délais pour soumettre leurs mémoires et contre-mémoires. Les audiences pourraient ensuite se tenir dans un délai de deux à trois ans, avant qu’un arrêt ne soit rendu. Le Vanuatu a déjà indiqué qu’il espérait une résolution rapide, mais rien ne garantit que la France donnera son accord.

D’après nos confreres du Figaro, Paris n’a pour l’instant pas réagi officiellement à cette initiative. Un silence qui pourrait s’expliquer par la complexité juridique de la situation. La France a toujours défendu sa souveraineté sur ces îles, notamment en invoquant des arguments historiques et géographiques. Une reconnaissance de la compétence de la CIJ serait donc un revirement majeur dans la position française.

Et maintenant ?

La prochaine étape dépendra de la réaction de la France. Si Paris accepte la compétence de la CIJ, une longue procédure judiciaire s’engagera, avec des conséquences potentielles sur la gestion des eaux territoriales autour des îles. Dans le cas contraire, le statu quo pourrait perdurer, laissant le différend en suspens. Une issue diplomatique reste possible, mais elle semble de moins en moins probable à court terme.

En attendant, le Vanuatu a choisi de miser sur le droit international pour faire valoir ses revendications. Une stratégie risquée, mais qui pourrait, à terme, redéfinir les frontières en mer de Corail.

Le Vanuatu considère que les îles Matthew et Hunter, situées à proximité de son territoire, lui reviennent de droit en raison de leur proximité géographique avec l’archipel et de leur inclusion dans les anciennes frontières coloniales britanniques. La France les administre de facto depuis des décennies, mais Port-Vila estime que cette situation est illégitime.