La France a mené une opération d'évacuation depuis Gaza cette semaine, permettant à 44 Palestiniens de quitter le territoire, a indiqué vendredi l'AFP, citant une source diplomatique française. Parmi eux figuraient des scientifiques, des artistes menacés ainsi que des lauréats de programmes d'accueil d'urgence, précise le Figaro.
Ce qu'il faut retenir
- 44 personnes évacuées de Gaza par la France cette semaine, dont des boursiers et des lauréats du programme PAUSE
- L'opération s'est déroulée le 24 août 2026 et s'inscrit dans le cadre d'une mobilisation continue depuis le début du conflit
- Depuis 2017, le programme PAUSE, créé par le Collège de France, soutient l'accueil d'urgence des scientifiques et artistes menacés dans le monde
- En janvier 2026, la France avait suspendu les inscriptions pour les ressortissants gazaouis au programme PAUSE pour des raisons logistiques
- 50 lauréats palestiniens du programme PAUSE et leurs familles ont déjà été accueillis en France depuis octobre 2023
- Un recours déposé début juillet 2026 demande à la France de reprendre l'instruction des demandes de visa pour les candidats de Gaza
Selon nos confrères du Figaro, cette opération s'ajoute à une série d'actions menées par la diplomatie française pour mettre en sécurité des personnes exposées dans la bande de Gaza. « Dans le cadre d'une opération conduite le 24 août, la France a évacué 44 personnes depuis Gaza, des boursiers du gouvernement français ainsi que des lauréats du programme PAUSE », a détaillé la source diplomatique.
La mobilisation française ne se limite pas à cette opération ponctuelle. Depuis le début du conflit, Paris a œuvré pour évacuer ses ressortissants et leurs familles, ainsi que le personnel de l'Institut français de Gaza et d'autres bénéficiaires de programmes d'excellence. « La France s'est mobilisée depuis le début du conflit (...) pour mettre à l'abri, grâce à des opérations d'évacuation d'une extrême complexité, nos compatriotes et leurs familles, les personnels de l'Institut français de Gaza ainsi que des lauréats de programmes d'excellence », a rappelé la source.
Un programme d'accueil d'urgence en question
Le programme PAUSE, lancé en 2017 par le Collège de France, vise à offrir un refuge urgent aux chercheurs et artistes menacés dans leur pays. Depuis octobre 2023, date de l'attaque du Hamas en Israël et du début de la guerre à Gaza, la France a accueilli 50 lauréats palestiniens du programme et leurs familles. Pourtant, en janvier 2026, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait annoncé la suspension des inscriptions pour les ressortissants gazaouis, évoquant des contraintes logistiques.
Cette décision avait suscité des interrogations, alors que la situation à Gaza restait extrêmement volatile. Le ministre avait alors précisé que les demandes en cours seraient examinées au cas par cas, mais que de nouvelles inscriptions ne seraient plus acceptées.
Un recours devant le Conseil d'État
Début juillet 2026, une vingtaine de Palestiniens et plusieurs associations ont décidé de saisir le Conseil d'État, plus haute juridiction administrative française, pour contester cette suspension. Les plaignants demandent à l'État de reprendre l'instruction des dossiers des candidats vivant à Gaza et de réexaminer les demandes de visa déjà déposées. « Il reste 73 lauréats du programme PAUSE sur place à Gaza », a indiqué à l'AFP Lyne Haigar, l'une des avocates des requérants. À ce jour, le Conseil d'État n'a pas encore rendu sa décision sur ce recours.
Cette procédure judiciaire s'inscrit dans un contexte où les besoins humanitaires et de protection des populations civiles de Gaza restent criants. Les opérations d'évacuation menées par la France, bien que limitées en nombre, illustrent l'engagement du pays à soutenir les acteurs de la société civile et de la recherche dans des zones de conflit.
La question de l'accueil des scientifiques et artistes menacés depuis les zones de conflit continue de se poser avec acuité. Pour l'heure, les 73 lauréats encore présents à Gaza attendent une réponse concrète, tandis que la communauté internationale observe les évolutions diplomatiques et humanitaires.
En janvier 2026, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait évoqué des raisons logistiques pour justifier cette suspension. Il avait précisé que 50 lauréats palestiniens du programme PAUSE et leurs familles avaient déjà été accueillis en France depuis octobre 2023, mais que les contraintes opérationnelles rendaient impossible la poursuite des nouvelles inscriptions pour les candidats vivant à Gaza.