Selon Le Figaro, une famille varoise a été mise en examen à la fin du mois de mai 2026 pour le meurtre présumé de deux militaires ultramarins disparus il y a plusieurs années. Le père, la mère et deux de leurs enfants font partie des cinq membres de ce foyer placés en détention provisoire dans le cadre d’une information judiciaire ouverte au tribunal judiciaire de Toulon.
Les faits remontent à plus d’une décennie. Entre 2011 et 2023, cette famille aurait accueilli sous son toit plusieurs jeunes militaires en provenance d’outre-mer, selon l’accusation. Le procureur de la République de Toulon, Raphaël Balland, a détaillé ces accusations dans un communiqué diffusé le 7 juillet 2026, soit la veille de la publication de l’article du Figaro.
Ce qu’il faut retenir
- Cinq membres d’une même famille varoise, originaire de Polynésie, ont été mis en examen fin mai 2026 pour l’enlèvement, la séquestration et le meurtre présumé de deux militaires ultramarins.
- Ces militaires, originaires de Nouméa et de Papeete, avaient disparu respectivement en mai 2022 et en mai 2023, sans que leurs proches ne reçoivent de nouvelles.
- La section de recherches de la gendarmerie maritime a établi un lien entre les deux disparitions et cette famille, qui hébergeait régulièrement des militaires ultramarins depuis 2011.
- Sept autres militaires présumés victimes affirment avoir été dépouillés, violentés et séquestrés avant de parvenir à s’échapper.
- Des ossements découverts dans les Bouches-du-Rhône pourraient correspondre aux deux disparus, mais les expertises sont encore en cours pour confirmation.
Une affaire révélée par la disparition de deux militaires ultramarins
Le premier militaire disparu, né en 1997 à Nouméa, avait quitté la Polynésie pour intégrer les classes de la Marine nationale à Saint-Mandrier-sur-Mer, dans le Var. Il n’a plus donné signe de vie depuis mai 2022. Le second, né en 1988 à Papeete, avait été considéré comme déserteur par la Légion étrangère en mai 2023, alors même qu’il venait de renouveler son contrat et affichait d’excellents états de service. Sa famille n’a, elle non plus, jamais reçu de nouvelles.
C’est en remontant la piste de ces deux disparitions que la section de recherches de la gendarmerie maritime a fini par établir un lien avec une même famille, originaire de Polynésie mais installée dans le Var depuis de nombreuses années. Cette famille, composée des deux parents et de leurs quatre enfants (deux fils et deux filles), avait accueilli et hébergé plusieurs jeunes militaires ultramarins entre 2011 et 2023.
Des victimes présumées accusent la famille de violences et de séquestrations
Selon l’enquête, sept militaires affirment avoir été progressivement dépouillés de leurs moyens de paiement et de leurs documents d’identité. Plusieurs d’entre eux déclarent avoir subi des violences et avoir été séquestrés dans des conditions précaires. L’un des militaires a réussi à s’échapper et a porté plainte, déclenchant ainsi l’enquête.
Les membres de la famille suspectée ont été placés en garde à vue pendant 96 heures à partir du 26 mai 2026. Cette durée exceptionnelle, prévue habituellement pour les affaires de criminalité organisée, souligne la gravité des accusations portées à leur encontre. À l’issue de cette garde à vue, cinq d’entre eux ont été mis en examen et placés en détention provisoire.
Des ossements découverts dans les Bouches-du-Rhône pourraient correspondre aux disparus
L’hypothèse d’un double meurtre s’est renforcée avec la découverte, sur deux sites distincts des Bouches-du-Rhône, d’ossements susceptibles de correspondre aux deux militaires disparus. Les expertises menées par les services scientifiques de la gendarmerie sont toujours en cours pour établir leur identité avec certitude.
Ces éléments ont conduit les enquêteurs à ouvrir une information judiciaire pour enlèvement, séquestration et meurtre dans le Var. Les investigations se poursuivent pour déterminer si d’autres militaires ultramarins pourraient avoir été victimes de ce foyer.
Une affaire qui soulève des questions sur l’accueil des militaires ultramarins en métropole
Cette affaire interroge sur les conditions d’accueil des militaires ultramarins en métropole, notamment ceux envoyés dans des régiments éloignés de leur région d’origine. Plusieurs associations de défense des droits des militaires ont déjà réagi, appelant à renforcer les contrôles et le suivi des jeunes recrues originaires d’outre-mer.
La famille incriminée, originaire de Polynésie, s’était installée dans le Var il y a plusieurs décennies. Leur intégration dans la société locale et leur réputation au sein de la communauté polynésienne du Var font désormais l’objet d’enquêtes complémentaires.
Cette affaire rappelle également les risques liés aux réseaux d’entraide informels, parfois utilisés par les militaires ultramarins pour trouver un logement ou un soutien à leur arrivée en métropole. Elle pourrait inciter les autorités militaires à renforcer les dispositifs d’accompagnement et de suivi des jeunes recrues en provenance des territoires ultramarins.
Le premier militaire, originaire de Nouméa, a disparu en mai 2022 sans donner signe de vie. Il était en formation à Saint-Mandrier-sur-Mer, une période où il pouvait être isolé géographiquement. Le second, originaire de Papeete, avait été déclaré déserteur par la Légion étrangère en mai 2023, alors qu’il venait de renouveler son contrat. Sa famille, ne comprenant pas sa disparition, a fini par alerter les autorités. Ce n’est qu’à partir de ce signalement que les enquêteurs ont pu établir un lien entre les deux disparitions et la famille varoise.