« C’est une partie de moi, de ma façon de vivre. C’est très important dans ma vie. Je ne peux pas vraiment le dissocier de ma vie. » Catherine Deneuve a toujours considéré le cinéma comme une seconde peau, comme le rapporte Franceinfo - Culture. À près de 70 ans de carrière, l’actrice française incarne l’une des figures les plus emblématiques du septième art, avec plus de 120 films à son actif, deux César et une reconnaissance internationale pour l’ensemble de son œuvre.
Ce qu'il faut retenir
- 70 ans de carrière et plus de 120 films pour une actrice parmi les plus prolifiques au monde
- Deux César et de nombreux prix internationaux pour l’ensemble de son œuvre
- Une collaboration avec des réalisateurs de renom comme Polanski, Buñuel, Truffaut, Rappeneau ou Lars von Trier
- Une image d’actrice « de rêveries », selon François Truffaut, mêlant beauté, froideur et profondeur
- Une professionnelle exigeante, capable de travailler vite et bien, comme en témoigne Jean-Pierre Mocky
- Une générosité envers les jeunes cinéastes, prête à prendre des risques artistiques et financiers
- Une aversion déclarée pour le théâtre, qu’elle n’a jamais pratiqué sur scène
Une collaboration avec les plus grands noms du cinéma
Catherine Deneuve a tourné aux côtés des réalisateurs les plus prestigieux de sa génération, des plus expérimentés aux plus novices. Son parcours est jalonné de rencontres artistiques majeures : Roman Polanski, Luis Buñuel, François Truffaut, Jean-Paul Rappeneau, ou encore Lars von Trier figurent parmi ceux qui ont su tirer parti de son talent. « Catherine, c’est la beauté en mouvement », disait Jean-Paul Rappeneau. Pour François Truffaut, elle était « une actrice de rêveries », capable de projeter sur l’écran « une vie apparente et une vie secrète ».
Dans les années 1960, la jeune comédienne définissait elle-même son propre personnage à l’écran. Son jeu, à la fois distant et profond, a marqué des générations de cinéphiles. Qu’il s’agisse de drame, de comédie ou de fantastique, elle a incarné une multitude de rôles, comme dans Les Prédateurs (1983), film culte de Tony Scott, où elle partageait l’affiche avec David Bowie. « On a l’impression que les acteurs s’embrassent ou se caressent comme si de rien n’était. Mais ce n’est pas du tout une chose si facile », confiait-elle à propos des scènes d’intimité filmées.
Une professionnelle exigeante et accessible
Sur les plateaux, Catherine Deneuve n’a rien d’une diva inaccessible. Au contraire, son professionnalisme est souvent salué par ses partenaires. Le réalisateur Jean-Pierre Mocky, avec qui elle a tourné Agent trouble en 1987, raconte avoir entendu des rumeurs sur son prétendu caprice : « On m’avait prévenu : ‘Elle va se maquiller pendant quatre heures et te faire prendre du retard.’ Or, elle se faisait maquiller très rapidement, était sur le plateau à l’heure et, surtout, restait dynamique. Si une scène n’était pas terminée, elle était capable de rester deux heures de plus le soir pour la finir. »
Cette rigueur s’accompagne d’une grande générosité, notamment envers les jeunes réalisateurs. « Elle est prête à prendre des risques et à faire des films avec des cinéastes en début de carrière, sans être très bien payée », souligne le critique cinéma Antoine de Baecque. Étienne Daho, qui a enregistré un duo avec elle pour le film Après lui (2007), confirme cette facette de son caractère : « Elle a l’intuition des autres. Très souvent avec des gens qui démarrent, elle est dans l’aventure et l’intuition que cela va être constructif pour elle et pour le réalisateur. »
Une relation fusionnelle avec l’écran, mais pas avec la scène
Si le cinéma est indissociable de sa vie, le théâtre, en revanche, n’a jamais trouvé sa place dans son parcours. « Je n’ai pas encore vraiment une envie très grande de faire du théâtre, parce qu’il m’est difficile d’affronter le public directement », expliquait-elle. « C’est une des choses qui me retient le plus. À moins d’être dans un état second, cela va me glacer le sang. » La seule incursion de Catherine Deneuve dans le monde du théâtre s’est faite à l’écran, dans Le Dernier Métro de François Truffaut, où elle incarnait une directrice de théâtre.
Cette réticence à monter sur les planches s’explique par son rapport unique au cinéma. « C’est très important dans ma vie. Je ne peux pas vraiment le dissocier de ma vie », a-t-elle plusieurs fois répété. Pour elle, l’écran offre une intimité que la scène ne permet pas. Cette relation presque organique avec le cinéma a été soulignée par Jaco Van Dormael, réalisateur de Le Tout Nouveau Testament (2015). Dès la première prise, il la compare à « une Rolls » : « Elle avait une intelligence du personnage et une nuance où rien n’est montré, mais où tout est senti. Mon travail de metteur en scène, c’était vraiment des tout petits réglages. Mais elle connaît bien la musique, elle la connaît beaucoup mieux que moi. »
Catherine Deneuve incarne une époque où le cinéma français rayonnait à l’international. Son parcours, marqué par le choix, la rigueur et une forme de mystère, continue d’inspirer les nouvelles générations d’acteurs et de réalisateurs. Si elle a toujours refusé de se laisser enfermer dans un rôle, son héritage artistique, lui, est intemporel.
Catherine Deneuve a toujours exprimé une réticence marquée pour la scène, expliquant que « affronter le public directement » lui était difficile. « C’est une des choses qui me retient le plus », a-t-elle déclaré à plusieurs reprises. La seule fois où elle s’est approchée du théâtre, ce fut à l’écran, dans Le Dernier Métro de François Truffaut, où elle incarnait une directrice de théâtre.