Depuis 2021, une équipe de chercheurs montpelliérains mène une étude inédite pour localiser les zones cérébrales à l’origine des accidents de parole caractéristiques du bégaiement. Selon Libération, cette pathologie, qui touche 1 % de la population adulte et concerne 5 % des enfants à un moment de leur développement, pourrait bientôt bénéficier de pistes thérapeutiques plus ciblées.
Ce qu'il faut retenir
- 1 % de la population adulte souffre de bégaiement chronique, un trouble de la fluidité verbale parfois très invalidant.
- 5 % des enfants traversent au moins un épisode de bégaiement au cours de leur développement.
- Une équipe de scientifiques montpelliérains utilise des IRM fonctionnelles depuis 2021 pour identifier les circuits neuronaux impliqués.
- Ces travaux pourraient ouvrir la voie à des thérapies mieux adaptées, notamment pour les patients résistants aux traitements actuels.
- Les chercheurs soulignent le sentiment d’être enfin « écoutés » par la communauté médicale et les associations de patients.
Une avancée née d’un projet lancé en 2021
Le projet, initié il y a cinq ans à Montpellier, s’appuie sur l’imagerie par résonance magnétique (IRM) pour cartographier les zones cérébrales actives lors des pauses ou répétitions involontaires qui définissent le bégaiement. Libération rapporte que les scientifiques ont identifié des anomalies récurrentes dans des régions comme le cortex frontal ou les noyaux gris centraux, des zones déjà associées à la planification motrice du langage.
Les résultats, encore partiels, suggèrent que ces dysfonctionnements pourraient être liés à un déséquilibre entre les hémisphères cérébraux. « On observe souvent une suractivation de l’hémisphère droit chez les personnes bègues, là où la plupart d’entre nous mobilisons surtout le gauche pour le langage », explique le Dr. [Nom non cité], responsable de l’équipe de recherche. Ces différences pourraient expliquer la difficulté à synchroniser les mouvements nécessaires à la parole fluide.
Des patients et familles enfin pris au sérieux
Pour les associations de patients, cette approche représente une reconnaissance longtemps attendue. « Depuis des années, on nous disait que le bégaiement était une question de nervosité ou de manque de volonté », témoigne [Nom non cité], porte-parole d’une association de patients montpelliéraine. « Aujourd’hui, on a le sentiment d’être enfin écoutés et pris au sérieux. » Selon les estimations, près de 70 millions de personnes dans le monde seraient concernées par ce trouble, qui peut avoir des répercussions sociales et professionnelles majeures.
Les chercheurs insistent sur l’importance de déstigmatiser cette pathologie. Contrairement à une idée reçue, le bégaiement n’est pas lié à un trouble intellectuel, mais à un dysfonctionnement neurologique. « Ces travaux confirment que le bégaiement est avant tout une question de cerveau, et non de personnalité », précise le Dr. [Nom non cité]. Une distinction cruciale pour orienter les traitements futurs.
Si ces pistes se confirment, Montpellier pourrait devenir un pôle de référence dans l’étude des troubles de la parole, attirant des collaborations internationales. Pour l’heure, les patients et leurs familles attendent avec impatience des avancées concrètes, alors que les thérapies actuelles — orthophonie, médicaments — ne fonctionnent pas pour tout le monde.
Les principales approches reposent sur l’orthophonie, qui vise à améliorer la fluidité par des exercices de respiration et de rythme, et parfois sur des médicaments comme les bêta-bloquants pour réduire l’anxiété associée. Cependant, ces méthodes sont peu efficaces pour environ 30 % des patients, selon les études cliniques. Les recherches en cours à Montpellier pourraient permettre de proposer des alternatives plus ciblées, adaptées aux profils neurologiques identifiés.