La justice équatorienne a formellement identifié, ce mercredi 8 juillet 2026, un homme d’affaires local comme l’instigateur de l’assassinat de Fernando Villavicencio, ancien journaliste et candidat à la présidentielle de 2023. Selon Le Monde, Xavier Jordan a été mis en cause par le parquet pour avoir « financé et planifié » le meurtre de cette figure politique, qui enquêtait activement sur des affaires de corruption impliquant l’administration de l’ex-président Rafael Correa.

Ce qu'il faut retenir

  • Xavier Jordan est accusé d’avoir financé et planifié l’assassinat de Fernando Villavicencio, survenu en août 2023.
  • Le candidat à la présidentielle de 2023 enquêtait sur des affaires de corruption touchant le gouvernement de Rafael Correa.
  • Xavier Jordan était également visé par les investigations menées par Villavicencio avant son décès.
  • Les autorités judiciaires équatoriennes ont officiellement reconnu son rôle d’instigateur du meurtre.

Un meurtre politique aux conséquences nationales

L’assassinat de Fernando Villavicencio, survenu le 9 août 2023 à Quito, avait provoqué une onde de choc en Équateur. Ancien journaliste d’investigation, il s’était lancé en politique avec le parti Construye, se positionnant comme un opposant farouche à la corruption endémique dans le pays. Ses enquêtes, notamment celles ciblant l’ex-président Rafael Correa, avaient déjà valu à Villavicencio des menaces de mort. — Le Monde précise que Jordan était lui-même impliqué dans ces mêmes dossiers.

Les investigations menées depuis trois ans ont permis de reconstituer le rôle central joué par l’homme d’affaires. D’après les éléments recueillis par le parquet, Jordan aurait non seulement orchestré le financement de l’opération, mais également coordonné les préparatifs logistiques. Ses liens avec des cercles proches de l’ancien pouvoir, alors dirigé par Correa, sont au cœur des soupçons des enquêteurs.

Une enquête judiciaire qui s’accélère

La désignation de Xavier Jordan comme instigateur marque une étape décisive dans le processus judiciaire. Le parquet équatorien a confirmé, dans un communiqué rendu public ce matin, que les preuves accumulées — écoutes téléphoniques, témoignages et documents financiers — établissaient de manière « accablante » son implication. Le Monde rapporte que Jordan a été interpellé en juin 2026, après des mois d’enquête discrète.

Les autorités n’ont pas encore révélé l’identité des exécutants présumés, ni les modalités précises de l’assassinat. Cependant, le procureur général a indiqué que les investigations se poursuivent pour démanteler l’ensemble du réseau criminel derrière ce meurtre. « Les commanditaires et les intermédiaires seront jugés sans complaisance », a-t-il assuré lors d’une conférence de presse.

Un contexte politique toujours tendu

L’affaire Villavicencio s’inscrit dans un climat politique équatorien particulièrement explosif. Depuis 2023, le pays est secoué par une crise institutionnelle, marquée par des scandales de corruption à répétition et une insécurité croissante. Rafael Correa, toujours influent malgré son exil en Belgique, reste une figure controversée, tandis que les accusations de liens entre son gouvernement et des réseaux mafieux alimentent les tensions.

La mort de Villavicencio avait d’ailleurs précipité une crise au sein du parti Construye, dont certains membres accusaient des responsables proches de Correa d’avoir facilité l’assassinat. Ces allégations, bien que non confirmées judiciairement, ont contribué à radicaliser le débat public sur l’impunité et la justice en Équateur.

Et maintenant ?

Le procès de Xavier Jordan devrait s’ouvrir d’ici la fin de l’année 2026, selon les prévisions du parquet. Les autorités judiciaires équatoriennes ont promis une procédure transparente, mais l’ombre des pressions politiques plane sur l’enquête. Une question reste en suspens : d’autres hauts responsables, éventuellement liés à l’exécutif de Rafael Correa, seront-ils également mis en cause ? Les prochains mois pourraient apporter des réponses, alors que les élections législatives de 2027 approchent.

Pour l’heure, la famille de Fernando Villavicencio a réagi avec prudence à l’annonce des charges contre Jordan. « Nous attendons que la justice suive son cours », a déclaré son épouse, María José. Quant à Rafael Correa, il a nié toute implication dans l’affaire, qualifiant les accusations de « manipulation politique ».

Fernando Villavicencio, journaliste puis candidat à la présidentielle, avait mené plusieurs enquêtes sur des affaires présumées de corruption impliquant l’administration de Rafael Correa entre 2007 et 2017. Ses investigations portaient notamment sur des contrats publics surfacturés et des détournements de fonds, selon les documents révélés par Le Monde.