Alors que la Bretagne Classic, 95e édition de l’épreuve, se déroule ce dimanche à Plouay (Morbihan), l’un de ses favoris, le Français Paul Magnier (Soudal Quick-Step), a profité de l’occasion pour rendre un hommage appuyé à son compatriote Julian Alaphilippe, officiellement retraité depuis le 21 août 2026. Selon RMC Sport, les deux coureurs ont partagé une saison commune au sein de l’équipe belge Soudal Quick-Step en 2024, une expérience qui a laissé des traces dans le cœur du jeune cycliste.

Ce qu'il faut retenir

  • Paul Magnier, vainqueur de l’ADAC Cyclassics (Hambourg) en août 2026, a exprimé son admiration pour Julian Alaphilippe, retraité depuis trois semaines.
  • Les deux coureurs ont évolué ensemble en 2024 chez Soudal Quick-Step, année où Magnier a terminé deuxième de la Bretagne Classic, aidé par Alaphilippe en fin de course.
  • Alaphilippe a mis un terme à sa carrière le 21 août 2026, après deux saisons chez Tudor Pro Cycling Team, son dernier employeur.
  • Magnier décrit Alaphilippe comme « quelqu’un de très simple avec un grand cœur » et souligne son rôle de mentor lors de son arrivée dans l’équipe.

Lors de cette édition 2024 de la Bretagne Classic, alors que l’arrivée était encore à une soixantaine de kilomètres, Julian Alaphilippe avait lancé un message clair à la radio : « C’est tout pour Paul pour le sprint ». Une décision qui a marqué Paul Magnier, alors âgé de 22 ans. « Je m’étais dit : ‘Putain, Julian va rouler pour moi’ », confie-t-il à Ouest France, selon les propos rapportés par RMC Sport. — Autant dire que cette solidarité d’équipe a laissé une empreinte indélébile dans le parcours du jeune cycliste.

Depuis leur séparation à l’issue de la saison 2024, les deux hommes sont restés en contact. Magnier, triple vainqueur d’étape sur le dernier Giro, évoque un homme « en or », capable de prendre les autres sous son aile. « C’est quelqu’un de très simple avec un grand cœur. J’espère qu’il va trouver sa voie pour l’après-carrière », explique-t-il. — Une relation qui dépasse le cadre strictement sportif, comme en témoignent les déclarations du jeune coureur, désormais l’un des espoirs du cyclisme français aux côtés de Paul Seixas (Decathlon CMA-CGM).

Une retraite annoncée après des adieux en demi-teinte

Julian Alaphilippe a officialisé sa retraite le 21 août 2026, moins d’un mois après avoir semblé faire ses adieux à l’issue de la 20e étape du Tour de France. Dans une interview publiée sur le site de son équipe Tudor Pro Cycling Team, où il a passé ses deux dernières saisons, il a évoqué une décision mûrie « à l’instinct ». « J’ai toujours couru à l’instinct, attaqué quand mes jambes me brûlaient, pas seulement parce que les chiffres me disaient de le faire. J’ai pris cette décision de la même façon. Je me suis réveillé un matin lors d’un camp d’entraînement et je l’ai senti », a-t-il déclaré. — Un choix qui illustre la personnalité atypique du champion, connu pour son style offensif et son absence de calcul.

Sa carrière, marquée par deux titres de champion du monde et une multitude de victoires prestigieuses, s’achève sur une note de nostalgie pour les amateurs de cyclisme. Les hommages se multiplient déjà, comme celui de Marc Madiot, qui a salué « quel coureur, quel tempérament », ou celui de Patrick Lefevere, son ancien directeur sportif chez Quick-Step, qui l’a décrit comme « comme un demi-fils » et un « fêtard » dans une déclaration sans détour. — Autant de témoignages qui soulignent l’impact humain autant que sportif du champion français.

Magnier, la relève française en question

De son côté, Paul Magnier continue sa progression fulgurante. Après avoir remporté sa première classique World Tour le 16 août 2026 en s’imposant lors de l’ADAC Cyclassics à Hambourg, devant Mike Teunissen et Laurence Pithie, il aborde la Bretagne Classic avec ambition. Ce succès précoce en fait l’un des principaux espoirs français pour les prochaines années, aux côtés de Seixas. — Une génération qui devra porter les espoirs tricolores dans un cyclisme de plus en plus exigeant.

Son parcours chez Soudal Quick-Step aux côtés d’Alaphilippe en 2024 a été pour lui une expérience formatrice. « Julian m’a pris sous son aile dès mon arrivée. C’est grâce à lui que j’ai pu progresser aussi vite », confie-t-il. — Une collaboration qui rappelle l’importance des mentors dans le sport de haut niveau, surtout pour des coureurs en début de carrière.

Et maintenant ?

La Bretagne Classic pourrait offrir à Paul Magnier l’occasion de briller une nouvelle fois sur le territoire français, devant un public qui l’attend avec impatience. Pour Julian Alaphilippe, l’après-carrière s’annonce sous les meilleurs auspices, même s’il devra trouver un nouveau rythme après plus de dix ans au plus haut niveau. — Reste à savoir quelles seront ses prochaines orientations, entre projets médiatiques, engagements associatifs ou reconversion dans le monde du vélo. Quant à Magnier, sa saison 2026 pourrait confirmer son statut de leader de la relève française, avec en ligne de mire les prochains objectifs mondiaux.

La Bretagne Classic 2026 s’annonce donc comme un double symbole : celui d’une nouvelle génération prête à prendre la relève, et celui d’un adieu discret à l’un des champions les plus populaires de ces dernières années. — Entre émotion et ambition, le cyclisme français entre dans une nouvelle ère.

Julian Alaphilippe a remporté deux titres de champion du monde en 2020 et 2021, ainsi que de nombreuses victoires sur les courses les plus prestigieuses, dont Paris-Nice, la Flèche Wallonne ou Milan-San Remo. Il s’est également illustré sur le Tour de France, avec plusieurs étapes et un maillot jaune porté.

Parmi ses principaux concurrents, on retrouve Paul Seixas (Decathlon CMA-CGM), mais aussi des coureurs confirmés comme Tadej Pogačar ou Jonas Vingegaard. La jeune garde française, avec Magnier en tête, devra rapidement s’imposer pour devenir une force majeure dans le cyclisme mondial.