Le CAC 40 a reculé de 0,39 % mardi, frôlant un seuil technique à 8 280 points, un niveau déterminant pour la tendance de la semaine. Selon BFM Bourse, l’indice parisien pourrait accentuer son repli vers 8 120 points, voire 7 940 points, en cas de clôture hebdomadaire en dessous de ce palier. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte marqué par la hausse des rendements obligataires et les tensions persistantes sur les marchés de l’énergie.
Ce qu'il faut retenir
- Le CAC 40 a perdu 0,39 % mardi, flirtant avec un seuil technique à 8 280 points.
- L’inflation en zone euro a accéléré à 3,3 % en août, son plus haut niveau depuis trois ans.
- Le baril de WTI a dépassé 90,50 dollars, alimentant les craintes sur l’inflation.
- L’Iran a lancé des attaques contre des bases américaines dans le Golfe, aggravant les tensions géopolitiques.
- Le rendement des obligations souveraines françaises à 10 ans a franchi 4,20 %.
- Les principaux indices américains ont également reculé, avec le S&P 500 en baisse de 0,71 %.
Un marché actions sous tension face à la hausse des rendements obligataires
L’indice parisien a subi mardi une pression vendeuse, perdant 0,39 % à la clôture. Selon BFM Bourse, le CAC 40 a frôlé un seuil critique à 8 280 points, un niveau qui détermine la tendance de la semaine. Si l’indice ne parvient pas à se maintenir au-dessus de ce palier, une accélération baissière pourrait le conduire vers 8 120 points, puis 7 940 points. Les analystes soulignent que ces seuils techniques constituent des zones d’intervention potentielles pour les investisseurs.
Cette dynamique s’inscrit dans un environnement où les rendements obligataires ont fortement augmenté. Le taux des obligations souveraines françaises à 10 ans a dépassé 4,20 % mercredi, dans la foulée de la publication des chiffres d’inflation en zone euro pour août. Ces tensions sur les taux ont pesé sur les valorisations des actions, notamment dans un contexte où les investisseurs craignent un durcissement des conditions financières.
L’inflation en zone euro atteint un pic depuis trois ans
Les données publiées par Eurostat révèlent une accélération de l’inflation en zone euro, qui a atteint 3,3 % en rythme annuel au mois d’août, contre 2,9 % en juillet. Il s’agit du niveau le plus élevé depuis trois ans. Cette hausse est principalement tirée par les coûts de l’énergie, bien que l’inflation sous-jacente, hors alimentation, énergie, alcool et tabac, ait légèrement décéléré à 2,4 % en août, contre 2,5 % en juillet.
Les économistes s’interrogent désormais sur les risques de second tour, c’est-à-dire une propagation de la hausse des prix à travers les salaires ou d’autres prix. Ulrike Kastens, économiste senior Europe chez DWS, estime que « la question centrale sera de savoir si la hausse des prix de l’énergie entraînera des effets indirects par le biais des salaires et des prix ». Elle relève toutefois des signes positifs, comme la résilience de l’économie européenne et la progression des crédits aux entreprises, malgré la hausse des taux d’intérêt.
Géopolitique : l’Iran frappe des bases américaines dans le Golfe
La région du Golfe est en pleine effervescence après que l’Iran a lancé, mercredi 2 septembre, des attaques contre des bases américaines en riposte à des frappes américaines. Plusieurs pays voisins ont signalé des tirs de missiles et de drones. Dans une déclaration sur sa plateforme Truth Social, le président américain Donald Trump a averti Téhéran : « Si l’Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement et plus fort ».
Cette escalade géopolitique a contribué à alimenter la volatilité sur les marchés, notamment ceux du pétrole. Le baril de WTI, référence majeure pour les marchés financiers, s’échangeait à 90,50 dollars mercredi matin, dépassant ainsi la barre symbolique des 90 dollars. Une situation qui renforce les craintes d’un maintien prolongé des tensions sur les prix de l’énergie.
Les indices américains dans le rouge, le S&P 500 en baisse de 0,71 %
De l’autre côté de l’Atlantique, les principaux indices boursiers ont terminé la séance de mardi en territoire négatif. Le Dow Jones a reculé de 0,79 %, le Nasdaq Composite de 1,03 %, et le S&P 500, baromètre de référence pour l’appétit pour le risque, a perdu 0,71 %, clôturant à 7 631 points. Cette tendance reflète une aversion au risque accrue, alimentée par les incertitudes économiques et géopolitiques.
Sur le marché des changes, l’euro s’échangeait à 1,1580 dollar en début de matinée, tandis que le rendement des Treasuries à 10 ans américains dépassait 4,80 %. Le VIX, indice mesurant la volatilité implicite du S&P 500, s’établissait à 16,35 à la clôture de la veille, confirmant un niveau de nervosité modéré mais présent parmi les investisseurs.
Les indicateurs économiques à surveiller dans les prochains jours
Les marchés resteront attentifs à la publication du rapport ADP sur l’emploi américain, attendu comme un « avant-goût » avant les chiffres officiels du rapport fédéral sur l’emploi privé du mois d’août, qui sera publié vendredi. Ces données pourraient influencer la perception des investisseurs quant à la santé de l’économie américaine et, par ricochet, la politique monétaire de la Réserve fédérale.
En Europe, les regards se tournent également vers les prochaines publications économiques, notamment celles relatives à l’inflation et à la croissance. Les analystes de BFM Bourse soulignent que « malgré la hausse des taux d’intérêt, les crédits accordés aux entreprises continuent de progresser », un signe qui pourrait atténuer, en partie, les craintes d’un ralentissement économique brutal.
En conclusion, le CAC 40 évolue dans un environnement complexe, marqué par des incertitudes économiques, géopolitiques et monétaires. Les prochains jours seront déterminants pour savoir si l’indice parisien parviendra à se stabiliser ou si la tendance baissière s’accentuera.
Ce seuil technique agit comme une ligne de démarcation entre deux scénarios opposés. Une clôture hebdomadaire en dessous de ce niveau pourrait déclencher une accélération baissière vers 8 120 points, puis 7 940 points. À l’inverse, un rebond au-dessus de ce palier limiterait la pression vendeuse et permettrait un retour vers des niveaux plus élevés.
Une hausse prolongée du prix du pétrole alimente directement l’inflation, notamment via les coûts de transport et de production. Cela pourrait peser sur le pouvoir d’achat des ménages et freiner la croissance, surtout si les entreprises répercutent cette hausse sur leurs prix. Les ménages et les secteurs énergivores, comme l’automobile ou l’aérien, seraient les premiers touchés.