« Il faut en finir avec le monopole des marchés financiers sur la dette », a lancé le député LFI Eric Coquerel, plaidant pour une levée immédiate d’emprunts publics afin de financer les investissements nécessaires à la transition écologique, d’après Libération.

Face à l’urgence écologique, l’élu souligne la nécessité de prévoir dès à présent les moyens financiers pour l’été 2027. Selon lui, cette mobilisation de fonds ne peut plus dépendre des mécanismes du marché, qu’il juge inefficaces et coûteux. « Des investissements massifs et immédiats sont indispensables pour répondre à la dette écologique qui nous étouffe », a-t-il insisté.

Ce qu'il faut retenir

  • Eric Coquerel, député LFI, appelle à la fin du monopole des marchés financiers sur la dette publique.
  • Il propose une levée massive d’emprunts pour financer la transition écologique dès l’été 2027.
  • Ces fonds ne devraient pas transiter par les marchés financiers, selon ses déclarations.
  • Le député dénonce le caractère inefficace et onéreux des mécanismes actuels face à l’urgence climatique.

Une dette écologique « qui nous étrangle »

Pour Eric Coquerel, la dette écologique – cette accumulation des coûts liés aux dégradations environnementales – représente un fardeau insoutenable. « Nous ne pouvons plus nous permettre d’attendre », a-t-il expliqué. Selon ses estimations, les retards dans l’action climatique aggravent la situation, rendant les solutions futures encore plus coûteuses. — Autant dire que l’inaction aujourd’hui équivaut à un surcoût demain.

Le député LFI met en avant la nécessité d’une planification financière ambitieuse, comparable aux grands programmes publics du XXe siècle. « On a financé la reconstruction après-guerre, on peut financer la transition écologique », a-t-il rappelé. Son argument repose sur la capacité de l’État à emprunter à taux bas pour des projets d’intérêt général.

Le marché financier, un passage obligé ?

Actuellement, la France et d’autres États européens financent une partie de leur dette sur les marchés financiers, où les taux sont fixés par les investisseurs en fonction du risque perçu. Or, Eric Coquerel estime que ce système est « un cercle vicieux » : plus un État emprunte, plus les marchés exigent des taux élevés, aggravant sa dette.

« Le marché n’est pas un outil de solidarité, c’est un outil de profit », a-t-il affirmé. Il cite en exemple la crise des dettes souveraines en Europe au début des années 2010, où les pays les plus fragiles ont été pris en étau entre les exigences des créanciers et les besoins sociaux. — Pour lui, la solution passe par une refonte des mécanismes de financement public.

Quelles alternatives au financement par les marchés ?

Eric Coquerel ne propose pas de contourner totalement les marchés, mais suggère de réduire leur influence. Il évoque la possibilité de créer des institutions publiques de financement, à l’image de la Banque européenne d’investissement, mais à une échelle bien plus large.

Il s’inspire aussi des modèles historiques, comme les emprunts d’État à long terme souscrits par les particuliers ou les caisses d’épargne. « On a déjà fait ça dans le passé, pourquoi ne pas le réinventer aujourd’hui ? » a-t-il interrogé, sans attendre de réponse. Son approche inclut aussi une fiscalité écologique renforcée, pour orienter les capitaux vers des projets verts.

Et maintenant ?

La proposition d’Eric Coquerel devrait alimenter les débats parlementaires dans les mois à venir, notamment dans le cadre de la préparation du budget 2027. Les prochaines étapes dépendront de la capacité des élus à s’accorder sur une feuille de route financière ambitieuse, alors que la pression climatique ne cesse de croître. Reste à voir si une majorité se dégagera pour sortir des sentiers battus.

Pour l’heure, la question d’un financement alternatif de la dette écologique reste ouverte. Les partisans d’une telle réforme mettront en avant son urgence, tandis que ses détracteurs souligneront les risques budgétaires et la complexité de sa mise en œuvre.

Les marchés financiers, en fixant les taux d’emprunt en fonction du risque perçu, rendent le coût de la dette plus élevé pour les États, ce qui limite leur capacité à investir massivement dans la transition écologique. Eric Coquerel estime que ce système favorise les profits des investisseurs plutôt que l’intérêt général, comme le rapporte Libération.