La Coupe du monde 2026 se déroule actuellement aux États-Unis, au Canada et au Mexique, mais dans la Cité des Anges, l'engouement pour le ballon rond peine à rivaliser avec les stars de Hollywood ou les matchs de baseball. Selon Franceinfo - Sport, sur Hollywood Boulevard comme à Beverly Hills, l'indifférence domine malgré l'organisation de plusieurs rencontres au SoFi Stadium de Los Angeles.

Ce qu'il faut retenir

  • L'étoile de David Beckham, inaugurée avant le Mondial, attire plus les touristes que les matchs eux-mêmes.
  • Les commerçants spécialisés dans le football constatent une absence totale de demande pour les produits liés au Mondial.
  • Rodeo Drive, avenue phare du luxe à Los Angeles, ignore totalement l'événement, à l'exception de quelques rares vitrines décorées.
  • Les Angelenos privilégient le baseball, le golf ou l'équitation, sports ancrés dans la culture locale.
  • Seuls quelques bars huppés organisent des watch parties payantes, à partir des quarts de finale.

Hollywood Boulevard, temple du cinéma, snobe le football

Sur l'emblématique Hollywood Boulevard, où chaque étoile rend hommage à une personnalité, celle de David Beckham trône depuis peu comme la 2 849e. L'ancien international anglais, accompagné de son épouse Victoria et de Tom Cruise, voisin et star locale, a assisté à son inauguration quelques jours avant le début de la compétition. Pourtant, ce hommage ne suscite pas l'intérêt des passants. Selon Franceinfo - Sport, aucun badaud ne semble conscient que Los Angeles accueille des matchs de la Coupe du monde. « Une Coupe du monde ? De quoi ? De soccer ? Chez nous ? Jamais entendu parler », confie Sin Key, une étudiante de 26 ans, casque audio sur les oreilles en attendant son bus.

À quelques mètres de là, Garrett, vendeur dans une boutique de souvenirs, constate l'échec commercial des produits liés au football. « On en a vendu trois depuis le début du Mondial. Trois. Pire qu'un flop », avoue-t-il. « On aurait dû laisser les pulls Hollywood dans l'entrée. » Le constat est sans appel : les porte-clés aux étoiles de célébrités se vendent à plusieurs centaines d'exemplaires par jour, tandis que les maillots de football restent invendus.

Le baseball, roi incontesté des sports américains en Californie

Devant le Chinese Theater, l'effervescence est tout autre : les fans des Dodgers, l'équipe de baseball de Los Angeles, sont bien plus visibles. Jack, venu de Seattle avec sa famille, explique avoir choisi de se rendre à Los Angeles pour profiter de la saison de baseball, « beaucoup moins cher » qu'un match de football. Roger, son père, résume l'état d'esprit local : « Le foot est arrivé en 1994, et pour moi, c'était déjà trop tard. » Même Lionel Messi, star planétaire, ne parvient pas à capter l'attention des Angelenos, habitués à des sports comme le baseball, dont la saison s'étend de mars à octobre.

German, originaire de l'Utah et en ville pour une convention de volley-ball, résume la réticence locale : « L.A. est surtout connue pour le volley, plus que pour le soccer. » Il ajoute ne pas supporter la durée des matchs de football, « coupé par des publicités après chaque interruption ». « Je décroche. Quatre minutes de résumé, ça me suffit. »

Rodeo Drive, avenue du luxe, ignore la Coupe du monde

Rodeo Drive, l'une des avenues les plus chères au monde, offre un spectacle similaire : l'événement sportif international y est à peine perceptible. Les vigiles, habituellement stricts sur le dress code, ferment les yeux sur quelques fantaisies comme un client coiffé d'un kiwi gonflable. « La semaine dernière, on a laissé entrer un type avec un kiwi gonflable sur la tête », s'amuse Pablo, portier d'une boutique de luxe. Pourtant, même dans ce quartier huppé, l'impact de la Coupe du monde est marginal.

Victor, voiturier pour Dior, avoue regarder discrètement les matchs en streaming entre deux clients, mais doit interrompre son visionnage dès qu'un client pressé réclame son véhicule. « Une Porsche blanche ? J'arrive tout de suite. » Parmi ses clients réguliers, il cite Harrison Ford, Mariah Carey ou Tom Cruise, mais aucun fan de football. Même dans la vitrine du tailleur Bijan, où George W. Bush, Steven Spielberg ou l'héritier du chah d'Iran se font habiller, une réplique du trophée de la Coupe du monde et un ballon officiel détonnent. « On a mis ça ici ? Je n'avais même pas remarqué », s'étonne une vendeuse.

« Si vous cherchez des gens qui n'en ont rien à faire de la Coupe du monde, vous êtes au bon endroit. »
— Un photographe à Rodeo Drive, selon Franceinfo - Sport

Melrose Place, l'avenue qui n'a que faire du ballon rond

À Melrose Place, quartier emblématique des années 1990, Rosie, vendeuse dans une boutique de parfums, confirme l'absence totale d'intérêt pour le Mondial. « Ici, on ne voit pas les matchs, on ne les vit pas non plus », déclare-t-elle. « La seule trace de la Coupe du monde, c'est quand on croise des gens avec des maillots d'équipes nationales, mais c'est à peu près tout. »

Quelques supporters épars, comme un Allemand, une Canadienne ou un Mexicain, traversent l'avenue pour se rendre dans l'unique boutique de sport de la rue, mais l'ambiance reste résolument tournée vers la mode. Laureen et Steffany, deux amies chargées de paquets, résument l'état d'esprit local : « On est plus Dior que soccer. » L'une vient de dépenser 5 000 dollars en achats, tandis que l'autre précise « ne pas avoir vu une seule minute de jeu. Que ça se passe aux États-Unis ou ailleurs ne change rien. »

Les rares exceptions : des bars huppés et des matchs vus dans l'avion

Seuls quelques établissements luxueux, comme le CUT Lounge, proposent des watch parties à partir des quarts de finale, avec un prix plancher de 250 dollars (220 euros) pour réserver une table. Ailleurs, l'équitation et le golf dominent les loisirs. Stephanie et George, assis sur un banc après une longue promenade, confirment cette tendance. « On avait des places pour le derby d'Ascot, mais on a préféré venir ici », explique Stephanie, vêtue du maillot des Dodgers, tandis que son mari porte un polo de golf. « Le seul match qu'on a vu, c'est Côte d'Ivoire-Allemagne… dans l'avion. »

Dans le quartier de Melrose Place, un débit de boisson propose quelques cafés thé matcha et smoothies détox. « C'est exactement ça. La Coupe du monde, c'est là, et dans deux bars isolés un peu plus loin », souligne Rosie, qui ne parle football qu'à la maison. Le contraste est saisissant entre l'effervescence médiatique mondiale et l'indifférence générale des habitants de Los Angeles.

Et maintenant ?

La Coupe du monde 2026 doit se poursuivre jusqu'au 19 juillet, avec des matchs décisifs à Los Angeles, dont une possible finale au SoFi Stadium. Si l'engouement reste faible dans la région, les organisateurs pourraient encore espérer un sursaut d'intérêt lors des phases à élimination directe. Pour l'heure, les Angelenos restent fidèles à leurs habitudes : baseball, luxe et divertissements locaux.

La compétition, bien que géographiquement proche, semble donc condamnée à rester un événement périphérique pour la majorité des habitants de Los Angeles, malgré l'organisation locale de plusieurs rencontres.