Alors que les attaques menées par des groupes jihadistes continuent de s’intensifier dans la province mozambicaine du Cabo Delgado, le président du pays, Daniel Chapo, s’est rendu sur place ce jeudi 2 juillet pour une visite de terrain. Une mission qui intervient alors que les déplacements de populations s’accélèrent sous la pression des violences, comme le rapporte RFI.
Ce qu'il faut retenir
- Plus de 26 000 personnes ont été déplacées depuis le début du mois de mai dans le Cabo Delgado, selon les dernières estimations de l’Organisation Internationale des Migrations.
- Le président mozambicain Daniel Chapo a appelé, lors de son déplacement, les groupes jihadistes à « entamer le dialogue » pour mettre fin aux violences.
- La région du Cabo Delgado est le théâtre d’un conflit armé depuis 2017, marqué par des exactions attribuées à des factions liées à l’État islamique.
Un déplacement présidentiel en pleine escalade des violences
Le président Daniel Chapo a effectué une visite officielle dans le Cabo Delgado ce 2 juillet, une province du nord du Mozambique régulièrement frappée par des attaques attribuées à des groupes armés jihadistes. Selon RFI, cette mission s’inscrit dans un contexte où les violences ont provoqué un exode massif de populations civiles, perturbant durablement la stabilité régionale. Les autorités mozambicaines tentent ainsi de montrer leur détermination à reprendre le contrôle d’une zone devenue un foyer de tensions depuis 2017.
Les dernières données de l’Organisation Internationale des Migrations (OIM) indiquent que plus de 26 000 personnes ont été contraintes de fuir leurs foyers depuis le début du mois de mai. Un chiffre qui illustre l’ampleur de la crise humanitaire, alors que les infrastructures locales, déjà fragiles, peinent à absorber un tel afflux de déplacés.
Un appel au dialogue lancé aux groupes armés
Lors de son déplacement, le président Daniel Chapo a directement interpellé les groupes jihadistes en les invitant à « entamer le dialogue » pour mettre fin aux violences. Une déclaration qui marque une tentative de sortie de crise, alors que les négociations politiques restent inexistantes et que les attaques se multiplient. « Le dialogue est la seule voie pour éviter une dégradation encore plus importante de la situation », a-t-il souligné, sans préciser les modalités d’un éventuel processus de paix.
Cette initiative intervient alors que les forces de sécurité mozambicaines, soutenues par des partenaires internationaux comme le Rwanda et le Botswana, mènent des opérations militaires contre les groupes armés. Cependant, les attaques contre les civils et les infrastructures se poursuivent, alimentant un cycle de violence difficile à briser.
Le Cabo Delgado, un foyer de tensions depuis près de dix ans
Le conflit dans le Cabo Delgado a débuté en 2017 avec des attaques menées par des groupes armés se réclamant de l’État islamique. Depuis, la région est le théâtre d’affrontements répétés, de massacres et d’enlèvements, plongeant des centaines de milliers de personnes dans une situation humanitaire critique. Les ressources naturelles de la province, notamment le gaz, ont également attiré l’attention des groupes armés, qui financent leurs activités grâce au pillage et aux rançons.
Selon les Nations Unies, plus de 1,3 million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit, et des milliers d’autres ont trouvé la mort. La crise a également attiré l’attention de la communauté internationale, avec des interventions humanitaires et sécuritaires, mais les solutions durables peinent à émerger.
Le président a également souligné l’importance de renforcer l’aide humanitaire pour les déplacés, alors que les ressources des organisations internationales sont mises à rude épreuve. Pour l’instant, la situation reste extrêmement volatile, et une reprise durable du dialogue semble encore lointaine.
Les principaux groupes armés opérant dans la région sont affiliés à l’État islamique, notamment l’Etat islamique en Afrique centrale (ISCAP). Ces factions, apparues en 2017, mènent des attaques contre les civils, les forces de sécurité et les infrastructures, financées en partie par le pillage et les rançons.